[Écoutes téléphoniques] Convoqué pour s’expliquer, Pravind Jugnauth choisit le silence
AI summary
Après les révélations sur un système de surveillance installé sous son gouvernement, l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, était de nouveau attendu sur les circonstances de son acquisition et de son utilisation. L’interrogatoire du 17 septembre a commencé, mais Pravind Jugnauth a choisi de ne pas répondre aux questions des enquêteurs.
Le dossier des écoutes téléphoniques est passé des dénonciations politiques à l’enquête sur les décisions prises au sommet de l’État. Convoqué une nouvelle fois au quartier général de la police, jeudi 17 septembre, Pravind Jugnauth devait être interrogé sur son implication présumée dans l’acquisition, l’achat et l’utilisation, par le « Prime Minister’s Office », d’équipements et de systèmes que la police décrit comme illégaux et conçus pour l’interception massive de données.
L’ancien Premier ministre s’est présenté avec ses avocats, dont Me Raouf Gulbul. Selon le communiqué de la police, les faits, les circonstances et la nature des infractions faisant l’objet de l’enquête lui ont été exposés, ainsi qu’à ses conseils. L’interrogatoire formel a débuté. Pravind Jugnauth a toutefois décliné l’invitation à répondre, estimant que les éléments présentés ne constituaient pas une base suffisante pour le soupçonner.
Dans un communiqué, publié le lendemain, le leader du MSM conteste cette présentation sur un point décisif. Il affirme avoir demandé les éléments lui permettant de comprendre les soupçons formulés contre lui et soutient que la police a refusé de les lui communiquer. Il dit avoir alors décidé de ne pas « porter concours à cette enquête policière ». Il accuse également ses adversaires de vouloir l’intimider au moyen d’un « jeu politique ».
Les deux communiqués confirment donc le refus de répondre, mais divergent sur les informations fournies au cours de l’audition. La police assure avoir exposé les faits et les circonstances de l’enquête ; Pravind Jugnauth affirme qu’on lui a refusé les éléments sur lesquels reposent les soupçons. Toutefois, la question publique qui demeure : comment un tel dispositif a-t-il été acquis et utilisé sous son gouvernement ?
À l’Assemblée nationale, le 19 mai, le Premier ministre Navin Ramgoolam avait affirmé que l’ancien gouvernement avait installé, à grands frais, un système de surveillance électronique capable d’intercepter en temps réel appels, courriels, messages et communications sur les réseaux sociaux. Il avait déclaré que le dispositif avait été démantelé sur ses instructions et qu’une enquête criminelle était en cours. Il avait aussi rappelé qu’une interception illégale porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.
Ces déclarations donnent à l’audition de l’ancien chef du gouvernement une portée qui dépasse la confrontation entre enquêteurs et avocats. Il s’agit de déterminer qui a autorisé l’acquisition du matériel, qui en contrôlait l’usage et à quelles fins il a servi. Les révélations sur les écoutes ont ébranlé la confiance du public ; l’enquête doit donc établir les faits et les responsabilités.
Pravind Jugnauth est en droit de contester les soupçons et de garder le silence. Ce droit ne met pas fin aux questions sur ce qui s’est passé au « Prime Minister’s Office » lorsqu’il était Premier ministre. À sa demande, la suite de l’entretien a été ajournée en raison de l’indisponibilité de son Senior Counsel, Me Ivan Collendavelloo. Une nouvelle date devra être fixée. Le pays, lui, attend toujours des réponses sur le système de surveillance.
Follow the story
About this article
- Length
- 541 words · 3 min read
- Published
- September 20, 2026
- Byline
- Najaah Auzine
- Source
- Sundaytimesmauritius