Décès de Fatiha Slimani, veuve de Driss Basri et figure de l’ombre du pouvoir
Décédée à Rabat, Fatiha Slimani, veuve de Driss Basri, avait accompagné son ascension puis sa disgrâce. Portrait d’une figure de l’ombre et des alliances familiales du pouvoir.

Fatiha Slimani, veuve de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, est décédée à Rabat. Connue sous le nom de Hajja Fatiha, elle avait accompagné l’ascension d’un jeune policier devenu l’un des hommes les plus puissants du règne de Hassan II, puis traversé avec sa famille les années de disgrâce. Son parcours raconte aussi la place des alliances familiales et des influences privées dans le Maroc du pouvoir.
Elle avait épousé Driss Basri avant que son nom ne se confonde avec celui du ministère de l’Intérieur. Fatiha Slimani appartenait à cet entourage familial dont la présence se manifestait davantage dans les résidences et les relations personnelles que dans les cérémonies officielles. Autour de son mariage se rejoignaient plusieurs familles dont les trajectoires allaient croiser celles de l’administration, de la politique et des affaires.
Une alliance entre les familles Slimani, Haddaoui et Basri
Originaire de la région de Benslimane, Fatiha Slimani avait partagé les premières années de la carrière de son époux, bien avant leur installation dans la résidence de la route des Zaërs, à Rabat.
Dans une enquête publiée le 18 février 2005, intitulée « La famille, le plus grand parti du Maroc », La Vie éco rappelait qu’elle était la nièce de Mohamed El Haddaoui, ancien directeur de cabinet de Mohamed Oufkir et ancien directeur de la justice militaire. Le journal inscrivait son union avec le jeune commissaire Driss Basri dans l’histoire des alliances entre les familles Basri, Slimani et Haddaoui. Ce même réseau familial comptait Abdelmoughit Slimani, ancien président de la Communauté urbaine de Casablanca.
De son mariage avec Driss Basri sont nés cinq enfants : Hicham, Taoufik, Khalid, Ouidad et Soukaïna. Une famille qui grandit au rythme de l’ascension du père, puis connut les conséquences de son éloignement du pouvoir.
Une présence influente dans l’entourage du ministre
À la tête de l’Intérieur de 1979 à 1999, Driss Basri occupa une place centrale dans le dispositif politique et sécuritaire de feu Roi Hassan II. Son nom reste associé au contrôle de la vie politique et aux violations des droits humains des années de plomb. Fatiha Slimani partagea le quotidien de cet homme dont le domicile constituait aussi un lieu de rencontres et de sollicitations.
Dans un portrait publié par Al Akhbar le 31 juillet 2015, Lahcen Brouksy, ancien conseiller de Basri, décrivait son rôle dans la résidence de la route des Zaërs. Elle supervisait l’organisation de la maison, connaissait les visiteurs et intervenait jusque dans la durée des réunions. Le quotidien rapportait également qu’elle répondait aux appels destinés à son époux et lui donnait son avis sur certaines rencontres.
L’après-1999, entre disgrâce et affaires judiciaires
Le limogeage de Driss Basri, le 9 novembre 1999, quelques mois après l’accession au trône de SM le Roi Mohammed VI, bouleverse la position de la famille. L’ancien ministre finit par s’installer en France, où il multiplie les entretiens sur son parcours et sa rupture avec les nouveaux responsables du pouvoir.
Le nom de Fatiha Slimani apparaît également dans les archives du dossier Slimani-Laâfora. Le 10 janvier 2005, Aujourd’hui le Maroc rapporte sa convocation par le juge d’instruction Jamal Serhane, à Casablanca, après les déclarations d’un accusé concernant des agréments de transport et des cessions de terrains communaux. Le quotidien précise qu’aucune charge n’était alors retenue contre elle et que le magistrat souhaitait recueillir sa version des faits.
Driss Basri meurt le 27 août 2007, en région parisienne. Il est inhumé deux jours plus tard à Rabat. Fatiha Slimani lui aura survécu dix-neuf ans.
Du changement intervenu dans leur vie, Lahcen Brouksy avait livré un témoignage éclairant. Lorsqu’il lui rendait visite après l’éviction de son époux, elle lui décrivait une maison moins fréquentée et un téléphone devenu silencieux. L’ancien conseiller en tirait ce constat : beaucoup de visiteurs avaient été les amis du ministre davantage que ceux de l’homme.
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- 638 words · 3 min read
- Published
- November 6, 2026
- Byline
- Rédaction
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- le1