
L’opposition sénégalaise affiche une large convergence contre le régime en place. Dans une déclaration commune rendue publique ce vendredi 28 août 2026 depuis Paris, la plateforme de la diaspora AARTU/C2D (Convergence pour la Défense des Droits) avec ses quinze formations politiques réunies en visioconférence dénoncent une série de « dérives » dans la gestion des affaires publiques.
Les signataires ciblent notamment la gestion de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, évoquant plusieurs griefs financiers. Ils dénoncent le déboursement de 5 milliards de francs CFA destinés à l’indemnisation de supposés « martyrs » sans procédure judiciaire préalable, des zones d’ombre dans le dossier de l’ASER, ainsi que l’existence de 1,7 milliard de francs CFA de fonds politiques attribués à la Primature. Ils évoquent également des fonds destinés à la Casamance qui auraient été utilisés pour l’achat de véhicules de fonction.
Sur le terrain des libertés et des institutions, la coalition dénonce des détentions qu’elle qualifie d’« arbitraires » et critique le fonctionnement de l’Assemblée nationale, qu’elle qualifie de « cirque ».
Face aux difficultés économiques et sociales, notamment le chômage des jeunes et les difficultés du monde rural, les signataires estiment que « la République est en danger et l’État vacille sur ses fondements ». Ils citent également la récente décision du Conseil constitutionnel déclarant irrecevable la proposition de loi portant sur les fonds spéciaux.
Cette déclaration est signée par quinze partis et formations politiques, parmi lesquels l’APR de Macky Sall, Nouvelle Responsabilité d’Amadou Ba, le PDS de Karim Wade, Rewmi d’Idrissa Seck, ainsi que les formations dirigées par Thierno Alassane Sall, Aïssata Tall Sall et Bougane Guèye Dany.
Les signataires appellent enfin la diaspora, la société civile et les différentes forces politiques à se mobiliser face à ce qu’ils considèrent comme un manque de transparence, d’éthique et de bonne gouvernance.