Vénus Findy Touré, entrepreneure: l’élégance et l’originalité en viatique
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Vénus Findy Touré s’est forgée un parcours professionnel riche et diversifié, marqué par la formation, la persévérance et le sens de l’engagement. Cadre, entrepreneure et passionnée de mode, elle a construit sa trajectoire entre art, études et responsabilités professionnelles, avec la confiance en soi et le goût de l’effort comme principaux repères.
« Dagay wolou sa bop », aime-t-elle répéter. En wolof, s’aimer soi-même, ou encore avoir confiance en soi. Pour Vénus Findy Touré, cette expression résume une philosophie de vie forgée dès l’enfance et qui continue de guider ses choix. À l’écouter raconter son parcours, l’on devine que la réussite ne se décrète pas. Elle se construit dans l’effort, l’éducation et la capacité à croire en soi. Son prénom, Vénus, porte déjà une histoire. Son père, Mamadou Kémadou Touré, l’a choisi en référence à la déesse de la beauté et à un passage évoqué par l’écrivain Birago Diop dans un de ses poèmes. « Il disait qu’on lui avait amené une Vénus », raconte-t-elle. Findy, son deuxième prénom, est celui de sa grand-mère paternelle. Aînée d’une fratrie de quatre enfants, elle grandit à la Médina avant de rejoindre Keur Massar après le déménagement de sa famille.
Il faut le dire, l’enfance de Findy est profondément marquée par l’art. Son papa, poète et écrivain, nourrit le rêve de voir sa fille devenir artiste. Et pour lui forger une assurance à toute épreuve et dépasser la peur du public, son paternel l’inscrit très tôt à l’École nationale des Arts. Vénus y apprend le piano pendant sept ans et se familiarise avec la scène. Les examens et prestations au Théâtre national Daniel Sorano lui apprennent à affronter le public sans trac. « On nous apprenait à balayer la salle du regard sans jamais nous laisser déstabiliser », se souvient-elle. De cette formation artistique précoce, elle garde une aisance oratoire remarquable et une absence totale de complexe face aux défis.
Forgée par la famille et l’art
Dans cet élan, après son cursus scolaire au lycée Lamine Guèye, Vénus construit son parcours académique et professionnel à force de détermination, payant elle-même ses études supérieures pour obtenir ses diplômes. Grâce à la « Baraka » qu’elle dit rechercher dans toute chose, son entrée dans le monde professionnel intervient tôt. Elle travaille notamment dans une agence de voyages avant de passer cinq années à l’hôtel Radisson de Dakar (Ndlr : actuel Hôtel Noom), où elle se spécialise dans l’organisation de séminaires et d’événements. C’est dans cet environnement qu’elle est remarquée pour ses qualités professionnelles et son sens du service. Une rencontre va alors changer la trajectoire de sa carrière. Elle rejoint l’Artp, où elle évolue depuis une douzaine d’années. Aujourd’hui, assistante du président du Collège de l’organisme de régulation, elle évolue au cœur des dossiers stratégiques avec un professionnalisme irréprochable.
Entrepreneure
Mais réduire Vénus Touré à son activité professionnelle serait méconnaître une personnalité aux multiples facettes. En 2014, elle crée « Vénus Univers », une marque africaine de vêtements. Des pièces confectionnées au Sénégal sont proposées à une clientèle au-delà des frontières, notamment à travers des ventes privées à Abidjan et au Canada. La marque revendique une identité « Made in Africa », avec également des collaborations avec des tailleurs établis en Côte d’Ivoire. La mode, à vrai dire, n’est pas étrangère à l’histoire de l’entrepreneure. Plus jeune, elle a défilé et participé à différents concours. La musique, elle aussi, demeure présente. « J’adore la musique », confie-t-elle. Deux univers qui prolongent, à leur manière, l’éducation artistique reçue.
Défenseuse de l’originalité
Avec la confiance et son sens des responsabilités acquis très tôt, Vénus nourrit aujourd’hui un discours sur la dépigmentation. Selon elle, la beauté d’une personne ne saurait être appréciée uniquement à l’aune de la couleur de sa peau. C’est ainsi qu’elle assume son teint naturel et encourage les femmes à prendre soin de leur peau sans chercher à la modifier artificiellement. « La vraie beauté, c’est la confiance en soi », martèle-t-elle. Pour elle, la pression sociale, le regard du conjoint, des proches ou encore l’image véhiculée par certaines séries télévisées peuvent alimenter les complexes. Elle insiste surtout sur le rôle des parents. Il faut, selon elle, apprendre très tôt aux enfants à s’aimer et à valoriser leurs qualités plutôt que leurs supposés défauts.
À 45 ans, mère accomplie de deux garçons qu’elle a élevés avec le sens de l’effort et de la dignité, Vénus Findy Touré continue d’avancer, guidée par le goût de l’effort et le sens des sacrifices. « Dans la vie, le repos n’est pas une option tant qu’il reste du savoir à acquérir et des projets à bâtir », insiste-t-elle. Une femme de tête et de cœur, inspirante, qui laisse forcément une empreinte positive dans le cœur et l’esprit de toute personne qu’elle rencontre.
Par Souleymane WANE
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About this article
- Length
- 796 words · 4 min read
- Published
- October 12, 2026
- Byline
- Cheikh Gora DIOP
- Source
- Soleil