Contagion
Après de nouvelles journées d’émeutes en France, le rôle de La France Insoumise est de plus en plus questionné, alors
qu’il semble évident pour beaucoup que le parti d’extrême gauche n’hésite pas à souffler sur les brasiers de la contestation et
à tout faire pour empêcher une accalmie de la situation, malgré les dizaines de cas enregistrés d’atteintes non seulement aux biens
mais surtout aux personnes. Toutefois, LFI, comme toujours, se positionne en victime de la situation, invoque des «violences poli
cières» et pointe du doigt le gouvernement, alors que ce dernier n’hésite pas à incriminer nommément les Insoumis dans les déra
pages multiples qui ont fait dégénérer les protestions lycéennes. La France Insoumise espère, par ailleurs, voir cette semaine une
contagion de la mobilisation lycéenne vers d’autres luttes. Le candidat à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, y voit «un
point de ralliement général, un point de départ». Dans une note de blog publiée samedi 3 octobre, il se félicite de l’entrée dans le mou
vement de tous les syndicats étudiants, des syndicats de l’enseignement, et enfin des confédérations syndicales. «Partout, le signal
est donné de la jonction des forces», ajoute-t-il. La France Insoumise en première ligne du mouvement lycéen, espère susci
ter un élan de la jeunesse en vue de la présidentielle. Les lycéens, eux, réclament plus de moyens humains et matériels pour leurs
établissements et dénoncent des inégalités, avec des bâtiments insalubres, des classes surchargées et un manque de personnel
dans des territoires pauvres comme la Seine-Saint-Denis ou le Val de-Marne, d’où le mouvement est parti. Des députés Insoumis qua
drillent donc le terrain depuis le début du mouvement, en particulier dans ces deux départements de la région parisienne où LFI a
obtenu dix élus lors des dernières législatives. C’est cette présence auprès des manifestants lycéens, notamment celle du maire de
Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, auprès des jeunes du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, dont se servent le gouvernement et l’op
position de droite pour tenter de discréditer La France Insoumise en l’accusant de récupérer le mouvement et de pousser, voire
même de participer, aux débordements. Matignon a ainsi affirmé, jeudi 1er octobre, que les Insoumis étaient à «l’origine» du mouve
ment lycéen qui a basculé vers des «violences urbaines». Il s’agit «d’une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra
gauche», ont dénoncé les services du Premier ministre, Sébastien Lecornu, après une cellule de crise, en assurant que cette analyse
est «partagée par les services de renseignement». Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a par ailleurs saisi la justice contre Bally
Bagayoko pour «des faits présumés de provocation à commettre un délit». Il reproche au maire des propos présentant «la réaction vio
lente comme pouvant être une réponse compréhensible ou légitime à l’action des forces de l’ordre». Hier, devant le lycée Paul-Éluard, le
maire LFI avait estimé au micro de BFM que «la violence, à un moment donné, peut être légitime», pour manifester son soutien
aux lycéens mobilisés. «Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux», avait-il aussitôt nuancé. Le gouvernement a de son côté
annoncé inscrire à l’ordre du jour du Sénat dès le mois d’octobre son projet de loi «casseurs-payeurs», tandis que Jean-Luc
Mélenchon a publié, lundi en fin d’après-midi, une longue vidéo sur YouTube pointant du doigt les «violences policières». Pour ce der
nier, la stratégie du «chaos» qu’il préconise depuis près de quinze ans maintenant, n’est pas sans risque, car c’est bien l’«ennemi»,
présumé de LFI qui profite le plus de la situation actuelle en France, le Rassemblement National qui monte toujours dans les sondages
et les intentions de votes après des épisodes de violences urbaines. La crise actuelle a même été une aubaine pour le prési
dent du RN, Jordan Bardella, en ligne de mire d’une «enquête» de Médiapart qui l’accusait d’être l’auteur de SMS antisémites il y trei
ze ans, les émeutes ayant totalement occulté la polémique qui n’intéresse que les médias habituels, les Français étant, eux, préoccu
pés par les violences urbaines et le chaos ambiant.
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- Length
- 666 words · 3 min read
- Published
- October 6, 2026
- Byline
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- Source
- Le jour d'Algérie