Kiiray votera la LFR pour débloquer 300 milliards de FCFA destinés au BTP, dit Badji
Ibrahima Badji défend le vote de la LFR par Kiiray et écarte une dissolution de l’Assemblée. Il réclame aussi un suivi des investissements reportés.

Les 300 milliards de FCFA que Kiiray dit destinés au BTP resteraient bloqués sans adoption de la Loi de finances rectificative, selon le Dr Ibrahima Badji. Chargé de la mobilisation du parti et coordonnateur de Kiiray en Gambie, il défend le vote du texte et appelle à éviter une paralysie institutionnelle.
Dans cet entretien accordé à Aly Saleh et publié par lactuacho, l’ancien militant de Pastef affirme que le pays subit un choc extérieur et une transparence accrue. Il évoque 340 milliards de FCFA de recettes en moins, 540 milliards de dépenses supplémentaires, un baril passé de 64 dollars prévus à 110, ainsi que 1 956 milliards d’arriérés à apurer.
La pression sur les finances publiques se mesure aussi à l’écart entre les estimations du service de la dette pour 2026 : 5 801,38 milliards de FCFA sont inscrits par l’État dans le projet de loi de finances rectificative, contre 6 800 milliards évalués par Barclays, soit près de 1 000 milliards de différence. Les deux prévisions divergent également sur le déficit budgétaire, fixé à 7,6 % du PIB par le gouvernement et à 9,2 % par la banque. Pour l’économiste-statisticien Babacar Gaye, cet écart traduit notamment les doutes du marché sur les recettes que l’État pourra réellement mobiliser.
Sur la LFR, Kiiray votera le texte, affirme Badji, qui demande un examen rapide. Il souhaite aussi que le gouvernement s’engage sur la traçabilité des 555 milliards d’investissements reportés. Dans un contexte où les besoins de financement et le coût de la dette pèsent sur les marges budgétaires, il avertit que les fonds prévus pour le BTP pourraient autrement rester bloqués, avec un risque d’arrêt des chantiers et de difficultés pour les entreprises locales.
Le Dr Badji écarte une dissolution de l’Assemblée nationale, qu’il juge coûteuse et susceptible, selon lui, d’alimenter l’instabilité pour les investisseurs et de menacer la paix sociale. Il invoque l’article 86 de la Constitution comme l’un des outils permettant d’assurer la continuité de l’État et appelle à une clarification sous l’égide du président Bassirou Diomaye Faye.
Il estime qu’un vote de la LFR ferait retomber « 80 % » de la tension politique. Il ajoute que, si Pastef choisissait le « chaos », Kiiray appellerait le chef de l’État à prendre ses responsabilités.
Badji explique avoir quitté Pastef parce qu’il estimait que le projet était devenu un « culte de la personnalité » où le débat contradictoire n’était plus possible. À Kiiray, dit-il, il a retrouvé le débat et une discipline républicaine.
À propos de la Casamance, le responsable de Kiiray affirme que la région « n’est le bastion de personne » et qu’elle est « le cœur du Sénégal ».
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- 444 words · 2 min read
- Published
- November 3, 2026
- Byline
- Garga Diop
- Source
- Senego