
L'affaire de détournement présumé au sein du Consortium africain de conseil et d'organisation (CACO), filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), connaît un nouveau rebondissement. Les deux agents mis en cause dans ce dossier viennent d'être inculpés par le juge du troisième cabinet du Pool judiciaire financier (PJF) — avant d'obtenir, contre toute attente, une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, moyennant un cautionnement en nature. C'est le 13 août dernier que le procureur
L'affaire de détournement présumé au sein du Consortium africain de conseil et d'organisation (CACO), filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), connaît un nouveau rebondissement. Les deux agents mis en cause dans ce dossier viennent d'être inculpés par le juge du troisième cabinet du Pool judiciaire financier (PJF) — avant d'obtenir, contre toute attente, une liberté provisoire sous contrôle judiciaire, moyennant un cautionnement en nature.
C'est le 13 août dernier que le procureur de la République financier, El Hadji Alioune Abdoulaye Sylla, avait levé le voile sur ce dossier dans un communiqué. Tout était parti d'une plainte déposée le 18 novembre 2024 par le directeur général du CACO lui-même auprès de la Division des investigations criminelles (DIC), portant sur des paiements de factures ne correspondant à aucune prestation effective.
Les enquêteurs de la DIC ont mis au jour plusieurs cas de surfacturation. Le préjudice, d'abord estimé à un peu plus d'un milliard de francs CFA, a été revu drastiquement à la hausse après un audit interne mené au sein de la structure, pour finalement atteindre 2 225 584 769 FCFA — soit plus de 2,2 milliards de francs CFA. Face à la gravité des faits, le parquet financier avait requis l'ouverture d'une information judiciaire contre les deux agents, poursuivis pour : association de malfaiteurs ; faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque ; détournement de deniers publics ; blanchiment de capitaux et complicité de détournement de deniers publics.
Conduits au parquet financier par les éléments de la DIC, selon Seneweb, les deux mis en cause ont été présentés au juge du troisième cabinet mardi dernier. Plutôt qu'un placement en détention, ils ont opté pour un cautionnement en nature, portant sur des titres fonciers. Ces biens immobiliers, expertisés, correspondraient exactement au montant du préjudice visé dans le réquisitoire introductif du procureur de la République financier — autrement dit, l'équivalent des 2,2 milliards de francs CFA reprochés.
Sur la base de cette consignation, le magistrat instructeur les a formellement inculpés, avant de leur accorder la liberté provisoire, sous contrôle judiciaire. L'information judiciaire, désormais ouverte, devra établir la réalité des faits et déterminer les responsabilités individuelles dans ce système présumé de factures fictives.
Le CACO, présenté comme le bureau d'études techniques et d'ingénieurs-conseils de la CDC, intervient dans plusieurs secteurs stratégiques — infrastructures, bâtiments, eau, énergie, agriculture. L'affaire s'inscrit dans une série d'enquêtes financières ouvertes ces derniers mois par le Pool judiciaire financier contre des dirigeants de structures publiques et parapubliques, dans un contexte où les nouvelles autorités ont fait de la reddition des comptes l'un des axes majeurs de leur gouvernance.
Pour l'heure, l'identité des deux agents inculpés n'a pas été rendue publique par le parquet, qui a choisi de les désigner uniquement par leur fonction au sein du CACO. L'instruction devra désormais faire la lumière sur l'ampleur exacte du système de surfacturation et sur d'éventuelles autres responsabilités dans ce dossier.