Pour accompagner la transformation digitale de l’économie marocaine : Que représentent l’IA et les autres filières numériques dans les cursus ?
Un domaine stratégique. Depuis quelques années, l’enseignement supérieur marocain a commencé l’adaptation progressive de son offre aux transformations économiques et technologiques du Royaume. Ainsi on voit aujourd’hui des filières concernant l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’ingénierie, la santé ou encore le business digital. Des formations devenues parmi les plus dynamiques et les plus stratégiques pour accompagner […]
AI summary
Un domaine stratégique.
Depuis quelques années, l’enseignement supérieur marocain a commencé l’adaptation progressive de son offre aux transformations économiques et technologiques du Royaume. Ainsi on voit aujourd’hui des filières concernant l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’ingénierie, la santé ou encore le business digital. Des formations devenues parmi les plus dynamiques et les plus stratégiques pour accompagner les transformations économiques du Royaume.
En dépit des critiques envers le système d’éducation nationale de manière globale, il faut reconnaître l’impressionnante évolution qui a marqué l’enseignement supérieur marocain. Il ne s’agit plus d’accueillir davantage d’étudiants, mais de développer aussi les compétences recherchées par les entreprises et les secteurs stratégiques. Les transformations engagées dans l’industrie, les services, les technologies numériques ou encore la santé créent une demande croissante pour des profils spécialisés. Les jeunes en sont parfaitement conscients. Ils ne sont ni technophiles naïfs, ni réfractaires : ils anticipent déjà les transformations du marché du travail. De leur côté les universités et écoles supérieures marocaines s’efforcent désormais d’y répondre en développant de nouvelles filières et en renforçant les passerelles avec l’entreprise. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette idée est devenue une orientation dans le pacte ESRI 2030 mettant l’employabilité, l’innovation et le rapprochement entre universités et monde économique au cœur de la réforme. Les établissements sont ainsi encouragés à adapter leurs cursus aux mutations du marché du travail et aux nouveaux besoins en compétences. Et là on se retrouve forcément face à l’intelligence artificielle (IA), qui loin d’un usage marginal ou opportuniste, semble s’imposer dans les parcours de formation comme un outil d’apprentissage à part entière.
Elle est intégrée aux stratégies de réussite académique
Il est évident que l’IA a pris de l’importance au cours des dernières décennies pour ses applications vastes dans le monde réel. Plusieurs étudiants s’en servent pour comprendre des notions, approfondir des cours ou structurer ses raisonnements, d’autres l’utilisent pour gagner du temps sur des tâches pratiques (recherche documentaire, rédaction, reformulation). Autrement dit, l’IA est déjà intégrée aux stratégies de réussite académique. Elle occupe aujourd’hui une place importante au Maroc, avec la cybersécurité, la data science, le cloud computing ou encore l’Internet des objets. Selon le ministère de la transition numérique, 183 nouvelles filières numériques ont été accréditées dans les universités publiques. Ces cursus visent à accompagner la transformation digitale de l’économie marocaine et à répondre à une demande croissante en compétences technologiques. Il faut dire que la cybersécurité s’impose notamment comme un domaine stratégique à mesure que les administrations, les entreprises et les infrastructures critiques renforcent leur protection contre les risques numériques. En même temps, l’intelligence artificielle trouve des applications dans des secteurs aussi variés que l’industrie, la finance, la santé ou les services. Le développement de ces spécialités traduit une évolution profonde du marché de l’emploi, où les compétences numériques deviennent progressivement transversales à l’ensemble des activités économiques. Et les étudiants privilégient de plus en plus les cursus qui offrent à la fois spécialisation, employabilité et capacité d’adaptation. Dans un environnement économique en mutation rapide, les formations les plus recherchées sont désormais celles qui permettent d’accompagner les grandes transformations technologiques, industrielles et sociétales du Maroc.
Les étudiants n’attendent pas que l’enseignement supérieur freine l’IA…
Ceci étant, il faut souligner que les filières traditionnelles à forte employabilité continuent de susciter un intérêt soutenu même si les métiers du numérique concentrent une grande partie de l’attention. Le rapport «L’Enseignement supérieur en chiffres 2024-2025» montre ainsi que les établissements à accès régulé, qui regroupent notamment les facultés de médecine, les écoles d’ingénieurs et plusieurs établissements de management et d’économie, ont enregistré une hausse de 8,87 % des nouveaux inscrits.
Néanmoins, les étudiants n’attendent pas que l’enseignement supérieur freine l’IA, mais qu’il leur donne les clés pour l’utiliser de manière responsable. À défaut, le risque est de voir se creuser un décalage durable entre pratiques réelles et cadres académiques. L’intégration des outils d’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur n’est plus un rêve futuriste, mais une réalité qui gagne du terrain et redéfinit le domaine de l’enseignement supérieur. Les spécialistes jugent que le domaine de l’éducation se prête particulièrement bien aux technologies de l’IA, dans la mesure où les activités éducatives, telles que l’enseignement et l’apprentissage, sont des activités. Et plusieurs chercheurs soutiennent que l’IA exerce un impact positif sur l’enseignement supérieur.
Les questions à poser maintenant : est-ce qu’il va falloir favoriser la transition des universités vers une utilisation performante, responsable et contextualisée de l’IA dans leurs pratiques pédagogiques, et les amener à se conformer aux normes internationales les plus récentes ? Serait-il bénéfique de renforcer leur résilience et leur capacité à faire face aux problèmes grâce à l’adoption de solutions basées sur l’IA, et répondre aux défis posés par la massification de l’enseignement supérieur en tirant pleinement parti de l’IA comme levier d’optimisation de l’accès à l’éducation ? Existe-t-il un besoin d’adapter les cursus universitaires à l’évolution des métiers liée à l’IA, en tenant compte des besoins du marché de l’emploi ? C’est aux spécialistes de trouver les réponses.
L’IA, un levier essentiel
Recommandations. L’intelligence artificielle n’est pas automatiquement comparable aux autres disciplines. Ce n’est pas la même chose. C’est une sorte de dessin à travers lequel se redéfinissent les missions fondamentales de l’enseignement supérieur. Ce qui est suffisant pour convaincre les établissements de l’enseignement d’intégrer des programmes de formation spécialisés en IA et en science des données. C’est devenu une nécessité face à une demande exponentielle de compétences. Même le Conseil économique, social et environnemental (CESE) l’a recommandé dans son avis sur «Quels usages et quelles perspectives de développement de l’intelligence artificielle au Maroc ?», publié en juin 2024. Pour le CESE, l’IA est identifiée comme un levier essentiel pour améliorer des services tels que l’éducation, en les rendant plus accessibles, efficaces et personnalisés. Le CESE recommande même d’intégrer systématiquement la formation en IA dans l’offre éducative nationale et de renforcer les programmes d’enseignement supérieur en IA dans les universités et écoles spécialisées.
Follow the story
About this article
- Length
- 982 words · 5 min read
- Published
- September 25, 2026
- Byline
- ALM
- Source
- Aujourd'hui