Patrimoine culturel : le CIRD et les étudiants en master entament la revue documentaire par la Bibliothèque nationale
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Les travaux de recherche documentaire et de revue de littérature sur le patrimoine culturel guinéen ont démarré ce lundi, 26 octobre 2026, à la Bibliothèque nationale. Pendant trois jours, les chercheurs vont identifier et résumer les écrits existants sur le patrimoine. Cette étape s’inscrit dans le programme de recensement, de documentation et de numérisation du patrimoine culturel de la République de Guinée, initié par le ministère de la Culture et mis en œuvre par le Centre international de recherche et documentation (CIRD), partenaire du ministère. Après une formation sur la thématique, les étudiants du master en gestion et conservation du patrimoine (GESCOP), première promotion de cette filière et bénéficiaires du programme, passent à la pratique. Ils se sont retrouvés pour cette revue en présence des cadres à l’origine du projet, dont la fondatrice du CIRD, Dre Safiatou Diallo, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.
L’accueil de cette séance de travail revenait à la Bibliothèque nationale. Son directeur général, Daouda Tamsir Niane, a salué la démarche et rappelé l’enjeu pour son institution.
Daouda Tamsir Niane, directeur général de la bibliothèque nationale
« Nous sommes très heureux de leur visite aujourd’hui, qui rentre dans le grand programme, le grand chantier initié par le ministère de la Culture. Le recensement de notre patrimoine culturel et plus particulièrement chez nous ici, le recensement du patrimoine documentaire. Il faut savoir qu’il faut documenter, il faut déjà savoir ce qui se trouve dans nos fonds documentaires. Bien entendu, on a eu une idée globale des fonds documentaires, mais de manière non exhaustive, ce n’est pas si évident que cela. Il est donc temps de faire un recensement exhaustif de ce qui est là et cela nous permettra d’aller vers la valorisation, qui consiste à utiliser les technologies d’aujourd’hui pour collecter, valoriser, conserver et transmettre ce patrimoine-là. Je pense à la digitalisation. Je pense que le ministère a eu une très bonne idée de lancer ce programme », a-t-il déclaré.
Il a ensuite insisté sur le rôle des futurs cadres du patrimoine.
« C’est un master qui a été lancé il y a quelque temps au niveau de l’Université guinéenne de gestion et de conservation du patrimoine. Ce master nous permet d’avoir des cadres qui vont pouvoir gérer notre patrimoine culturel. Et on est très content qu’ils viennent sur le terrain, dans des institutions comme la nôtre, pour justement connaître ce qui est existant et le valoriser. Nous allons aussi le préserver, parce qu’il est très important de pouvoir le transmettre à la génération future, parce que c’est notre responsabilité à tous », a souligné Daouda Tamsir Niane.
Côté préparation, le point focal du projet au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Ismaïlou Baldé, directeur général de l’Institut de recherche sur le patrimoine en linguistique appliquée, a expliqué comment les étudiants ont été préparés.
Ismaïlou Baldé, directeur général de l’Institut de recherche sur le patrimoine en linguistique appliquée
« En prélude à la grande campagne de recensement de ce patrimoine, les membres des comités techniques se sont retrouvés et nous avons pris l’initiative de former les étudiants, de faire un travail de revue de littérature pour savoir ce qui a été fait sur les différents types de patrimoine avant de les mettre sur le terrain. En termes de préalable, il a été question de réunir les potentiels candidats à ce travail de revue documentaire pour savoir quelle idée ils en ont, comment cela doit se faire. Nous avons tenu une session pour leur dire les directives pour collecter les informations sur les ouvrages, des articles et même dans les bibliothèques ou en ligne, qui permettent de connaître davantage ce qui a été fait en termes de recherche sur le patrimoine », a-t-il expliqué.
Allant plus loin, il a aussi détaillé l’utilité concrète de ce travail pour le futur inventaire.
« L’important dans ce programme, c’est de savoir quels sont les biens qui ont été étudiés, ou très bien étudiés, quels sont ceux qui ont été faiblement étudiés, quels sont ceux qui n’ont pas été du tout étudiés. Cela oriente déjà une piste pour programmer l’inventaire. Qu’est-ce qu’on peut trouver dans telle aire culturelle, qu’est-ce qu’on pourrait trouver dans telle autre aire culturelle. Voilà l’intérêt de savoir déjà le travail qui est fait. Comme tout travail scientifique, il faut une revue, savoir ce que les pères ont étudié avant nous. Notre message, on encourage les collègues qui sont là à bien apprendre, parce que cela permettra à l’inventaire d’être bien fait, mais aussi, en quelque sorte, cela les outille dans les travaux futurs. Ce sont des candidats, des étudiants en master, des candidats à la thèse, et on ne peut pas faire ces études plus poussées sans être outillé en termes de revue documentaire », a-t-il martelé.
Aboubakar Sidiki Condé, directeur national de la culture et du patrimoine historique, est lui-même bénéficiaire du programme, en tant qu’étudiant en master en gestion et conservation du patrimoine (GESCOP) au compte du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat. Il a replacé cette initiative dans la vision des autorités.
Aboubakar Sidiki Condé, directeur national de la culture et du patrimoine historique
« Tout naturellement, ce programme de recensement, de documentation et de numérisation de notre patrimoine culturel national est un important projet qui, à travers le ministère de la Culture, est mis en œuvre par le CIRD. Cela veut dire qu’il est important qu’une masse critique d’intellectuels soit formée pour essayer vraiment, à travers ce programme, d’identifier l’essentiel des éléments et des biens de notre patrimoine afin d’en faire un outil de développement national. Parce qu’il est important de le rappeler, le président de la République, à travers le ministre Moussa Moïse Sylla, a instruit de faire aujourd’hui de la culture un élément non seulement de création de richesse, mais aussi de renforcement de la cohésion nationale. C’est pourquoi le ministère de la Culture a tenu à ce que ces cadres soient inscrits en gestion et conservation du patrimoine, pour que ce soient vraiment les premiers cadres à participer à cet important programme d’identification et de validation du patrimoine », a-t-il confié.
Enfin, la parole est revenue aux étudiants. Amadou Kendessa Diallo, étudiant en GESCOP et rédacteur en chef du journal Horoya, a exprimé l’engagement de sa promotion.
Amadou Kendessa Diallo, étudiant en GESCOP et rédacteur en chef du journal Horoya
« Quand on parle du patrimoine, on parle de quelque chose d’important. Nous sommes la première promotion de ce master en gestion et conservation du patrimoine. Vous savez qu’en Guinée, on en a beaucoup, mais qu’ils ne sont pas valorisés. L’objectif, c’était d’identifier, documenter et valoriser l’ensemble des patrimoines de la République de Guinée. En prélude au programme national de recensement, documentation et numérisation du patrimoine culturel de la République de Guinée, le CIRD, en partenariat avec le ministère de la Culture, a initié ce programme dans le but d’aider la République de Guinée à identifier tous ces patrimoines afin qu’ils soient valorisés comme dans d’autres pays. Vous savez que c’est très important », a-t-il déclaré.
Amadou Kendessa Diallo, a conclu par un message à ses camarades.
« La formation que nous avons suivie et que nous sommes en train d’appliquer aujourd’hui va nous permettre à tous d’avoir des compétences qui nous serviront prochainement dans nos futures recherches, parce que nous sommes appelés à faire des recherches en patrimoine, que ce soit matériel ou immatériel. J’invite donc mes collègues étudiants du GESCOP à bien s’intéresser à ces formations, et à bien s’appliquer pour la pratique afin qu’on puisse donner des résultats probants en ce qui concerne cette revue qui est en train d’être faite », a-t-il martelé.
Cette revue documentaire constitue une étape préparatoire au recensement du patrimoine culturel guinéen. Elle permettra de savoir quels biens ont déjà fait l’objet de recherches, afin d’orienter l’inventaire à venir. Toutes les bibliothèques et tous les centres de recherche de la République de Guinée seront consultés.
Mariama Barry pour Guineematin.com
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- 1,351 words · 7 min read
- Published
- October 26, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com