Département de Tivaouane : Ndiarndé, une cité religieuse enclavée dans le Cayor
Située dans la commune de Ngandiouf (département de Tivaouane), Ndiardé est une cité religieuse où a vécu Seydi El Hadji Malick Sy. Toutefois, la localité fait face à l’enclavement, malgré son importance dans l’histoire de la Tidjania. TIVAOUANE – Un climat clément, malgré la chaleur d’étuve. De l’air pur. Des champs visibles à perte de […]
Située dans la commune de Ngandiouf (département de Tivaouane), Ndiardé est une cité religieuse où a vécu Seydi El Hadji Malick Sy. Toutefois, la localité fait face à l’enclavement, malgré son importance dans l’histoire de la Tidjania.
TIVAOUANE – Un climat clément, malgré la chaleur d’étuve. De l’air pur. Des champs visibles à perte de vue. Tel est le décor à Ndiarndé, un village de la commune de Ngandiouf, dans le département de Tivaouane. Cité historique où a vécu Seydi El Hadji Malick Sy, la localité sombre, aujourd’hui, dans l’oubli et l’enclavement, malgré son importance dans l’histoire de la Tidjania.
Le mercredi 5 août, l’équipe du « Soleil » s’y est rendue. À l’entrée du village, calme et silencieux, elle est accueillie par quelques habitants : un homme et un enfant tirant une charrue, deux femmes assises sur leurs nattes, des garnements jouant au ballon.
Ils nous adressent des salutations appuyées à l’endroit de Serigne Moustapha Amar, notre guide et porte-parole de la famille. Au centre, à côté de la mosquée du village construite par Serigne Mansour Sy Borom Daradji, 4ᵉ khalife de Mawdo, trois jeunes garçons observent, assis sur un banc en ciment.
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Plus loin, une vieille femme fait paître son troupeau dans une zone aride aux rares touffes d’herbe jaune. La localité semble à moitié vide. Le chef du village, Ousmane Amar, petit-fils du maître des lieux, Ngoumba Amar, nous reçoit dans un bâtiment en construction qui doit abriter une zawiya. Une localité délaissée et enclavée C’est ici même que Seydi El Hadji Malick Sy tenait son « daara ».
C’est aussi ici qu’il a accueilli Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké en présence de Serigne Ngoumba Amar, alors maître des lieux. Malade, mais encore solide, le vieux Ousmane Amar, assis sur une natte, fait face à l’endroit devenu le mihrab (niche placée dans la mosquée et indiquant la direction de La Mecque) de la future zawiya.
Un lieu chargé d’histoire où se sont retrouvées trois figures majeures de l’islam sénégalais : Seydi El hadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba et Ngoumba Binta Meïssa Amar. Malgré son importance spirituelle, Ndiarndé paie le prix de son enclavement.
« La majeure partie des jeunes ont migré vers Tivaouane, Thiès et surtout Dakar où ils occupent, pour la plupart, un maillon essentiel de l’économie, notamment dans la boulangerie et le commerce », explique Serigne Moustapha Amar.
Sur près de 1000 habitants, environ seules 200 familles vivent encore dans la contrée qui regroupe une dizaine de villages, dont Diémoul, Darou Ndiène, Gaydyèl, Ndopi, Ndarssal, Tawfékh, etc. La localité ne dispose d’aucune infrastructure de base. Pas de poste de santé, ni d’école de formation, encore moins de « daara » moderne.
L’œuvre inachevée de Serigne Mansour Sy
« Le village, qui fut le centre de formation des « moukhadams » (érudits) de Seydi El Hadji Malick Sy et où Serigne Babacar Sy a démarré son apprentissage du Saint Coran, ne dispose même pas de ‘‘daara’’ moderne », regrette Serigne Moustapha Amar. Pour trouver un hôpital ou un centre de santé, les populations sont obligées de parcourir 40 à 70 km pour rallier Ngaye Mékhé ou Tivaouane.
Aujourd’hui, Ndiarndé ne compte qu’une mosquée, des pistes latéritiques, l’électricité et une résidence inachevée transformée en enclos. Toutes ces réalisations sont l’œuvre de Serigne Mansour Sy Borom Daradji, 4ᵉ khalife de Mawdo, qui « a voulu raviver la flamme allumée par son grand-père, mais hélas, il n’a pas pu réaliser son rêve ».
Depuis son rappel à Dieu, le 9 décembre 2012, le village est retombé dans l’oubli. Même les tombeaux des enfants de Seydi El Hadji Malick Sy, Cheikh Tidiane Sy et Sokhna Zeynabou Sy, qui partagent le même mausolée, semblent abandonnés par les autorités religieuses, territoriales et étatiques.
Avec leurs maigres moyens, les membres de la famille Amar, dont l’aïeul, Mame Ngoumba Amar, avait accueilli Seydi El Hadji Malick Sy, tentent de construire une zawiya à l’emplacement même de la rencontre historique avec Cheikh Ahmadou Bamba. Pour Serigne Moustapha Amar, cette localité stratégique, qui polarise plus d’une dizaine de villages, doit bénéficier d’un hôpital digne pour la zone du Cayor.
Ibrahima NDIAYE (Correspondant)
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About this article
- Length
- 699 words · 3 min read
- Published
- September 22, 2026
- Byline
- Mariama Diémé
- Source
- Soleil