
15 minutes de massage vibrant après une journée de bureau, c’est devenu le rituel de Claudel Fouda. Cette employée à Yaoundé a investi dans un fauteuil équipé d’un système de massage intégré. Pistolets, masseurs dorsaux, coussins chauffants, ces appareils de relaxation à domicile gagnent du terrain chez les Camerounais fatigués par le stress professionnel et les longues heures de travail.
Nicole Abena, cadre financière à Yaoundé, utilise un pistolet de massage chaque soir. Je le garde pratiquement toute la journée sur mon bureau, confie-t-elle, précisant qu’elle l’utilise dès qu’elle ressent une tension. Chez Alice N., enseignante, l’appareil est devenu un réflexe après plusieurs heures de travail debout devant les élèves.
Le phénomène ne se limite pas à un profil précis. Chauffeurs, femmes au foyer, hommes d’affaires, tout le monde y trouve son compte selon les témoignages recueillis. Cette adoption massive s’explique en partie par l’accessibilité de ces équipements, désormais vendus dans plusieurs boutiques de la capitale à des prix variables.
L’engouement pour ces appareils s’explique principalement par le rythme de vie actuel, souvent marqué par le stress et la fatigue. C’est le moins qu’on puisse dire, la charge physique et mentale s’est accrue ces dernières années dans les grandes villes camerounaises.
Aude Debock, kinésithérapeute, reconnaît que ces appareils peuvent apporter un soulagement temporaire et améliorer le bien-être physique lorsqu’ils sont bien utilisés. Les pistolets de massage, par exemple, aident à réduire les courbatures après un effort physique. Ils stimulent aussi la circulation sanguine et diminuent les sensations de fatigue musculaire.
Mais la praticienne est directe sur les risques d’un usage mal maîtrisé. Une mauvaise utilisation peut provoquer une irritation cutanée ou aggraver une douleur existante. Utilisés directement sur des zones osseuses, ces appareils peuvent aussi provoquer des microtraumatismes, prévient-elle.
Un usage excessif sur la même zone favorise l’apparition de troubles musculo-squelettiques, notamment au niveau lombaire ou cervical. Certaines personnes présentant des problèmes circulatoires devraient éviter ces vibrations, qui peuvent aggraver leur condition. Ça pose question sur la manière dont ces appareils sont vendus, sans réel accompagnement ni notice de précaution adaptée.
Aude Debock rappelle un point essentiel : ces équipements ne remplacent pas l’intervention du kinésithérapeute. Le professionnel dispose de connaissances en anatomie et en biomécanique qui lui permettent d’évaluer précisément l’origine d’une douleur et de proposer une prise en charge adaptée à chaque patient. Difficile de ne pas y voir un raccourci risqué chez ceux qui négligent totalement le suivi médical au profit du gadget.
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