Qui était Mody Niang ? De l’instituteur de Koki à la grande plume critique du Sénégal

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Décédé ce samedi 17 octobre 2026 à l’âge de 81 ans, Mody Niang laisse derrière lui le parcours d’un enseignant, écrivain et chroniqueur qui aura consacré plus de quatre décennies à observer, analyser et interpeller les gouvernants sénégalais. Ancien chroniqueur de Xalima, il était devenu une figure familière du débat public, reconnaissable à son franc-parler et à son attachement aux questions de gouvernance. Retour sur la vie d’un homme qui avait fait de l’écriture un engagement citoyen.
De Koki aux salles de classe : les origines d’un intellectuel
Né en 1945 à Koki, dans la région de Louga, Mody Niang grandit dans un environnement où l’éducation et la discipline occupent une place essentielle. Il fait partie des premières générations d’élèves à fréquenter l’école française de sa localité.
Son parcours professionnel commence dans l’enseignement. Entre 1964 et 1969, il exerce comme instituteur à Ndiaganiao. Animé par le désir de poursuivre sa formation, il rejoint l’Université de Dakar, où il obtient une licence.
De 1971 à 1979, il enseigne l’histoire et la géographie. Il réussit ensuite le concours d’entrée à l’École normale supérieure de Dakar pour devenir inspecteur de l’enseignement.
À partir de 1981, il exerce cette fonction, qu’il conservera jusqu’à sa retraite en 2003.
Cette longue carrière dans l’éducation façonne profondément sa manière d’aborder les affaires publiques. L’ancien enseignant conserve, dans ses interventions, le souci d’expliquer, de démontrer et de rappeler les principes qu’il juge essentiels au fonctionnement de l’État.
Plus de quarante ans d’écriture et de vigilance citoyenne
Si Mody Niang s’est d’abord consacré à l’école sénégalaise, c’est par ses chroniques politiques qu’il se fait connaître d’un public beaucoup plus large.
Dès les années 1980, il publie des contributions sur la gouvernance du pays. Ses analyses traversent les présidences d’Abdou Diouf, d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall.
Il s’intéresse particulièrement à la gestion des finances publiques, aux nominations politiques, au fonctionnement des institutions, à la corruption et à la responsabilité des dirigeants.
Son écriture se distingue par un ton direct, parfois sévère, et par une attention particulière aux contradictions entre les promesses politiques et les décisions prises au pouvoir.
Mody Niang ne se limite pas aux critiques ponctuelles. Il conserve ses chroniques, les rassemble et les transforme progressivement en ouvrages, constituant ainsi une documentation sur plusieurs décennies de vie politique sénégalaise.
Un auteur prolifique, récompensé pour ses essais
Parmi ses publications figurent plusieurs ouvrages consacrés à la gouvernance sénégalaise :
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Me Wade et l’Alternance : le rêve brisé du Sopi
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Le clan des Wade : accaparement, mépris et vanité
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20 ans de gouvernance socialiste vue par un citoyen sénégalais
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Le second et dernier mandat du Président-politicien à la tête du Sénégal (2 avril 2019 – 2 avril 2024)
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En 2013, il reçoit le prix Clairafrique de l’essai, une distinction saluant la qualité de ses analyses et son engagement dans le débat public.
Ses livres constituent aujourd’hui des témoignages de la manière dont un citoyen engagé a observé les différentes alternances politiques au Sénégal.
Son passage à l’OFNAC et le choix de la liberté de parole
Mody Niang a également participé à la vie institutionnelle du pays.
Il a notamment exercé les fonctions de conseiller technique et de porte-parole au sein de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).
En février 2016, il quitte cette institution. Dans sa lettre de démission, il explique notamment les difficultés à concilier ses responsabilités institutionnelles avec sa longue tradition de prises de position publiques.
Cette décision illustre la place centrale qu’il accordait à sa liberté d’expression.
Un dernier engagement au quotidien Le Soleil
Le 7 août 2024, Mody Niang est nommé président du conseil d’administration de la Société sénégalaise de presse et de publication, éditrice du quotidien national Le Soleil.
Il prend officiellement ses fonctions en septembre 2024, dans un contexte de réorganisation et de nouveaux défis pour l’entreprise de presse publique.
Son mandat sera cependant bref.
En mars 2025, il annonce sa démission pour des raisons de santé. Il précise alors que son départ n’est pas lié à un désaccord politique avec les nouvelles autorités, auxquelles il avait publiquement apporté son soutien.
Une plume qui a également marqué Xalima
Mody Niang faisait partie des chroniqueurs dont les contributions ont enrichi les colonnes de Xalima.
À travers ses textes, il participait aux débats sur la démocratie, la gouvernance et la responsabilité publique, des thèmes qui occupent depuis longtemps une place importante dans la ligne éditoriale de notre média.
Pour Xalima, son décès revêt donc une dimension particulière. Il ne s’agit pas seulement de la disparition d’un écrivain connu du public sénégalais, mais aussi de celle d’un ancien contributeur de notre plateforme.
Ses écrits rappellent une époque où les longues contributions citoyennes occupaient une place essentielle dans les médias numériques sénégalais et dans les échanges entre le pays et sa diaspora.
Une vie consacrée à l’éducation, à l’écriture et au débat public
Mody Niang s’est éteint ce samedi 17 octobre 2026, à l’âge de 81 ans. Son inhumation est prévue à Koki, sa localité natale, après la levée du corps à l’Hôpital Principal de Dakar.
Son parcours aura réuni plusieurs vies : celle d’un instituteur, d’un professeur, d’un inspecteur de l’enseignement, d’un essayiste, d’un chroniqueur et d’un responsable d’institutions publiques.
Ses prises de position ont suscité des adhésions comme des désaccords. Mais ses nombreuses publications demeurent des matériaux pour comprendre les débats politiques qui ont traversé le Sénégal pendant plus de quarante ans.
Avec la disparition de Mody Niang, c’est une longue page de la chronique citoyenne sénégalaise qui se referme. Ses écrits, eux, restent ouverts à la lecture, à la discussion et à la mémoire.
La rédaction de Xalima présente ses condoléances les plus attristées à sa famille, à ses proches et à tous ses lecteurs.
Que la terre de Koki lui soit légère. Qu’Allah lui accorde Sa miséricorde et l’accueille dans Son Paradis.
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About this article
- Length
- 978 words · 5 min read
- Published
- October 17, 2026
- Byline
- Xalima
- Source
- Xalima