LFR 2026 : Cheikh Diba explique les contraintes financières de l’État
Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a justifié les ajustements proposés dans le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par la baisse des recettes publiques, la hausse des dépenses liées à la crise énergétique et les besoins de financement de l’État. Il a également défendu les mesures prévues pour poursuivre l’apurement des arriérés de paiement dus au secteur privé.
Face aux députés, Cheikh Diba a expliqué que le projet de loi de finances rectificative répond à une évolution défavorable des équilibres budgétaires. Selon lui, les recettes de l’État devraient diminuer de 340,3 milliards de francs CFA, principalement en raison des contre-performances enregistrées dans la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES).
Le ministre a toutefois tenu à souligner les résultats obtenus par les administrations fiscales. À fin septembre 2026, la Direction générale des Douanes et la Direction générale des Impôts et des Domaines avaient mobilisé, selon ses explications, 81,2 milliards de francs CFA supplémentaires par rapport à leurs objectifs respectifs.
Ces performances ont permis d’atténuer partiellement la baisse globale des recettes. Cheikh Diba a salué le travail des régies financières, notamment les Douanes, les Impôts et le Trésor, tout en reconnaissant que leurs efforts ne suffisent pas à compenser l’ensemble des difficultés budgétaires.
La facture énergétique pèse sur les dépenses
À la baisse des recettes s’ajoute l’augmentation des dépenses, liée notamment à la hausse des cours du pétrole. Le ministre a rappelé que la loi de finances initiale pour 2026 reposait sur une hypothèse de 64 dollars le baril. Or, dans le contexte de la crise évoquée devant les députés, les cours ont dépassé les 110 dollars, atteignant même, selon lui, environ 120 dollars à la veille de son intervention.
Cette évolution exerce une pression supplémentaire sur les subventions accordées au secteur de l’énergie. Pour le ministre, laisser les dépenses augmenter sans ajustement risquerait de compromettre les efforts engagés ces dernières années pour améliorer la cohérence de l’exécution budgétaire et restaurer la confiance des partenaires financiers.
Il a notamment mis en garde contre un déficit budgétaire qui pourrait atteindre 10 %, avec des besoins de financement estimés à plus de 6 700 milliards de francs CFA. Une telle situation rendrait, selon lui, la couverture des besoins de l’État particulièrement difficile et risquerait de favoriser la reconstitution des arriérés de paiement.
300 milliards pour poursuivre l’apurement des arriérés
Le règlement des sommes dues aux entreprises constitue un autre volet important de la LFR 2026. Cheikh Diba a indiqué que le stock d’arriérés restant à apurer s’élevait à 1 956 milliards de francs CFA, selon les données qu’il a présentées.
Le gouvernement prévoit d’inscrire 300 milliards de francs CFA dans la loi de finances rectificative pour poursuivre cet apurement. L’objectif est de permettre aux entreprises concernées de reconstituer leur trésorerie, de relancer leurs activités, de reprendre les recrutements et d’achever des chantiers en cours.
Le ministre a également rappelé que des ressources avaient déjà été mobilisées au cours des exercices précédents pour régler une partie des engagements de l’État. Il a assuré que le processus d’apurement devait se poursuivre progressivement, en fonction des ressources disponibles.
Cette démarche vise, selon lui, à éviter que les retards de paiement ne fragilisent davantage le secteur privé et ne pèsent sur l’activité économique.
Le marché régional au cœur de la stratégie de financement
Pour couvrir les besoins de financement de l’État, le gouvernement privilégie désormais le recours au marché financier régional. Cheikh Diba a expliqué que le Sénégal intervenait régulièrement sur ce marché afin de mobiliser des ressources intérieures et de limiter le recours à de nouveaux emprunts extérieurs, dans un contexte marqué par les contraintes d’endettement. Il a également évoqué des ressources complémentaires attendues, sans que les modalités et les montants correspondants soient clairement établis dans la transcription de son intervention.
Pour le ministre, l’adoption du projet de loi de finances rectificative est essentielle à la crédibilité de la politique budgétaire et de la stratégie de financement du Sénégal, aussi bien auprès des entreprises nationales que des partenaires internationaux.
Il a ainsi appelé les députés à prendre en compte les contraintes qui justifient les ajustements proposés, estimant que le texte doit permettre à l’État de poursuivre ses engagements tout en préservant les équilibres de ses finances publiques.
C.T.N
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- Length
- 714 words · 4 min read
- Published
- October 25, 2026
- Byline
- Cheikh Tidiane NDIAYE
- Source
- Soleil