
25 000 FCFA, c’est le prix d’une perruque fabriquée à partir de tiges de plantain à Buea. Dans le Sud-Ouest, des entrepreneurs locaux ont trouvé une manière originale de valoriser les déchets agricoles. Boucles d’oreilles, extensions capillaires, sacs à main : ces déchets de plantain et bananier, jadis brûlés ou jetés dans les fermes, deviennent […] L’article Buea : des feuilles de plantain transformées en bijoux tendance est apparu en premier sur 237online.com .
25 000 FCFA, c’est le prix d’une perruque fabriquée à partir de tiges de plantain à Buea. Dans le Sud-Ouest, des entrepreneurs locaux ont trouvé une manière originale de valoriser les déchets agricoles. Boucles d’oreilles, extensions capillaires, sacs à main : ces déchets de plantain et bananier, jadis brûlés ou jetés dans les fermes, deviennent des accessoires de mode recherchés.
Fonge Nicoléa, fondatrice de Delikate Clothing, a découvert le potentiel des feuilles de plantain en 2017. Elle avait alors récupéré des feuilles jetées dans les fermes de Bomaka. Depuis, le procédé s’est affiné : les artisans trient, nettoient les feuilles pour enlever l’humidité, puis les font bouillir avant de les sécher au fumoir traditionnel appelé « mbanda ».
Cette étape assouplit les fibres et permet ensuite de les teindre et vernir dans des couleurs vives. Les boucles d’oreilles se vendent entre 3 000 et 5 000 FCFA, les tenues à partir de 25 000 FCFA. Un autre artisan, Ebot Simon, travaille les fibres internes des tiges de plantain pour produire perruques et tresses, avec des extensions vendues autour de 1 600 FCFA selon la longueur.
Le chiffre fait mal quand on pense à la quantité de ces déchets brûlés chaque année dans les fermes camerounaises.
Nyandoh Paho Tadfor, utilisatrice des boucles d’oreilles en feuilles de plantain, y voit un symbole de créativité et d’identité culturelle. Ngalla Carine, consommatrice à Yaoundé, pense que ce type d’artisanat pourrait suivre les tendances mondiales de durabilité tout en s’appuyant sur les ressources locales.
Mais le succès en ligne ne suffit pas. Fonge Nicoléa reconnaît que la demande dépasse largement les capacités de production actuelles, faute de machines adaptées. Certains acheteurs hésitent aussi devant ces méthodes de traitement naturel, ce qui pousse les artisans à éduquer leur clientèle sur les avantages écologiques du produit.
La fondatrice de Delikate Clothing est directe sur ce qu’il faudrait pour changer d’échelle : le gouvernement doit industrialiser ce secteur. Sans cet appui, difficile de ne pas y voir un potentiel qui restera à l’état de niche artisanale, malgré l’intérêt réel des consommateurs.