Crise d’eau en Guinée : Mohamed Kourouma explique la rareté de l’eau en bouteille

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Depuis l’entrée en vigueur, le 21 septembre dernier, de l’interdiction de l’utilisation des sachets plastiques à usage unique, le marché guinéen fait face à une importante « crise » sur l’approvisionnement en eau conditionnée. Une situation que Mohamed Kourouma, PDG de la société Hamana, explique notamment par le déséquilibre entre la demande et les capacités actuelles de production des bouteilles d’eau.
S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 6 octobre, le patron de Hamana a d’abord salué l’adhésion de la population à la nouvelle mesure. Selon lui, la disparition rapide de l’eau conditionnée en sachet traduit une volonté des Guinéens de se conformer à la réglementation.
« Il faut féliciter la population guinéenne. Depuis l’interdiction de l’utilisation des sachets plastiques à usage unique, l’eau en sachet a disparu en trois jours. Cela veut dire que le Guinéen a commencé à comprendre qu’il faut respecter la loi. C’est la loi qui est importante », a-t-il déclaré.
Pour Mohamed Kourouma, la crise actuelle trouve son origine dans la structure même du marché de l’eau en Guinée. Avant l’interdiction, la consommation reposait très largement sur les sachets, tandis que les bouteilles occupaient une part beaucoup plus réduite.
« En Guinée, ce sont les sachets et les bouteilles qui sont utilisées pour la consommation d’eau. Et c’est 85 % de la population qui utilisait l’eau en sachet et 15 % utilisaient les bouteilles d’eau », a-t-il expliqué.
Avec la disparition des sachets, cette répartition a donc été brutalement bouleversée. Les capacités actuelles de production et de distribution des bouteilles ne permettent pas, selon le PDG de Hamana, de répondre immédiatement à l’ensemble de la demande.
« Avec l’interdiction de l’utilisation des plastiques à usage unique, les sachets d’eau ont disparu. Maintenant les 15 % de bouteilles d’eau qui sont sur le marché ne suffisent pas à toute la population. C’est pour cela il y a eu une crise d’eau », a-t-il poursuivi.
Face à cette nouvelle donne, l’enjeu consiste désormais à augmenter progressivement l’offre en bouteilles d’eau afin de compenser la disparition des sachets. Mais cette adaptation ne peut, selon Mohamed Kourouma, se faire du jour au lendemain.
« Maintenant, pour produire 100 % de bouteilles d’eau, ça va prendre du temps. C’est la difficulté qu’il y a en ce moment. Il faut se dire la vérité », a-t-il reconnu.
Le PDG de Hamana estime ainsi que la situation actuelle doit être comprise comme une période de transition consécutive à l’application de la nouvelle réglementation.
Tout en reconnaissant les difficultés auxquelles les consommateurs sont confrontés, Mohamed Kourouma appelle à faire confiance aux autorités pour trouver une réponse à cette situation.
« Maintenant je pense que l’État est là pour aider la population, il n’est pas là pour la fatiguer. L’État est en train d’étudier. Je pense qu’ils vont trouver la solution », a-t-il conclu.
La crise actuelle met ainsi en évidence le défi posé par la transition entre un mode de consommation largement dépendant des sachets plastiques et un marché appelé désormais à s’adapter à une offre davantage orientée vers les bouteilles d’eau.
Sadjo Bah
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- 535 words · 3 min read
- Published
- October 6, 2026
- Byline
- Mamadou Ba
- Source
- Mediaguinee