Abidjan, 27 août 2026 (AIP) – Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé mercredi 26 août 2026, à une refonte des opérations de paix de l’ONU, afin de les adapter à un contexte international marqué par la multiplication et la complexification des conflits armés. Présentant devant l’Assemblée générale un examen global des [...]
Abidjan, 27 août 2026 (AIP) – Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé mercredi 26 août 2026, à une refonte des opérations de paix de l’ONU, afin de les adapter à un contexte international marqué par la multiplication et la complexification des conflits armés.
Présentant devant l’Assemblée générale un examen global des missions de paix de l’Organisation, au Siège des Nations Unies à New York, M. Guterres a plaidé pour des opérations « plus ciblées, agiles, flexibles et économiques », davantage axées sur la diplomatie et les solutions politiques.
« Les opérations de paix des Nations Unies constituent des outils indispensables au maintien de la paix et de la sécurité internationales – mais pour gagner en efficacité, elles doivent s’adapter aux nouvelles réalités », a-t-il déclaré.
Selon le chef de l’ONU, le monde connaît actuellement le plus grand nombre de conflits armés depuis 1945. Les guerres entre États se multiplient tandis que les conflits internes deviennent plus longs, plus internationalisés et plus difficiles à résoudre. Le nombre de morts liés aux combats au cours des cinq dernières années dépasse celui enregistré durant les 25 années précédentes, a-t-il relevé.
À cette évolution s’ajoutent le recours croissant aux drones, le développement de technologies militaires autonomes utilisant l’intelligence artificielle, l’essor des réseaux criminels transnationaux, la menace nucléaire ainsi que les attaques visant les civils et les infrastructures civiles.
Pour António Guterres, le modèle traditionnel des opérations de maintien de la paix n’est plus toujours adapté aux réalités actuelles. Ces missions, généralement déployées après la conclusion d’un accord de paix, interviennent désormais dans des contextes où les accords sont plus rares, fragiles et difficiles à obtenir.
« On ne peut maintenir la paix là où il n’y a pas de paix à maintenir », a-t-il insisté, estimant que les opérations de maintien de la paix devraient être déployées lorsqu’un accord de paix ou, à défaut, un cessez-le-feu solide est établi.
Le rapport présenté aux États Membres formule 47 recommandations visant notamment à renforcer la diplomatie préventive, les bons offices et le règlement pacifique des différends. Il préconise également un rôle accru du Secrétaire général, de ses envoyés et du Secrétariat.
L’ONU entend aussi adapter davantage les mandats aux réalités du terrain, avec des évaluations régulières et des mécanismes permettant de modifier les missions lorsque les situations évoluent.
La réforme intervient dans un contexte de réduction des budgets et des effectifs consacrés au maintien de la paix. L’ONU souhaite donc améliorer l’efficacité de ses missions grâce à des structures administratives plus souples, des chaînes de commandement plus claires et de meilleures capacités technologiques et logistiques.
António Guterres a également insisté sur le renforcement des partenariats avec les pays hôtes et les organisations régionales, notamment l’Union africaine, ainsi que sur la participation des femmes aux opérations de paix.
Il a enfin condamné les attaques contre les Casques bleus et appelé à ce que leurs auteurs répondent de leurs actes. « Aucune impunité. Aucune exception », a-t-il martelé.
Le secrétaire général a toutefois souligné que la réussite de cette réforme dépendra de la volonté politique et du soutien financier des États Membres. « Nous devons nous adapter à un monde en mutation », a-t-il conclu.
(AIP)
cmas
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