Un diplomate révèle pourquoi le Makhzen a été contraint de voter contre lui-même à l’ONU
Par Nabil D. – «Le Maroc a voté pour cette résolution [A/C.4/81/L.4] pour éviter de paraître totalement isolé aux côtés des Etats-Unis et d’Israël.» C’est par ce constat sans concession qu’un diplomate sahraoui explique le choix paradoxal du régime de Rabat lors du récent scrutin à l’Assemblée générale des Nations ... Lire la suite
Par Nabil D. – «Le Maroc a voté pour cette résolution [A/C.4/81/L.4] pour éviter de paraître totalement isolé aux côtés des Etats-Unis et d’Israël.» C’est par ce constat sans concession qu’un diplomate sahraoui explique le choix paradoxal du régime de Rabat lors du récent scrutin à l’Assemblée générale des Nations unies. En votant «oui» à un texte qui réaffirme que la question du Sahara Occidental est une affaire de décolonisation, le Makhzen a textuellement voté contre ses propres thèses. Une décision dictée non pas par conviction, mais par la contrainte géopolitique face à une écrasante majorité de 154 pays.
Le diplomate sahraoui met en lumière la contradiction flagrante dans laquelle s’est enfermé le délégué marocain. «Quel est le contenu de cette résolution ?», s’interroge-t-il, avant de rappeler que le texte affirme «en termes clairs et en toute clarté» que le conflit relève de la décolonisation. Plus contraignant encore pour le Maroc, le document consacre «le droit exclusif du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance» et appelle à une solution négociée entre les deux parties pour concrétiser ce droit. En apposant son bulletin favorable, le Maroc valide juridiquement un processus qu’il combat pourtant sur le terrain depuis des décennies.
Pour expliquer ce comportement en apparence irrationnel, le représentant sahraoui balaie l’idée d’une erreur ou d’une panique de la diplomatie marocaine. La raison est strictement stratégique : la peur de l’opprobre international. Le Maroc s’est vu «contraint de s’aligner sur l’immense majorité» des Etats membres. S’il avait choisi de voter non, il se serait retrouvé marginalisé, confiné dans un bloc ultra-minoritaire aux côtés de seulement deux alliés. Face au risque d’afficher publiquement une solitude diplomatique totale sur la scène onusienne, Rabat a préféré sacrifier sa doctrine officielle pour se fondre dans la masse.
Cette séquence est saluée par le diplomate comme un succès politique majeur : «C’est une réalité qui s’inscrit à l’actif de la cause sahraouie». Le fait que la puissance occupante soit poussée à signer un texte consacrant le droit à l’autodétermination de ses opposants renforce la légitimité internationale du Front Polisario.
Toutefois, la méfiance face à un régime marocain fourbe l’emporte sur le triomphalisme. Bien qu’il exprime l’espoir de voir ce vote amorcer une «rectification» de la posture marocaine, le diplomate sahraoui reste prudent. «Nos espoirs sont une chose, mais nos prévisions en sont une autre», avertit-il, tout en mettant en garde contre les stratagèmes que pourrait déployer le perfide Makhzen pour contourner ces résolutions réaffirmées devant la communauté internationale.
N. D.
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- 414 words · 2 min read
- Published
- October 22, 2026
- Byline
- Rédaction
- Source
- Algérie Patriotique