Une place à prendre
L’Europe vient de sélectionner 46 nouveaux projets stratégiques dans les minerais critiques, pour un investissement potentiel de 21,1 milliards d’euros. Lithium, cobalt, cuivre, nickel, graphite, terres rares… Autant de matières devenues indispensables à de nombreuses industries, notamment l’automobile électrique, les batteries et les nouvelles technologies. Ces matières seront le nerf de la guerre industrielle des prochaines décennies.
Ces projets viennent s’ajouter aux 60 déjà retenus en 2025. Et visiblement, Bruxelles ne se contente pas seulement de dresser des listes. Les projets sélectionnés vont bénéficier de procédures d’autorisation accélérées et d’un accompagnement pour mobiliser les financements nécessaires.
Objectif : réduire la dépendance européenne dans l’approvisionnement en matières premières stratégiques.
Vu du Maroc, ce mouvement mérite une attention particulière. Car l’Europe est à la fois son premier partenaire économique et l’un des principaux débouchés de ses industries.
À première vue, le développement de nouvelles capacités industrielles sur le territoire européen pourrait réduire certaines opportunités d’investissement dans les pays voisins. Mais l’inverse est tout aussi possible.
Car même avec des dizaines de nouveaux projets, l’Europe ne peut matériellement pas assurer seule l’ensemble de ses besoins. Elle devra nécessairement continuer à s’approvisionner ailleurs et à s’appuyer sur des partenaires industriels.
Et sur ce terrain, le Maroc a plusieurs cartes à jouer. Proximité géographique, infrastructures portuaires, industrie chimique, phosphates, ressources en cobalt, investissements déjà engagés dans la filière des batteries…Tout cela constitue déjà un bon socle de départ.
Mais l’enjeu pour le Maroc ne sera plus de proposer des matières premières ou des capacités de production. Il devra faire en sorte d’être une partie prenante à part entière dans les projets industriels, les partenariats technologiques et les circuits d’approvisionnement qui se construisent aujourd’hui. Saâd Benmansour
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- 280 words · 1 min read
- Published
- October 13, 2026
- Byline
- Saâd Benmansour
- Source
- Aujourd'hui