Vers la création d’un réseau international des élèves et étudiants des ÉNA et des INSP : une ambition pour la coopération francophone

Un projet de rapprochement entre les associations et amicales d’élèves et d’étudiants des Écoles nationales d’administration (ÉNA), de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), des Écoles nationales d’administration et de magistrature (ÉNAM) et des Instituts nationaux du service public (INSP) est en préparation.
À travers des démarches engagées notamment en Guinée et au Sénégal, cette initiative ambitionne de poser les bases d’un espace international de dialogue et de coopération entre les futures générations de cadres de l’administration publique francophone.
Légende : Photo d’Elhadj Mamadou Kaly Sow, président de l’AEENAP et initiateur du projet de réseau international.
Une initiative pour rapprocher les futurs cadres de l’administration publique
Comment renforcer les liens entre les élèves et étudiants qui se préparent à exercer des responsabilités au sein des administrations publiques des pays francophones ? C’est autour de cette question que s’inscrit un projet de création d’un réseau international réunissant les associations et amicales d’élèves et d’étudiants des ÉNA, ÉNAP, ÉNAM et INSP.
Portée par une volonté de coopération entre les communautés étudiantes, cette initiative entend favoriser les échanges d’expériences, encourager les collaborations et créer des passerelles entre les établissements de formation en administration publique.
À l’origine de cette démarche, Elhadj Mamadou Kaly Sow, doctorant en administration publique à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP) du Québec et président de l’Association étudiante de l’ÉNAP (AEENAP), souhaite contribuer à l’émergence d’un espace de dialogue entre les futures générations de professionnels du service public.
L’idée repose sur un constat : malgré les différences institutionnelles, nationales et administratives, les élèves et étudiants de ces établissements partagent des préoccupations communes. Ils se préparent à participer à la conception et à la mise en œuvre des politiques publiques, à la modernisation de l’État et à l’amélioration des services rendus aux citoyens.
Le projet vise ainsi à transformer ces convergences en occasions concrètes de collaboration, en permettant aux associations étudiantes de mieux se connaître, de partager leurs expériences et d’envisager des initiatives communes.
La Guinée et le Sénégal au cœur des premières démarches
La concrétisation de ce projet nécessite, en premier lieu, un dialogue avec les associations étudiantes et les responsables des établissements concernés. Dans cette perspective, des démarches ont été entreprises en Guinée et au Sénégal afin de présenter l’initiative, d’échanger sur ses objectifs et d’explorer les possibilités de collaboration.
En Guinée, les échanges avec les responsables de l’École nationale d’administration s’inscrivent dans une volonté de mieux comprendre les possibilités de rapprochement entre les communautés de formation en administration publique. Ces discussions constituent une étape exploratoire dans la perspective d’une mobilisation progressive des établissements et des associations susceptibles de prendre part au projet.
Légende : Photo d’Elhadj Mamadou Kaly Sow avec les responsables de l’ÉNA de Guinée.
Au Sénégal, les démarches menées auprès du président de l’Amicale des élèves de l’ENA du Sénégal s’inscrivent dans la même dynamique. L’objectif est d’examiner les possibilités de participation des communautés étudiantes sénégalaises à cette initiative et de réfléchir aux formes de collaboration envisageables.
Des échanges avec l’attaché économique de la Délégation générale du Québec à Dakar (DGQD) permettent également d’inscrire cette réflexion dans une perspective plus large de dialogue international et de coopération francophone.
Photo avec le président de l’Amicale des élèves de l’ENA du Sénégal et un représentant de la DGQD.
Ces démarches en Guinée et au Sénégal constituent des étapes préparatoires. Elles visent à recueillir les points de vue des acteurs concernés, à susciter leur intérêt et à identifier les conditions nécessaires à la mise en place d’une initiative internationale durable.
De la coopération entre institutions à la coopération entre étudiants
Les établissements de formation en administration publique jouent un rôle important dans le développement des compétences nécessaires au fonctionnement des administrations publiques. Toutefois, la coopération ne se limite pas aux relations entre les institutions elles-mêmes : elle peut également se construire à travers les élèves et les étudiants qui y sont formés.
C’est précisément l’une des ambitions du projet de réseau. En rapprochant les associations et amicales étudiantes, l’initiative souhaite encourager une coopération qui dépasse les frontières nationales et les cadres habituels de formation.
Parmi les activités qui pourraient être envisagées figurent l’organisation de rencontres internationales, de conférences, de webinaires, d’ateliers thématiques et de discussions autour des enjeux contemporains de l’administration publique.
Des groupes de travail pourraient également être constitués autour de sujets tels que la gouvernance publique, la transformation numérique de l’État, la gestion des finances publiques, la modernisation des services publics et l’évaluation des politiques publiques.
Ces activités permettraient aux participants de confronter leurs expériences, de découvrir les pratiques administratives d’autres pays et de réfléchir collectivement aux défis auxquels leurs administrations respectives sont confrontées.
À plus long terme, le réseau pourrait également faciliter les échanges entre les communautés étudiantes, encourager des projets conjoints et favoriser l’émergence de relations professionnelles durables entre les futurs cadres publics.
La francophonie comme cadre de rapprochement
La dimension francophone représente un fondement important de cette initiative. En réunissant des communautés étudiantes issues de différents pays et de plusieurs institutions de formation, le projet entend faire de la langue française un instrument de dialogue, de partage des connaissances et de coopération.
Les administrations publiques évoluent aujourd’hui dans un environnement marqué par des transformations profondes. La transition numérique, les exigences de transparence, la gestion des ressources publiques, l’amélioration des services aux citoyens et le renforcement de la confiance envers les institutions figurent parmi les enjeux auxquels elles doivent répondre.
Face à ces défis, les expériences nationales peuvent constituer des sources d’apprentissage mutuel. La comparaison des approches, la circulation des idées et la confrontation des pratiques permettent de mieux comprendre les possibilités d’adaptation des politiques et des méthodes de gestion publique aux réalités locales.
Le réseau envisagé ne chercherait donc pas à imposer un modèle administratif unique. Il viserait plutôt à favoriser un dialogue entre des communautés qui, tout en évoluant dans des contextes différents, partagent un intérêt commun pour la qualité de l’action publique et le service de l’intérêt général.
Cette ambition rejoint également la nécessité de renforcer les liens entre les nouvelles générations de professionnels francophones, appelées à travailler dans des administrations confrontées à des défis de plus en plus interdépendants.
Former aujourd’hui les acteurs publics de demain
Au-delà de sa dimension associative, le projet porte une ambition plus large : contribuer à la formation de cadres publics capables de travailler en réseau, de comprendre les réalités administratives d’autres pays et d’aborder les enjeux de gouvernance dans une perspective internationale.
Les élèves et étudiants d’aujourd’hui seront, pour plusieurs d’entre eux, les administrateurs publics, les conseillers en politiques publiques, les responsables de programmes et les dirigeants institutionnels de demain. Les relations qu’ils développent pendant leur formation peuvent constituer un capital relationnel et professionnel précieux.
En favorisant les échanges entre les associations étudiantes, le réseau pourrait encourager une culture de coopération, d’ouverture et de responsabilité au service de l’intérêt général.
Pour Elhadj Mamadou Kaly Sow, cette démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur les relations internationales, la coopération et le rôle des acteurs dans le développement des liens entre les espaces francophones.
Ses recherches doctorales à l’ÉNAP portent sur la paradiplomatie québécoise en Afrique francophone depuis 1960, notamment sur les acteurs, la formulation et la mise en œuvre de la politique internationale du Québec. Ce parcours de recherche, conjugué à son engagement dans la représentation étudiante, nourrit son intérêt pour le développement de nouvelles formes de dialogue et de coopération entre les communautés francophones.
La création d’un réseau international des élèves et étudiants des ÉNA, ÉNAP, ÉNAM et INSP s’inscrit ainsi dans une volonté de rapprocher les futurs professionnels du service public et de favoriser le développement de liens durables entre leurs communautés.
Les démarches engagées en Guinée et au Sénégal constituent les premières étapes vers la construction d’une initiative appelée à s’élargir progressivement à d’autres associations et établissements de formation en administration publique.
L’enjeu sera désormais de transformer cet intérêt pour la coopération en une dynamique collective, afin que les liens établis entre les étudiants d’aujourd’hui puissent contribuer à enrichir les administrations publiques de demain.
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- November 3, 2026
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