
L’ancien Premier ministre français Édouard Philippe maintient sa position controversée sur la colonisation. Invité la semaine dernière sur la chaîne réunionnaise Antenne Réunion, le président du parti Horizons a de nouveau refusé de qualifier la colonisation, en tant que telle, de « crime », tout en reconnaissant les nombreuses violences et atrocités commises durant cette période. Fin 2025, Édouard Philippe avait déjà suscité une vive polémique en affirmant que la colonisation ne pouvait pas être considérée comme un crime en soi. Quelques mois plus tard, il assume toujours cette position. « Je ne suis pas favorable à la colonisation, je trouve qu’il y a énormément de crimes qui ont été commis », a-t-il déclaré, avant de préciser sa pensée. L’ancien chef du gouvernement reconnaît notamment les « crimes abominables » commis à Sétif, en Algérie, et à Madagascar, mais estime qu’il faut distinguer les crimes commis pendant la période coloniale de la qualification juridique et historique de la colonisation elle-même. Pour défendre son raisonnement, Édouard Philippe établit un parallèle avec la guerre. « Si je vous demandais : “Monsieur, la guerre est-elle un crime ?” Vous pourriez me dire : la guerre, il y a énormément de crimes qui sont commis, il y a des crimes de guerre, c’est affreux », explique-t-il. Selon lui, condamner la colonisation comme un « crime historique » reviendrait à considérer comme criminels tous ceux qui y ont participé à différentes époques, notamment aux XVIIIe et XIXe siècles, sans tenir compte des contextes historiques propres à chaque période. « Dire qu’elle est par elle-même un crime [...] ça me paraît inexact », insiste-t-il. Cette nouvelle sortie risque de raviver les critiques, notamment en Afrique et dans les territoires ultramarins français où la mémoire de la colonisation demeure particulièrement sensible. Pour ses détracteurs, reconnaître les crimes commis sans qualifier la colonisation elle-même revient à minimiser la nature du système colonial et ses conséquences durables. Pour
Édouard Philippe
, au contraire, il s’agit de ne pas confondre la condamnation des violences coloniales avec une qualification globale d’une période historique complexe. Une distinction qui continue de nourrir un débat particulièrement sensible en France et dans ses anciens territoires colonisés.
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