À quatre jours de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko a repris la main sur le calendrier institutionnel. Dans un communiqué diffusé ce vendredi par le Bureau de l'Assemblée, le président du parlement corrige point par point la démarche de la Primature et de la présidence de la République, qu'il accuse en creux d'une méconnaissance des procédures parlementaires. Tout part d'une correspondance daté
À quatre jours de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko a repris la main sur le calendrier institutionnel. Dans un communiqué diffusé ce vendredi par le Bureau de l'Assemblée, le président du parlement corrige point par point la démarche de la Primature et de la présidence de la République, qu'il accuse en creux d'une méconnaissance des procédures parlementaires. Tout part d'une correspondance datée du 24 août, par laquelle le Premier ministre a fait savoir au président de l'Assemblée nationale sa disponibilité pour prononcer sa DPG le mardi 1er septembre à 9h. Le lendemain, le président Bassirou Diomaye Faye a suivi en convoquant, par décret n° 2026-1530, une session extraordinaire de l'Assemblée à compter du 1er septembre à 10h, avec pour ordre du jour unique la DPG du chef du gouvernement — sans toutefois fixer de date précise pour l'exercice. C'est cet enchaînement que le Bureau de l'Assemblée, présidé par Ousmane Sonko, juge entaché d'irrégularités. Le communiqué évoque sans détour des « confusions sur la démarche, les compétences et même les dates proposées », qu'il impute à « une méconnaissance des procédures parlementaires par l'Exécutif ».
Le Bureau de l'Assemblée nationale apporte trois précisions à la Primature et à la présidence : 1. Sur l'ouverture de la session. La session ordinaire 2025-2026 étant close depuis le 30 juin, l'Assemblée ne pouvait se réunir que sur décision du chef de l'État, conformément à l'article 63 de la Constitution et à l'article 7 du Règlement intérieur. Le décret du 25 août a bien rempli cette formalité — mais seulement pour l'ouverture de la session, pas pour la date de la DPG elle-même. 2. Sur la fixation de la date de la DPG C'est ici que la rectification est la plus directe. L'article 109 de la loi organique n° 2025-11 du 18 août 2025 impose que l'Assemblée soit informée au moins huit jours avant la date retenue pour la DPG. Or le Bureau rappelle deux choses que l'Exécutif semble avoir ignorées : - cette formalité incombe au Président de la République, et non au Premier ministre, qui n'avait donc pas qualité pour proposer une date par simple correspondance ; - le délai de huit jours court à partir de l'ouverture de la session extraordinaire, et non avant — ce qui signifie qu'aucune date ferme pour la DPG n'est, à ce stade, valablement fixée. 3. Sur le déroulement de la session. Le Bureau reprend la main sur le calendrier : le 1er septembre sera consacré à l'ouverture de la session et à la constatation du quorum, rien de plus. C'est ensuite seulement, sur convocation du président de l'Assemblée, que la Conférence des Présidents se réunira pour fixer la date de la séance plénière consacrée à la DPG, conformément à l'article 77 du Règlement intérieur.
Au-delà de la technicité procédurale, ce communiqué prend une résonance particulière compte tenu du contexte politique. Ousmane Sonko, qui a occupé la Primature jusqu'en mai 2026 avant de devenir président de l'Assemblée nationale, où siège la large majorité de son parti Pastef, s'adresse ici à son successeur direct à la tête du gouvernement. Les deux hommes avaient déjà été au centre de commentaires ces derniers jours, Ousmane Sonko ayant publiquement évoqué, lors d'un meeting, la possibilité d'une motion de censure si la situation l'exigeait. En rectifiant ainsi la méthode de la Primature sur un exercice aussi symbolique que la DPG — premier grand oral parlementaire d'Al Aminou Lo depuis sa nomination le 25 mai —, le président de l'Assemblée nationale rappelle que la maîtrise du calendrier institutionnel lui revient, et non à l'Exécutif. Si la tenue de la session extraordinaire à partir du 1er septembre est actée, la date exacte de la Déclaration de politique générale reste donc, à ce jour, à fixer par la Conférence des Présidents. Le suspense sur le calendrier précis de ce grand oral
parlementaire
n'est donc pas totalement levé.
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