Julian Harston, ancien chef de la MINURSO : La mission onusienne était anachronique et n’avait plus de raison d’être
• Le référendum d’autodétermination n’a jamais été une perspective réaliste.

« La MINURSO devait être fermée. Elle est anachronique. » Le verdict est signé Julian Harston, qui connaît la maison de l’intérieur pour l’avoir dirigée. L’ancien chef de la mission onusienne au Sahara marocain ne plaide pas pour un ajustement ou une réforme. Il réclame, lui aussi, sa fin, pure et simple, estimant qu’elle appartient à une époque révolue.
La MINURSO n’est d’ailleurs plus. Le 1er novembre, l’Organisation des Nations Unies a pris acte de la cessation des opérations de la mission onusienne, consécutive au non-renouvellement de son mandat par le Conseil de sécurité. Par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, le Secrétaire général Antonio Guterres l’a fait savoir dans un communiqué.
Le message de Julian Harston a été publié sur LinkedIn. Il est bref, tranchant et sans précaution diplomatique. Harston y décrit une mission dont le mandat d’origine s’est vidé de sa substance. Presque toutes les exigences qui en constituaient le socle ne correspondent plus, dit-il, aux réalités du dossier.
Le premier pilier à s’effondrer est celui du référendum d’autodétermination. L’ancien responsable onusien ne ménage pas ses mots : cette consultation n’a, à ses yeux, jamais été une perspective réaliste. Il n’y a jamais eu de possibilité d’un référendum, écrit-il en substance. Pour celui qui a servi sur ce terrain, l’idée même d’un scrutin n’aura été qu’un horizon que l’on a longtemps feint de croire atteignable.
Le second pilier ne tient pas davantage. Le cessez-le-feu, soutient Harston, n’a jamais été accepté, ni par le Front Polisario, ni même par l’Algérie. Une affirmation qui retire à la mission l’une de ses justifications les plus invoquées.
L’ancien chef de la MINURSO ne s’arrête pas au constat institutionnel. Il désigne un responsable. Au fil des années, l’Algérie aurait joué le rôle de « trouble-fête », saisissant chaque occasion de s’opposer à toute avancée. Selon lui, le processus politique a été systématiquement entravé par Alger.
Le tableau est plus sombre encore lorsqu’il se tourne vers Tindouf. Harston évoque des milliers de personnes maintenus en otage dans des conditions qu’il juge « intolérables », sous l’autorité d’une direction qu’il qualifie de vieillissante.
Reste la question de l’après. Là encore, Julian Harston ne laisse place à aucune ambiguïté. « L’autonomie sous souveraineté marocaine est l’unique solution », écrit-il. Il ajoute que la communauté internationale partage cette lecture, et que l’ONU devrait en tirer la conséquence : « La communauté internationale soutient cela. L’ONU devrait faire de même. »
Le plaidoyer est formulé en deux temps, comme un syllogisme. La mission doit partir. La solution est connue.
Ces déclarations tombent à un moment particulier. Elles interviennent après la non-reconduction du mandat de la MINURSO par le Conseil de sécurité. Une décision lourde de sens, qui ouvre une nouvelle étape dans le règlement du différend artificiel autour du Sahara marocain. Elle conforte aussi la dynamique internationale en faveur du plan d’autonomie sous souveraineté marocaine.
Pour Harston, ce n’est pas une rupture. C’est la fin logique d’un cycle qui n’avait plus de raison d’être.
Follow the story
About this article
- Length
- 498 words · 2 min read
- Published
- November 2, 2026
- Byline
- Libération
- Source
- Libération