Tribunal de Thiès : Une affaire d'injures et de morcellement d'un champ se termine par une relaxe générale
Le chef du village de Keur Birima, A. Fall, et ses quatre enfants — D. Fall, AL. Fall, E. Fall et N. Fall — ont comparu ce lundi devant le tribunal d’instance de Thiès. Ils étaient poursuivis pour violences et voies de fait ainsi que pour injures non publiques, à la suite d’une plainte déposée par A. Ndiaye, un habitant du village situé dans la commune de Notto-Diobass.
À l’origine de cette affaire se trouve un litige foncier. Selon les déclarations de la partie civile, le chef de village et ses enfants se seraient rendus dans son champ alors qu’il y effectuait des démarches de bornage avec un géomètre en vue du morcellement de la parcelle. Les prévenus auraient alors interrompu les travaux de l'expert tout en proférant des injures.
À la barre, A. Fall et ses quatre enfants ont rejeté catégoriquement les accusations portées contre eux.
A. Fall a expliqué que le terrain litigieux relevait du domaine national et appartenait à la collectivité villageoise.
Ayant constaté que A. Ndiaye cherchait à morceler l'espace pour en commercialiser des parcelles, il affirme avoir saisi les autorités administratives et municipales de Notto-Diobass.
Malgré ces démarches, A. Ndiaye aurait poursuivi ses opérations. Le chef de village a par ailleurs nié l'utilisation d'un quelconque langage injurieux. Ses quatre enfants ont tenu le même discours, précisant s'être opposés à l'intervention du géomètre au motif que le plaignant ne disposait pas des autorisations légales requises pour procéder à un lotissement.
De son côté, A. Ndiaye a soutenu être détenteur d’une délibération portant sur un terrain à usage agricole, précisant avoir engagé des démarches auprès de la mairie pour en changer l'affectation en zone d'habitation. Il a toutefois reconnu que cette procédure administrative d'autorisation était toujours en cours.
Le juge a vivement rappelé le plaignant à l'ordre, lui signifiant qu'il lui était juridiquement interdit d'entamer un morcellement avant l'aboutissement officiel de sa demande auprès des services municipaux.
Après les réquisitions du procureur de la République sollicitant l’application de la loi, le tribunal d’instance de Thiès a tranché : il a relaxé le chef de village de Keur Birima et ses quatre enfants au bénéfice du doute.
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