Désenclaver, une dette, pas un luxe (3/3)
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L’isolement de Loboudou Doué n’est donc pas une vue de l’esprit. Pour en sortir, le professeur Gollock propose un plan précis. Il faut d’abord élargir et bitumer la piste existante pour qu’elle supporte le trafic croissant, puis achever le bitumage de la piste Niandane-Boubé dont la première pierre attend depuis des années, et enfin construire des bretelles reliant les villages satellites, Wouro Kellé, Seroum, Bakao, qui pourraient doubler comme digues de protection contre les inondations. Il plaide surtout pour un projet structurant qu’il appelle la « Route du Walo », reliant Fanaye Walo à Podor en passant par Doué, et qui nécessiterait la construction d’un pont sur le Doué à hauteur du village de Niagorga, tant le fleuve, aujourd’hui obstacle physique, est trop souvent à l’origine de drames. Son approche se veut résolument intégrée : « Il ne faut plus traiter les sujets de manière cloisonnée. L’eau n’est pas qu’une menace, c’est une ressource. »
Il imagine ainsi un plan de développement territorial reposant sur trois piliers : des infrastructures « intelligentes », pensées comme des digues doublées de systèmes de drainage ; un développement productif structuré autour de coopératives portées par les femmes et les jeunes ; et une valorisation du patrimoine, tourisme et culture compris, comme source d’emplois durables. Au-delà du seul enjeu touristique, le professeur Gollock rappelle enfin une réalité plus grave : désenclaver cette zone frontalière relève d’un impératif géopolitique. La Mauritanie a déjà construit une route longeant le fleuve et développé d’importants périmètres agricoles sur sa rive. Au Sénégal, insiste-t-il, il urge de sécuriser et développer ce territoire au bénéfice de ses propres populations. Tant que Loboudou Doué restera à la merci de la moindre montée des eaux, ses richesses, riz, poisson, vestiges, paysages, resteront prisonnières d’un recoin que le nom même du village semble avoir prédestiné. Désenclaver, ici, n’est pas un luxe. C’est une dette.
Par Oumar Boubacar NDONGO
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About this article
- Length
- 315 words · 2 min read
- Published
- September 16, 2026
- Byline
- Oumar Boubacar Ndongo
- Source
- Soleil