La filière phosphates en crise : le cœur de l’économie marocaine vacille
Le Maroc est touché de plein fouet par les retombées des tensions au Moyen-Orient. La perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz met à mal la filière phosphates du Maroc, l’un des secteurs les plus contributeurs aux exportations du royaume. https://youtu.be/kadMuI5F5k0?si=KjjenAtVgEbeLxgg Le blocage d’Ormuz prive de soufre la filière marocaine des phosphates Selon les explications…

Le Maroc est touché de plein fouet par les retombées des tensions au Moyen-Orient.
La perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz met à mal la filière phosphates du Maroc, l’un des secteurs les plus contributeurs aux exportations du royaume.
Le blocage d’Ormuz prive de soufre la filière marocaine des phosphates
Selon les explications du magazine spécialisé DRH, l’Office chérifien des phosphates (OCP) est mis en difficulté car il est privé de soufre, un des principaux intrants de la production d’acide phosphorique, à la suite du blocage du détroit d’Ormuz.
L’office marocain subit en fait un double choc. Non seulement ce produit s’est raréfié, mais son prix a aussi flambé, passant subitement de 177 à 508 dollars la tonne au premier semestre 2026.
Les conséquences sont lourdes et immédiates pour la plus importante entreprise du royaume qui a vu son chiffre d’affaires reculer pendant la même période de 7 %, à 48,3 milliards de dirhams (4,39 milliards d’euros) et son résultat net passer d’un bénéfice de 8,3 milliards de dirhams à une perte de 2,8 milliards de dirhams (de 750 millions d’euros de bénéfice à 250 millions d’euros de perte).
Des milliers d’entreprises affectées par la crise de l’OCP
Les difficultés de l’OCP sont aggravées par la nécessité à la fois de poursuivre ses investissements (16,067 milliards de dirhams, soit 1,51 milliard d’euros, au premier semestre de l’année) et de régler ses fournisseurs internes et externes.
«* L’OCP fait donc face à une crise réelle* », écrit DRH. Et c’est toute l’économie marocaine qui en souffre.
Comme l’explique le média, derrière les retards de paiement signalés, « se joue la survie d’entreprises qui ne disposent ni des réserves financières ni de l’accès aux marchés de capitaux du géant phosphatier ».
L’allongement des délais de règlement « enclenche alors une mécanique d’asphyxie » et «* les tensions se propagent ensuite aux sous-traitants de second rang, qui subissent à leur tour les difficultés financières de leurs donneurs d’ordre* ».
Le groupe compte 7.000 fournisseurs marocains et étrangers et, de ce fait, ses commandes soutiennent des activités industrielles, des investissements, des recrutements et des compétences spécialisées.
Maroc : Dirham en baisse, valeur des exportations en hausse et la filière phosphates en crise
Les chiffres qui se rapportent aux dettes impayées de l’OCP donnent une idée du nombre d’entreprises qui en souffrent : 14,439 milliards de dirhams en 2024 et 26,611 milliards en 2025, soit une augmentation de 84 %.
L’OCP est menacé par cette situation même dans la poursuite de ses propres prestations étant donné qu’une entreprise qui «* ne parvient plus à financer l’importation de composants, la constitution de stocks ou la mobilisation d’équipes techniques ne peut garantir indéfiniment la continuité de ses prestations* ».
Les difficultés du groupe public marocain de phosphates, l’un des principaux moteurs de l’économie du royaume, surviennent alors que se dégrade la situation économique et sociale du royaume.
Le dirham marocain a perdu 6,5 % de sa valeur par rapport au dollar depuis fin juillet dernier. Dans le même temps, la valeur des importations a explosé. Tous ces facteurs risquent d’exacerber la crise sociale et l’inflation qui touchent de larges franges de la société marocaine.
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- 548 words · 3 min read
- Published
- October 11, 2026
- Byline
- Rafik Tadjer
- Source
- TSA