La liste des personnalités mêlées dans l’affaire du « Programme Un étudiant, Un ordinateur »

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La commission d'enquête parlementaire sur le programme « Un étudiant, un ordinateur » a ouvert ses auditions ce lundi 5 octobre. Près de 48 milliards de FCFA d'engagements sont passés au crible, sur une période qui s'étend de 2017 à aujourd'hui. Ministres successifs, directeurs, gestionnaires des marchés et agents techniques : voici les responsables dont la gestion est aujourd'hui interrogée, chacun à son niveau, sans qu'aucune faute n'ait à ce stade été établie contre quiconque. Mise en place parmi les six commissions d'enquête validées par le Bureau de l'Assemblée nationale, cette commission examine la passation et l'exécution des marchés liés au programme. Selon la proposition de résolution déposée par le groupe Pastef, les engagements cumulés atteindraient environ 48,5 milliards de FCFA sur huit éditions, soit près de 6 milliards par an. Les députés veulent notamment éclaircir le fonctionnement d'un fonds de garantie de 2 milliards de FCFA domicilié dans une banque de la place, l'existence de treize comptes bancaires liés au dispositif alors que seuls trois apparaîtraient dans les documents officiels, le sort d'un reliquat d'environ 864,8 millions de FCFA et un différend dont le coût pour l'État est estimé à 1,25 milliard de FCFA.
Le niveau politique : les ministres de tutelle successifs
Le programme est porté par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Sur la période couverte par l'enquête, plusieurs ministres se sont succédé à la tête de ce département : Mary Teuw Niane jusqu'en 2019, Cheikh Oumar Hann jusqu'en 2022, Moussa Baldé jusqu'en 2024, puis Abdourahmane Diouf, avant l'arrivée de Daouda Ngom en septembre 2025. À ce titre, chacun a exercé la tutelle politique du programme durant son passage. Il faut toutefois souligner un point important : la proposition de résolution qui a créé la commission ne cite nommément aucun ministre. Abdourahmane Diouf, aujourd'hui ministre de l'Énergie et du Pétrole, a été le premier dont le nom a circulé publiquement dans cette affaire. Il s'est dit disposé à répondre à la commission et a réclamé que les auditions soient publiques et retransmises. Il a également mis en cause la gestion de son successeur, Daouda Ngom, affirmant que 20 000 ordinateurs destinés aux étudiants seraient restés plus d'un an au Port autonome de Dakar et que les autorités auraient choisi de verser 250 000 FCFA à chaque étudiant plutôt que de distribuer ce matériel. Ces affirmations restent à vérifier par la commission. Au cœur de la chaîne administrative figure le Pr Abdou Aziz Diouf, alors directeur de l'Enseignement supérieur. Son nom apparaît dans des documents liés à une convention de fourniture d'ordinateurs. Abdourahmane Diouf a publiquement affirmé qu'un contrat de 6 milliards de FCFA aurait été signé par ce responsable, sans en préciser les circonstances, et a demandé que la commission l'interroge directement sur ce point. L'intéressé n'a, à ce jour, pas été entendu publiquement par les députés. La commission a ouvert ses travaux avec l'audition de Mame Penda Ba, directrice du Financement des établissements d'enseignement supérieur. Sa position la place au carrefour des flux financiers du programme, notamment des transferts vers les universités et des paiements aux fournisseurs. C'est lors de cette première journée qu'il a été indiqué que deux contrats concernés totalisaient 5,708 milliards de FCFA hors taxes, et que le programme ne figurait pas dans les plans de passation des marchés.
Le niveau des marchés publics : passation et contrôle
Deux responsables liés à la commande publique sont convoqués ce mardi 6 octobre. Ndèye Sine Diop, ancienne coordonnatrice de la Cellule de passation des marchés du ministère, est appelée à s'expliquer sur la manière dont les acquisitions ont été organisées. Oumar Sakho, directeur de la Direction centrale des marchés publics, est quant à lui entendu en sa qualité de responsable de l'organe chargé du contrôle a priori des marchés de l'État. Ce volet est sans doute le plus délicat du dossier. Le manuel de procédure du programme, actualisé par son comité de pilotage le 6 février 2017, précise en effet que le dispositif ne fonctionne pas comme une commande publique. Si cette lecture est retenue, elle pourrait limiter la portée des griefs liés au non-respect du Code des marchés publics, et déplacer le débat vers la validité même de ce montage et vers les membres du comité de pilotage qui l'ont adopté. Les premières auditions de ce mardi concernent Mamadou Sow et Abo Wade, présentés comme des agents historiques du programme « Sama PC », ancien nom du dispositif devenu « Un étudiant, un ordinateur ». Leur connaissance de l'historique du programme doit permettre aux députés de reconstituer son fonctionnement concret au fil des éditions. La commission entend également Mouhamadou Yaya Sow, directeur des Infrastructures technologiques et des Systèmes d'information de l'Université numérique Cheikh Hamidou Kane. L'établissement, qui accueille un grand nombre d'étudiants bénéficiaires, est directement concerné par la réception, la distribution et l'utilisation des équipements. Au-delà des personnes convoquées, l'enquête devra établir qui a décidé, qui a signé, qui a payé et qui a contrôlé à chaque étape du programme. La nature même du dispositif, son montage bancaire et le rôle du comité de pilotage seront déterminants pour distinguer d'éventuelles fautes individuelles de simples dysfonctionnements de procédure. Parallèlement, des voix de la société civile, à l'image du président du Forum du justiciable, Babacar Ba, plaident pour une saisine de l'
OFNAC
ou du Pool judiciaire financier afin de mener une enquête financière approfondie. Une commission d'enquête parlementaire n'a pas vocation à juger. Ses conclusions peuvent toutefois être transmises à la justice si des infractions sont suspectées. D'ici là, toutes les personnalités citées bénéficient de la présomption d'innocence, et les colonnes de SeneNews leur restent ouvertes pour faire valoir leur version des faits.
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- 943 words · 5 min read
- Published
- October 6, 2026
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- Senenews