Affaire du taxi Coyah-Conakry : 1 an de prison requis contre Seydouba Soumah
Conakry- La phase des plaidoiries et réquisitions dans le procès de Seydouba Soumah et Ibrahima Camara, poursuivis pour « tentative de troubles à l’ordre public », a connu son épilogue ce mercredi 23 septembre 2026 au Tribunal de première instance de Kaloum. Le ministère public a requis un an d’emprisonnement contre Seydouba Soumah et la […]

Conakry- La phase des plaidoiries et réquisitions dans le procès de Seydouba Soumah et Ibrahima Camara, poursuivis pour « tentative de troubles à l’ordre public », a connu son épilogue ce mercredi 23 septembre 2026 au Tribunal de première instance de Kaloum. Le ministère public a requis un an d’emprisonnement contre Seydouba Soumah et la relaxe pour Ibrahima Camara. Le verdict est attendu le 30 septembre prochain.
À l’ouverture de l’audience, Ibrahima Camara, également poursuivi dans ce dossier, n’était pas présent dans la salle.
Prenant la parole pour ses réquisitions, le procureur Issouf Fofana a d’abord relevé l’intérêt suscité par cette affaire sur les réseaux sociaux et dans les médias. « La décision est très attendue parce que la toile a récupéré l’affaire. La presse nationale et internationale en parle », a-t-il déclaré, avant de relever que certains commentaires faisaient état, selon lui, « d’une volonté de politisation de l’affaire ».
Le représentant du ministère public a toutefois tenu à écarter cette lecture du dossier. « Ça n’a rien de politique. C’est un fait de société. C’est une question de sécurité nationale, de quiétude sociale », a-t-il soutenu.
Dans son réquisitoire, Issouf Fofana a également évoqué la question de la liberté d’expression, estimant qu’elle ne pouvait être dissociée de certaines limites. « Les gens confondent libertinage et liberté d’expression. On n’est pas libre de tout dire. On n’est pas libre de s’attaquer à la dignité des gens », a-t-il déclaré.
Poursuivant, il a estimé que certains faits de société prennent aujourd’hui une dimension politique en Guinée. « En Guinée, le menuisier, le maçon, les élèves sont devenus politiques. Les politiques maîtrisent leur art. Monsieur Soumah qui est là n’est pas militant d’un parti politique. Donc, ce n’est pas une affaire politique », a-t-il ajouté.
Le récit du procureur sur les faits
Revenant sur les circonstances ayant conduit à l’arrestation de Seydouba Soumah, le procureur a relaté les échanges qui auraient eu lieu dans un taxi en provenance de Coyah pour Conakry.
Selon lui, le chauffeur aurait affirmé avoir reçu d’une connaissance au Bataillon des troupes aéroportées (BATA) une information faisant état de la survenue possible d’une guerre civile en Guinée entre octobre et novembre. « Le chauffeur de taxi a dit qu’il a un grand au Bataillon des troupes aéroportées (BATA), qui lui a dit qu’entre les mois d’octobre et novembre, il y aurait une guerre civile en Guinée, un bain de sang. Donc, de faire des provisions », a expliqué le procureur.
Selon le ministère public, Seydouba Soumah aurait alors déclaré avoir entendu la même information. « Monsieur Soumah, qui était là, a aussi dit : “Moi aussi, j’ai appris la même chose. C’est pourquoi je cherche 20 millions pour envoyer ma pauvre mère en Côte d’Ivoire et je cherche un sac de riz” », a poursuivi Issouf Fofana.
Toujours selon son récit, une dame présente dans le véhicule aurait demandé aux occupants de dire « Astaghfiroullah ». L’officier qui se trouvait également dans le taxi aurait alors compris, selon le procureur, que les propos concernaient l’ensemble des Guinéens. « Comme il était en civil, il a remonté les informations, de PA en PA. Quand il est descendu, il a appelé un gendarme pour arrêter Monsieur Soumah. Dès qu’il a vu ça, le chauffeur a pris la fuite. Sinon, lui aussi devait être arrêté », a expliqué le procureur.
Pour le représentant du ministère public, ces éléments sont constitutifs d’une « tentative de troubles à l’ordre public ».
« Une planification » selon le ministère public
Pour étayer son réquisitoire, le procureur a ensuite évoqué plusieurs éléments qu’il considère comme révélateurs de l’infraction. « La date est déjà connue. C’est-à-dire qu’il y a une planification, parce qu’ils ont dit entre octobre et novembre. Les faits seront orchestrés par qui ? Les militaires du Bataillon des troupes aéroportées (BATA). Deux personnes venues de milieux différents, connaissant le même événement, pour la même date. Comment il a appris ? Qui lui a dit qu’en octobre ou en novembre, il y aura un bain de sang en Guinée ? », s’est-il interrogé.
Selon lui, le fait que Seydouba Soumah ait évoqué la recherche de provisions démontre qu’il aurait accordé du crédit à cette information. « Monsieur Soumah se prépare à faire des provisions parce qu’il est convaincu que l’ordre public sera troublé. Il refuse de dire ceux qui lui ont donné cette information, parce qu’il est avec eux », a déclaré le procureur.
Issouf Fofana a également dénoncé ce qu’il considère comme des intentions visant à troubler la quiétude du pays. « Les forces du mal, les ennemis de la Guinée ont de mauvaises intentions. Ils n’auront pas le dernier mot. Puisque la terre de Guinée est une terre bénite. Aucun Guinéen ne va prier que ce pays brûle », a-t-il lancé.
Il a ensuite évoqué les conséquences que pourrait avoir une éventuelle crise sur les proches des Guinéens. « Si moi, j’ai un visa pour aller où je veux, mais ma famille, mes amis, mes proches ne peuvent pas faire pareil », a-t-il poursuivi, avant d’estimer que Seydouba Soumah aurait compté sur ceux qui lui auraient transmis l’information pour en tirer «un intérêt».
Un an de prison requis contre Seydouba Soumah
Au terme de son réquisitoire, le ministère public a demandé au tribunal de renvoyer Ibrahima Camara des fins de la poursuite, pour délit non constitué à son encontre.
En revanche, le procureur a demandé que Seydouba Soumah soit déclaré coupable des faits de tentative de troubles à l’ordre public et condamné à un an d’emprisonnement.
À la suite des réquisitions, Seydouba Soumah a pris une dernière fois la parole pour sa défense. « Monsieur le Président, je n’ai pas pour comportement tout ce que le procureur vient de dire. J’ai quitté Coyah pour aller voir ma fiancée. Mais l’humain ne peut pas fuir tout ce que Dieu prévoit pour lui. Je plaide pour qu’on me pardonne », a-t-il déclaré.
Après les différentes interventions, le juge Mamadou Saliou Diallo a renvoyé l’affaire au mercredi 30 septembre 2026 pour le prononcé de la décision.
**Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com **
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About this article
- Length
- 1,017 words · 5 min read
- Published
- September 23, 2026
- Byline
- Abdoul Sylla
- Source
- Guinee7