Électricité au gaz: L’Algérie, deuxième puissance africaine
Avec 26,46 GW de capacité en service, l’Algérie se place derrière l’Égypte, tandis que le Maroc reste très loin derrière. Cette capacité, arrêtée à fin août 2026, représente environ 22 % du parc gazier en service sur le continent, estimé à 121,5 GW. Le gaz naturel assure près de 99 % de la production d’électricité […]
Avec 26,46 GW de capacité en service, l’Algérie se place derrière l’Égypte, tandis que le Maroc reste
*très loin derrière. Cette capacité, arrêtée à fin août 2026, représente environ 22 % du parc gazier en service *
*sur le continent, estimé à 121,5 GW. Le gaz naturel assure près de 99 % de la production d’électricité *
du pays, soit quelque 95 TWh, un niveau de dépendance qui souligne l’importance stratégique de cette ressource
et du réseau de gazoducs qui l’achemine.
Par Kahina Ait Yahia
L’Algérie occupe la deuxième place en Afrique pour la capacité de production d’électricité à partir du gaz naturel. Elle ne se place que derrière l’Égypte, tandis que le Maroc n’arrive qu’à la neuvième position, avec à peine 870 mégawatts (MW). Ces chiffres sont tirés de données de l’Unité de recherche sur l’énergie (Energy Research Unit), relayées par le média Elayem News.
Le gaz naturel assure environ 99 % de la production d’électricité en Algérie, soit près de 95 térawattheures (TWh). À titre de comparaison, il ne représentait que 11 % du mix électrique marocain en 2025. La capacité gazière en service du Maroc est ainsi près de 30 fois inférieure à celle de l’Algérie.
La capacité gazière en service sur le continent atteint environ 121,5 GW, dont 99,4 GW pour les pays d’Afrique du Nord, soit près de 82 % du total. L’Égypte arrive en tête avec 53,72 GW, soit environ 44 % de la capacité continentale. L’Algérie suit avec 26,46 GW, puis la Libye avec 12,40 GW. À elles trois, ces nations concentrent environ 76 % de la capacité gazière africaine, ce qui traduit la domination nette de l’Afrique du Nord dans ce type de production.
Un atout stratégique porté par les gazoducs
Le gaz naturel est le pilier de l’économie énergétique algérienne. Il alimente le réseau électrique national, nourrit l’industrie, notamment la pétrochimie et les engrais, et constitue l’une des principales sources de recettes en devises du pays. Ce rôle central repose en grande partie sur un réseau d’infrastructures de transport développé de longue date.
Sur le plan intérieur, un maillage de gazoducs relie les gisements du Sahara, dont le vaste champ de Hassi R’Mel, aux centrales électriques, aux zones industrielles et aux foyers du Nord. Cette connexion a permis d’étendre l’accès au gaz et à
l’électricité à l’essentiel du territoire et de soutenir un parc de production à très bas coût de combustible.
À l’international, les gazoducs ont fait de l’Algérie un fournisseur de référence pour l’Europe. Le Transmed (Enrico-Mattei) achemine le gaz vers l’Italie via la Tunisie, tandis que le Medgaz relie directement Béni Saf à Almería, en Espagne. Ces ouvrages, complétés par les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), offrent à Alger des débouchés stables, des contrats de long terme et une position de partenaire énergétique durable pour les pays du sud de l’Europe.
L’avantage des gazoducs tient à leur fiabilité et à leur coût : une fois l’infrastructure amortie, le transport par conduite est plus économique que le GNL sur des distances moyennes, et il crée une interdépendance durable entre producteur et clients. C’est ce socle, à la fois national et exportateur, qui explique la place du gaz dans l’électricité algérienne et dans la stratégie économique du pays.
Le gazoduc transsaharien, projet stratégique selon Tebboune
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué le gazoduc transsaharien (TSGP) qu’il a présenté comme un projet stratégique reliant l’Afrique à l’Europe et susceptible de servir les intérêts du Nigeria et du Niger.
«Nous avons notre gaz à nous, l’Algérie n’est qu’une phase de passage du gazoduc», a-t-il précisé, lors de l’entrevue accordée à des médias nationaux et diffusée samedi soir. «Si on a besoin, on en prendra, mais nous avons notre gaz», a-t-il ajouté.
Sur l’avancement du TSGP, il a indiqué que les travaux préparatoires se poursuivaient du côté algérien et au Niger, notamment pour les études topographiques et les questions de sécurité. «Il ne reste que moins de 1 000 km en Algérie pour relier le gazoduc», a-t-il précisé.
Comparant ce projet au gazoduc envisagé via le Maroc, le Président Tebboune a exprimé des réserves quant à la viabilité de ce dernier. «S’ils veulent réaliser un autre projet qu’ils le fassent. Notre projet sera concrétisé car c’est un projet économique», a-t-il affirmé. Selon lui, le projet de gazoduc marocain traversera 14 pays, chacun d’eux prendra 5 % en plus du paiement du droit de passage. «Que restera-t-il à l’arrivée ? Du vent !», a-t-il dit.
Sur le volet énergétique, le chef de l’État a réaffirmé la position de l’Algérie au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), mettant en avant une approche fondée sur la responsabilité et la stabilité du marché. «L’Algérie est un pays responsable et on est intégré dans les décisions majoritaires des membres de l’Organisation», a-t-il déclaré.
Il a également souligné la volonté algérienne d’atténuer les tensions sur les marchés pétroliers : «Nous essayons d’apaiser les tensions pour que les faibles ne souffrent pas des hausses des prix du pétrole». «L’Algérie est un pays qui cherche la paix et la stabilité», a-t-il assuré.
Un avantage de coût structurel
Grâce à d’importantes réserves et à son réseau de gazoducs, l’Algérie peut alimenter ses centrales à un coût très compétitif. Cela soutient une électricité abordable pour les ménages et l’industrie, dans un pays où les tarifs restent encadrés. La capacité installée accompagne aussi l’industrialisation, le dessalement de l’eau de mer et la demande croissante, notamment lors des pics estivaux.
Une électricité à coût maîtrisé est un argument pour attirer des investissements dans les industries énergivores (engrais, ciment, sidérurgie, transformation), à condition que la fiabilité du réseau et la modernisation du parc de production suivent.
Depuis la crise énergétique européenne de 2022, l’Algérie est devenue un fournisseur clé de gaz pour le sud de l’Europe, notamment l’Italie et l’Espagne, via le Transmed, le Medgaz et le GNL. La solidité de son système électrique interne est la condition de cette fiabilité : un pays qui sécurise ses propres besoins peut honorer ses engagements extérieurs avec plus de sérénité.
Le classement confirme le poids de l’Afrique du Nord, qui détient plus de 80 % de la capacité gazière du continent, et place l’Algérie dans le trio de tête avec l’Égypte et la Libye. Cette position renforce son rôle potentiel dans les projets d’intégration énergétique africaine, qu’il s’agisse du gazoduc transsaharien vers le Niger et le Nigeria, des interconnexions électriques ou de l’exportation d’électricité vers ses voisins.
Dans un contexte de recomposition des approvisionnements mondiaux, la maîtrise de la chaîne gaz-électricité a donné à Alger du poids dans ses partenariats avec l’Europe, l’Afrique subsaharienne et d’autres partenaires. Cette position gagnerait à être consolidée par la diversification, afin de ne pas lier durablement la puissance énergétique du pays à une seule ressource.
K. A. Y.
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- 1,131 words · 6 min read
- Published
- October 5, 2026
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- Source
- Le jour d'Algérie