
Le Tribunal militaire de Yaoundé change de commissaire du gouvernement. Dans une série de décrets présidentiels publiés le 31 août 2026, Paul Biya a nommé Atemengue Omgba André Eric à ce poste stratégique de la justice militaire. Il succède à Cerlin Belinga, désormais promu vice-président et juge d’instruction au Tribunal militaire de Maroua.
Cette nomination intervient dans un contexte particulier. Depuis l’ouverture du procès relatif à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, le Tribunal militaire de Yaoundé a connu plusieurs mouvements au sein de son équipe judiciaire. Comme le relève le quotidien Mutations dans son édition du mardi 1er septembre, le dossier a été marqué par une succession de changements parmi les principaux acteurs chargés de son instruction et de son jugement. Selon le journal, « à chaque étape, un nouveau départ ». Le directeur de la justice militaire a quitté ses fonctions, suivi par deux juges d’instruction, puis par le greffier du dossier. Avec le départ de Cerlin Belinga, c’est désormais le commissaire du gouvernement qui est remplacé.
Enlevé puis assassiné en janvier 2023, le journaliste Martinez Zogo est au centre de l’une des affaires judiciaires les plus médiatisées de l’histoire récente du Cameroun. Trois ans après les faits, le procès se poursuit devant le Tribunal militaire de Yaoundé sans qu’un jugement définitif n’ait encore été rendu. Les nombreuses audiences, les demandes de renvoi et les évolutions au sein de l’équipe judiciaire ont contribué à prolonger une procédure suivie de près par l’opinion publique. Dans ce contexte, la nomination d’un nouveau commissaire du gouvernement suscite naturellement des interrogations sur la suite des débats judiciaires.
Cette décision s’inscrit dans une série de décrets signés le 31 août par Paul Biya, touchant plusieurs secteurs stratégiques de l’État. Le chef de l’État a notamment procédé à plusieurs nominations et rappels d’officiers supérieurs des Forces de défense, en particulier parmi les attachés de défense en poste dans les représentations diplomatiques camerounaises à l’étranger.
Ces mouvements interviennent quelques jours après le retour du président de la République au Cameroun, à l’issue de plus de 70 jours passés en Europe. Pour plusieurs observateurs, ces réaménagements administratifs pourraient constituer les premiers signes d’une recomposition plus large de l’appareil d’État. Certains analystes y voient les prémices du remaniement ministériel annoncé depuis plusieurs mois et toujours attendu, notamment depuis que Paul Biya avait évoqué, dans son discours à la jeunesse du 11 février dernier, la formation d’un nouveau gouvernement « dans les prochains jours ».