Beyla érigée en région administrative : le vice-maire Frébory Donzo salue cette décision et réclame des infrastructures à la hauteur
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Érigée en région administrative par décret présidentiel en août dernier, Beyla nourrit de grandes ambitions. Si cette décision suscite la satisfaction des autorités communales, les défis restent considérables, notamment en matière d’infrastructures routières, sanitaires, universitaires et administratives. Frébory Donzo, deuxième vice-maire de la commune, salue une décision attendue de longue date. Il invite l’État à accompagner ce nouveau statut par des investissements structurants, a appris Guineematin.com auprès de son envoyé spécial.
L’érection de Beyla en région administrative marque une nouvelle étape dans l’histoire de cette localité du sud-est de la Guinée. Pour les autorités communales, cette décision vient consacrer une position historique que la ville occupait déjà à différentes périodes. Mais au-delà de la satisfaction suscitée par cette reconnaissance administrative, les attentes sont nombreuses.
Interrogé sur cette évolution, Frébory Donzo, deuxième vice-maire de la commune de Beyla, a exprimé sa satisfaction et rappelé les liens historiques de la localité avec l’administration du territoire.
Frébory Donzo, deuxième vice-maire de Beyla
« Un sentiment de satisfaction. Ça n’a pas été une surprise pour nous, parce que Beyla était déjà chef-lieu avant cette date. Quand on fait un recours au temps de Samory, au temps colonial, Beyla était chef-lieu. Il y a beaucoup d’endroits que Beyla commandait. Petite histoire : le 2 juin 1953, notre Ahmed Sékou Touré fut élu représentant au niveau de l’administration coloniale. Donc, l’indépendance de la Guinée est partie de là. C’est pourquoi, à chaque fois que nous prenons la parole, nous sommes obligés de revenir un peu en arrière pour toucher ces points. Cette époque avait trouvé que Beyla était déjà chef-lieu. Aujourd’hui, nous avons retrouvé notre place au temps du président, le général Mamadi Doumbouya, qu’il faut remercier. Après mille réflexions, il a vu quelque chose en nous. Et encore, les différentes prières offertes par les imams, les chefs, toutes les prières ont été exaucées par Dieu. Donc, nous remercions Dieu, et surtout notre grand patron, le général Mamadi Doumbouya, qui nous a érigés en région administrative, ce que nous attendions depuis fort longtemps », a-t-il rappelé.
Si le nouveau statut administratif de Beyla réjouit les autorités locales, il soulève également la question des infrastructures nécessaires au développement de la région. Pour Frébory Donzo, les routes constituent la première urgence, notamment pour désenclaver les localités et faciliter les échanges économiques.
« La première infrastructure, d’abord indispensable pour une zone ambitieuse, pour une région ambitieuse, c’est la route. Sans oublier que Beyla, c’est le grenier de la Forêt, surtout la zone de Sinko. Vous allez constater que de Beyla à Sinko, il n’y a pas de route. Sinko et Karala encore, qui viennent d’être érigés en préfectures, il n’y a pas de route. Beyla-Kérouané, il n’y a même pas d’accès. Presque toute la région administrative de Beyla manque d’infrastructures routières. Nous demandons au chef de l’État et à tous ceux qui peuvent nous aider pour vraiment réaliser ce rêve-là que nous attendions depuis tant d’années. Donc, les infrastructures routières, ça, c’est une priorité », a expliqué le deuxième vice-maire.
Il estime ainsi que le développement de la nouvelle région doit nécessairement passer par la construction et la réhabilitation des axes routiers. L’enjeu est de relier les différentes localités, de faciliter la circulation des personnes et des marchandises et de valoriser le potentiel agricole de la zone, particulièrement celui de Sinko.
Au-delà du désenclavement routier, la question de l’accès à l’électricité figure également parmi les préoccupations des habitants. Sur ce point, Frébory Donzo salue les efforts annoncés par les autorités en faveur de l’interconnexion électrique de Beyla.
« L’interconnexion est en route pour Beyla. Pour le problème de courant, nous remercions le chef de l’État pour les efforts fournis à ce niveau », a-t-il dit.
Pour être pleinement opérationnelle, une région administrative doit, selon le deuxième vice-maire de Beyla, disposer d’infrastructures adaptées à ses nouvelles responsabilités. Il cite notamment une université, un hôpital régional, un gouvernorat, un bloc administratif digne de ce nom et des infrastructures judiciaires.
« Quand on parle de région, il faut avoir une université. Il faut un hôpital régional, un vrai bloc administratif à l’image d’une région et un gouvernorat. Il n’y a pas de gouvernorat ici. Le bloc administratif encore, il n’y a même pas de domicile pour le préfet pour le moment. Ça fait des années que le préfet dort dans l’hôtel. La maison est en construction, mais ça fait environ cinq ou six ans, ce n’est pas fini. La maison de la justice (palais de justice), encore, il n’y en a pas. On dit que c’est en construction. Ça fait combien d’années ? On ne sait pas qui a bénéficié du projet, on ne sait pas », a-t-il souligné.
Ces insuffisances illustrent le décalage entre les nouvelles ambitions administratives de Beyla et les moyens matériels dont dispose actuellement la localité. Pour les autorités communales, l’enjeu est désormais de faire accompagner cette évolution institutionnelle par des réalisations concrètes.
Frébory Donzo assure toutefois que la commune dispose des espaces nécessaires pour accueillir les futures infrastructures. Il invite ainsi les autorités nationales à accélérer la concrétisation des projets indispensables au fonctionnement de la nouvelle région.
« On a tous les espaces pour construire ces infrastructures. On a tout ce qu’il faut vraiment pour la réalisation de ces infrastructures. L’hôpital régional, le bloc administratif digne de ce nom, même l’université dont je faisais cas tout à l’heure, on a l’espace pour tout ça. On était préparés à tout. Nous attendions l’érection de Beyla en région depuis fort longtemps. C’est pourquoi, lorsque la nouvelle est tombée, on était contents, mais on n’était pas surpris, parce que nous pensions réellement que ça allait arriver », a-t-il déclaré.
Pour les autorités communales, l’érection de Beyla en région administrative constitue donc une reconnaissance attendue de longue date. Mais cette satisfaction ne saurait suffire sans des investissements à la hauteur des nouvelles responsabilités de la localité. Routes, électricité, université, hôpital régional et bâtiments administratifs figurent parmi les priorités évoquées par le deuxième vice-maire, qui appelle à transformer cette décision en un véritable levier de développement pour les populations.
De Beyla, Kaïn Naboun Traoré, envoyé spécial de Guineematin.com.
Tél. : (+224) 621 14 48 91
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- 1,050 words · 5 min read
- Published
- October 25, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com