
Deux lettres, neuf jours d’écart, et un bras de fer qui prend une tournure inattendue. Le 19 août 2026, le Ministre de l’Administration Territoriale refusait d’enregistrer la Convention du MRC tenue en décembre dernier. Le 28 août, le parti de Maurice Kamto répliquait avec une argumentation juridique serrée. Entre les deux textes, une question s’impose, et elle est gênante pour le MINAT.
Le MRC a transmis ses statuts et son règlement intérieur au MINAT le 5 janvier 2026. La loi 90/056 sur les partis politiques l’y oblige, rien de plus. Ce n’était ni une demande d’autorisation, ni une sollicitation de validation.
Le MINAT a pourtant traité cette formalité comme une requête, avant de la rejeter. Le MRC pose la question sans détour dans sa lettre du 28 août, comment une simple transmission peut-elle devenir une demande qu’on refuse d’accorder. Ça pose question, franchement, quand on sait que la loi ne prévoit aucune procédure d’approbation pour ce type de document.
Deuxième problème, et pas des moindres. Le MINAT fonde sa décision sur la loi 90/055 relative aux réunions publiques, qui impose une déclaration préalable au sous-préfet du lieu concerné. Sauf que la Convention du MRC s’est tenue en visioconférence. Sur quel territoire physique une réunion dématérialisée est-elle censée se dérouler ? La question reste sans réponse crédible, et une loi inapplicable ne peut pas fonder juridiquement une décision administrative.
Voilà un détail que peu de commentateurs ont relevé. En adressant sa lettre au Secrétaire Général du MRC, Christopher Ndong, le MINAT reconnaît de fait l’existence légale du parti et la légitimité de ses organes. On n’écrit pas officiellement à une structure qu’on considère comme caduque.
Le signal est clair, le ministère n’a engagé aucune procédure de dissolution. Pourtant, la loi 90/056 prévoit des mécanismes précis pour ça, suspension, saisine du tribunal compétent. Rien de tout cela n’a été activé. Le MINAT a produit un simple refus d’enregistrement, pas une remise en cause de l’existence du parti.
Reste le dossier judiciaire porté par les dissidents, avec une décision attendue le 1er septembre. Même dans l’hypothèse où un mandataire ad hoc serait nommé, son mandat se limiterait à organiser une nouvelle convention élective. Il ne dissoudrait rien, ne destituerait personne.
Et pendant ce temps, le MRC continue de fonctionner, de recruter, de préparer ses listes électorales. Les voies de recours, Cour d’Appel puis Cour Suprême, restent ouvertes et peuvent s’étirer sur des années. On attendait peut-être un coup fatal. Ce n’est pas ce que les textes permettent, pour l’instant en tout cas.
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