
Minim Martap fait encore parler. Depuis quelques jours, les rumeurs de fin de projet circulent sur les réseaux sociaux. Le Pr Fuh Calistus Gentry, ministre des Mines, a tranché le 28 août dernier devant les investisseurs américains. Le message est clair, ce dossier n’est pas mort, et le Cameroun compte bien en tirer profit.
La société Eagle Eyes Asset, qui détient 56% des parts de Canyon Resources dans ce projet minier, veut racheter la totalité des actions. Objectif affiché : sortir de la bourse australienne. Et surtout, ouvrir le capital de Camalco S.A. aux investisseurs camerounais.
Le ministre des Mines a été formel sur ce point à Yaoundé. Cette opération n’aura aucun impact sur l’avancement du projet, a-t-il assuré devant la presse. Le vrai enjeu, c’est ailleurs. L’État camerounais pourra prélever des impôts sur les bonus progressifs générés par chaque transaction, chaque cession d’actions de la société. Un mécanisme fiscal qui, sur le papier, profite directement au Trésor public.
Franchement, c’est une lecture qui tranche avec le narratif catastrophiste qu’on a vu circuler ces derniers jours.
Il y a un vrai décalage entre ce que dit le gouvernement et ce qui se raconte sur les réseaux sociaux. D’un côté, des voix pessimistes annoncent l’arrêt pur et simple du projet. De l’autre, un ministre qui parle de bénéfices renforcés pour l’État. Les deux discours ne peuvent pas être vrais en même temps.
C’est un dossier qui mérite qu’on y revienne avec des chiffres précis sur les montants attendus. Pour l’instant, le gouvernement joue la carte de la transparence offensive, en s’adressant directement aux investisseurs américains plutôt qu’en laissant le doute s’installer. Le signal est clair : Yaoundé ne veut pas perdre le contrôle du narratif sur ce projet stratégique pour la filière bauxite.