Diesel russe : Zelensky explose contre Trump après son deal avec Poutine
L’accord Trump-Poutine sur le diesel russe provoque la colère de Volodymyr Zelensky et ouvre une nouvelle crise entre Washington et Kyiv.

AI summary
L’accord conclu par Donald Trump avec Vladimir Poutine pour remettre plusieurs millions de tonnes de diesel russe sur le marché mondial provoque une violente réaction de Volodymyr Zelensky et fait ressurgir les fractures occidentales sur la stratégie à adopter face à Moscou. Pour Washington, l’urgence est désormais énergétique. Pour Kyiv, cette ouverture constitue une bouée financière offerte à l’économie de guerre russe.
L’annonce de Donald Trump a pris Kyiv de court. Après un échange avec Vladimir Poutine, le président américain a annoncé vendredi que la Russie fournirait immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel aux marchés américain et mondial, puis 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes supplémentaires dans une phase suivante.
Washington a parallèlement suspendu temporairement certaines sanctions visant les carburants russes afin de permettre ces transactions. Donald Trump présente l’opération comme une réponse à l’envolée du prix du diesel et à ses répercussions sur les agriculteurs, les transporteurs et l’ensemble de la chaîne logistique américaine.
Zelensky dénonce un « cadeau » à Poutine
La réaction ukrainienne a été immédiate.
Volodymyr Zelensky a qualifié l’accord d’« absolument terrible », estimant qu’il ressemblait à un cadeau d’anniversaire offert à Vladimir Poutine, qui vient de fêter ses 74 ans.
Pour le président ukrainien, acheter du carburant russe revient à injecter de nouvelles ressources dans une économie directement mobilisée pour soutenir l’effort de guerre de Moscou. Il a décrit la décision américaine comme un « investissement dans une guerre qui doit être terminée, pas prolongée ».
Plus sévèrement encore, Zelensky affirme que les négociateurs ukrainiens et européens réunis à Miami avec les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont servi de « rideau de fumée » pendant que Washington négociait parallèlement avec Moscou. Il a dénoncé une « décision faible de partenaires forts ».
L’énergie au cœur du bras de fer
La crise intervient dans un contexte énergétique particulièrement tendu.
La fermeture du détroit d’Ormuz depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran a fortement perturbé les marchés énergétiques. Avant le conflit, près de 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole transitaient par ce passage stratégique.
Aux États-Unis, la hausse du diesel est devenue particulièrement sensible politiquement à l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre. Selon les données citées par The Guardian, son prix avait atteint en septembre un record de 6,52 dollars le gallon.
Le carburant est essentiel au transport routier, à l’agriculture et aux chaînes logistiques américaines. Toute hausse prolongée se diffuse rapidement dans les prix à la consommation. C’est cette urgence économique que Trump invoque pour justifier son rapprochement énergétique ponctuel avec Moscou.
Une décision contestée jusque dans le camp républicain
L’accord provoque également des critiques à Washington.
Des responsables démocrates accusent Trump de neutraliser lui-même une partie de la pression économique exercée sur Moscou quelques semaines après avoir promulgué une loi renforçant les possibilités de sanctions contre les banques, les responsables et les exportations énergétiques russes.
La contestation dépasse toutefois les rangs démocrates. Le républicain Don Bacon a notamment estimé que soutenir l’économie de guerre de Vladimir Poutine alors que la Russie continue de bombarder les villes ukrainiennes était moralement injustifiable.
La fracture atteint désormais aussi les relations avec Kyiv.
L’Ukraine intensifie depuis plusieurs mois ses frappes contre les raffineries russes afin de réduire les capacités de production de carburant et les revenus énergétiques de Moscou. Donald Trump considère au contraire que ces opérations contribuent à aggraver une pénurie internationale de diesel et demande leur arrêt.
Kyiv propose une autre formule : cesser de frapper les installations énergétiques russes si Moscou met simultanément fin à ses attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.
L’accord sur le diesel cristallise ainsi un changement de priorité à Washington : alors que Kyiv cherche à utiliser l’énergie comme levier de pression militaire et économique contre Moscou, Donald Trump place désormais la baisse des prix du carburant américain au premier rang de ses préoccupations.
Une divergence stratégique devenue, en quelques heures, une crise politique ouverte entre les deux capitales.
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- 664 words · 3 min read
- Published
- October 11, 2026
- Byline
- Rédaction
- Source
- le1