Jeanne Martin Cissé, femme d’exception et pionnière de l’Indépendance
Conakry, 29 Sept (AGP)- On ne saurait parler de l’indépendance de la Guinée en 1958 sans évoquer la bravoure de ses fils et filles qui ont occupé les premières lignes du front d’un combat dont le succès a permis à toute l’Afrique de se libérer du joug colonial. Des compagnons de l’indépendance aux cotés […] L’article Jeanne Martin Cissé, femme d’exception et pionnière de l’Indépendance est apparu en premier sur AGP GUINEE .
Conakry, 29 Sept (AGP)- On ne saurait parler de l’indépendance de la Guinée en 1958 sans évoquer la bravoure de ses fils et filles qui ont occupé les premières lignes du front d’un combat dont le succès a permis à toute l’Afrique de se libérer du joug colonial. Des compagnons de l’indépendance aux cotés de Sékou Touré, dont les noms et la mémoire continuent d’inspirer les générations successives de notre continent : nous vous en citerons quelques-uns dans cette rubrique, et l’hommage de tous les autres, connus ou anonymes est un sacerdoce…
***Un devoir de mémoire ! ***
La 1ère République a donné une place de choix à la femme. Elle a misé avec justesse sur la valorisation d’une richesse, probablement la plus compétitive, sur la scène internationale pour le succès de sa diplomatie.
Jeanne Martin Cissé est née le 06 avril 1926 à Kankan en Guinée. Elle était l’aînée de sept enfants issus d’une famille musulmane et fonctionnaire, d’un père métis Darricau Martin, employé des PTT de Kankan et d’une mère sage-femme, formée à l’école de médecine de l’AOF, Damayé Soumah.
Jeanne Martin, fréquenta très tôt les écoles de Kankan, en 1940 elle est admise à l’école normale des jeunes filles de l’Afrique (Rufisque) pour devenir institutrice.
Son passage à l’école Rufisque constitua un moment essentiel dans sa formation et son engagement politique et social. Elle eut très tôt le courage de développer parmi les élèves, les premières idées de progrès social et de combat africain. La jeune Jeanne a obtenu son diplôme en 1944, puis affectée à Kankan comme institutrice (1944-1946). Fréquentant le milieu des jeunes fonctionnaires et s’intéressant à la politique, elle eut l’occasion de se rapprocher d’Ahmed Sékou Touré, alors syndicaliste et Mandeïra Keita, préparateur à l’institut français d’Afrique et premier secrétaire RDA de Guinée.
En décembre 1947 elle adhérera au RDA. Sékou Touré, qui passait souvent au Sénégal, avec qui elle gardait un lien, a réussi à la convaincre pour représenter les femmes de l’UDS et RDA au congrès de la fédération internationale démocratique des femmes (FIDF), qui avait eu lieu en octobre 1954 à Asnières.
Jeanne Martin Cissé a été membre du comité d’encadrement de la jeunesse de RDA et elle était particulièrement chargée de l’éducation des jeunes filles.
Parallèlement, élue au bureau de comité de Camayenne (Conakry), elle a gravi progressivement les échelons au sein du Parti Démocratique de Guinée PDG – RDA tout au long de la décennie 1960.
Par cet engagement elle accéda au Comité Central, puis le Bureau Politique National, avant d’être élue députée au parlement en 1968.
Après l’agression du 22 novembre 1970, son mari Ansoumane Touré a été arrêté, emprisonné avant de décéder la même année.
Elle a consacré l’essentiel de sa carrière dans l’action diplomatique et dans les organisations panafricaines des femmes. Jeanne Martin Cissé fut représentante de la Guinée aux Nations Unies, également secrétaire générale de la conférence des Femmes Africaines pendant 12 ans (1962 à 1974).
Dans les années 1970 ses convictions panafricaines se doublent d’une volonté de rapprochements des pays africains avec les mouvements afro-américains. C’est ainsi elle avait fait inviter à Conakry Stokley Carmichael, le leader de Black Panthers et sa femme Myriam Makeba aux festivités nationales.
Elue présidente du comité spécial contre l’apartheid des Nations Unies en 1974, Jeanne Martin Cissé effectuera plusieurs voyages en Europe, en Inde et aux Philippines puis aux Brésil, en Guyane et à Trinité -et -Tobago pour plaider la cause de l’ANC. En 1975 elle reçoit un mandat de visiter les camps de réfugiés de la SWAPO en Angola, puis se rend en Zambie et en Tanzanie. Elle sera le porte-voix de tous ces mouvements de la libération dans des grandes rencontres.
En 1976, suite au décès d’Hadja Mafory Bangoura, Madame Martin Cissé rentre en Guinée, et prend fonctions au ministère des Affaires sociales, où elle avait consenti d’énormes efforts pour la santé de la mère et l’enfant, à la formation professionnelle et à l’alphabétisation des jeunes filles non scolarisées.
A la prise du pouvoir par l’Armée en 1984, Jeanne Martin Cissé a été emprisonnée pendant plus d’un an avec des dignitaires du régime Sékou Touré (avril 1984 mai-1985), puis à nouveau arrêtée quelques mois de sa libération, à la suite du coup d’Etat manqué du colonel Diarra Traoré (numéro 2 de la junte militaire), en juillet 1985.
Dans sa mémoire Jeanne Martin a dénoncé le mauvais traitement infligé aux prisonniers par les militaires. Son admiration et sa loyauté envers le président Sékou Touré sont restées intactes tout au long de sa vie. Elle est décédée le 21 février 2017.
**Aissatou Lamarana SOW **
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- 784 words · 4 min read
- Published
- September 29, 2026
- Byline
- AGP
- Source
- Agp Guinee