
Le vaste mouvement opéré par Paul Biya au sein de la justice militaire nourrit les spéculations. Après la nomination d’un nouveau commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé, plusieurs hypothèses circulent déjà sur les conséquences que pourrait avoir ce changement dans le dossier Martinez Zogo. Parmi elles figure celle avancée par le lanceur d’alerte Boris Bertolt.
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le lanceur d’alerte affirme que Bruno Bidjang, poursuivi dans l’affaire Martinez Zogo et placé sous liberté provisoire, serait exposé à un risque de retour en prison. « Après avoir été interdit de sortie du territoire dans le cadre d’un voyage en Chine, le journaliste Bruno Bidjang, qui bénéficie d’une liberté provisoire, court désormais le risque d’être renvoyé en prison », écrit-il.
Selon lui, le journaliste aurait récemment été empêché de quitter le territoire alors qu’il prévoyait de voyager avec son épouse. « Cette dernière a dû voyager seule malgré les billets disponibles », ajoute-t-il.
Boris Bertolt va plus loin en évoquant les discussions qui circuleraient dans certains cercles de Yaoundé. « Dans les salons de Yaoundé, il se murmure déjà que l’une des missions assignées au nouveau commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé, Atemengue Omgba, est de renvoyer Bruno Bidjang en prison », affirme Boris Bertolt.
À ce jour, aucune autorité judiciaire ni aucun responsable gouvernemental n’a confirmé l’existence d’une telle instruction. Il s’agit d’allégations avancées par le lanceur d’alerte, sans confirmation officielle. Bruno Bidjang demeure poursuivi dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après l’assassinat de Martinez Zogo.Comme le rappelle Boris Bertolt, l’ordonnance du juge d’instruction vise notamment des chefs d’accusation de « conspiration de torture, arrestation et séquestration ». Le journaliste bénéficie actuellement d’une liberté provisoire, tandis que la procédure suit son cours devant le Tribunal militaire de Yaoundé.
La nomination d’Atemengue Omgba André Eric comme commissaire du gouvernement intervient après plusieurs mouvements survient au sein de la justice militaire depuis l’ouverture du procès. Avant lui, le directeur de la justice militaire, deux juges d’instruction, un greffier, puis le commissaire du gouvernement Cerlin Belinga ont quitté leurs fonctions dans un dossier qui, près de trois ans après l’assassinat de Martinez Zogo, n’a toujours pas connu son épilogue judiciaire.
Dans ce contexte, les déclarations de Boris Bertolt alimentent de nouvelles spéculations sur la suite de la procédure. Pour l’heure, aucun acte judiciaire n’indique officiellement une éventuelle révocation de la liberté provisoire de Bruno Bidjang ou un retour imminent en détention. L’évolution de ce dossier dépendra des décisions qui seront prises par les juridictions compétentes dans les prochaines étapes de cette affaire très suivie par l’opinion publique.