Zoom sur la désillusion dans les coulisses du Palais, le pari raté de Bassirou Diomaye Faye

En soutenant la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, Bassirou Diomaye Faye avait fait un choix diplomatique lourd de conséquences politiques. Le retrait de l’ancien président, annoncé le 17 octobre 2026, relance les interrogations sur les bénéfices réels de ce soutien pour le chef de l’État sénégalais. A-t-il défendu l’intérêt national ou pris un risque politique dont Macky Sall pourrait être le principal bénéficiaire ? Le retrait de Macky Sall de la course au secrétariat général de l’ONU constitue un revers diplomatique pour l’ancien président. Mais au Sénégal, les conséquences de cet épisode dépassent la seule compétition internationale. Elles concernent aussi Bassirou Diomaye Faye, qui avait finalement décidé d’apporter le soutien officiel de l’État à la candidature de son prédécesseur, malgré les tensions politiques héritées de l’alternance de 2024. Au départ, la position du président sénégalais était pourtant marquée par des réserves. En mai 2026, Bassirou Diomaye Faye avait expliqué avoir appris la candidature de Macky Sall par l’intermédiaire de ses homologues africains, dénonçant une forme de pression. Quelques semaines plus tard, après une rencontre avec son prédécesseur, il avait fini par soutenir officiellement sa candidature. Ce revirement avait suscité des critiques dans une partie de l’opinion publique, certains y voyant une contradiction avec les engagements de rupture portés par le nouveau pouvoir.
Un pari diplomatique aux conséquences politiques
En soutenant Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye pouvait défendre l’idée qu’une candidature sénégalaise à une fonction internationale majeure devait dépasser les clivages politiques. Une nomination aurait constitué un succès diplomatique pour le Sénégal et pour le continent africain. Mais ce choix comportait également un risque intérieur. L’ancien président reste associé à douze années de pouvoir dont le bilan politique, économique et judiciaire continue d’alimenter les débats. En lui apportant son soutien, Bassirou Diomaye Faye s’exposait donc à des accusations de rapprochement avec un ancien adversaire, alors qu’une partie de son électorat attendait une rupture claire avec les pratiques de l’ancien régime. Même sans accéder au poste convoité,
Macky Sall
a bénéficié d’une visibilité internationale et d’un soutien officiel de son successeur. Cette séquence lui a permis de revenir au centre de l’actualité sénégalaise et de montrer qu’il demeurait un interlocuteur diplomatique de premier plan. Pour autant, rien ne permet d’affirmer que sa candidature avait été conçue comme un piège tendu à Diomaye Faye. Il serait également excessif de considérer que le président sénégalais a nécessairement perdu sur toute la ligne : son soutien pouvait répondre à une logique de représentation nationale, indépendamment des calculs politiques. Le véritable enjeu se situe désormais sur le terrain politique intérieur. Bassirou Diomaye Faye devra convaincre que son choix relevait de l’intérêt du Sénégal et non d’un arrangement avec son prédécesseur. De son côté, Macky Sall pourrait tenter de capitaliser sur la visibilité acquise durant cette campagne internationale. Le retrait de l’ancien président ne prouve donc pas que Diomaye Faye a été piégé. Il révèle néanmoins le coût politique potentiel d’un soutien accordé à un ancien adversaire. Dans cette séquence, la question essentielle demeure : le Sénégal a-t-il gagné davantage en influence diplomatique qu’il n’a risqué de perdre en crédibilité politique auprès d’une partie de ses citoyens ?
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About this article
- Length
- 528 words · 3 min read
- Published
- October 17, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews