« Encore une fois, des amateurs » : Lesjongard épingle la cacophonie gouvernementale
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En trois jours, le gouvernement aura dit une chose, puis son contraire, puis rien du tout. La séquence, documentée date par date, résume à elle seule le reproche que lui adresse le député de l’opposition Joe Lesjongard : un exécutif qui ne parvient plus à tenir ses propres décisions.
Le 14 octobre, le Conseil des ministres annonce son intention d’abaisser de 14 à 12 ans l’âge à partir duquel un enfant peut être poursuivi et condamné, dans le sillage des émeutes qui ont impliqué plusieurs mineurs.
Le 16 octobre, revirement. Le même Conseil des ministres fait machine arrière et opte pour la consultation. Le communiqué officiel indique : « Following discussions, Cabinet has decided to have wider consultations and has, therefore, agreed to a motion being made at the next sitting of the National Assembly for the setting up of a Select Committee to look into the root causes of juvenile delinquency and violence. » Une motion devait donc être présentée dès la prochaine séance, soit mardi prochain, pour créer un comité restreint chargé d’examiner les causes profondes de la délinquance juvénile et de la violence.
Le 16 octobre toujours, troisième temps : dans l’order paper de l’Assemblée nationale, cette motion n’apparaît nulle part. Annoncée le matin, introuvable le soir sur le document qui fixe les travaux du Parlement.
C’est ce décalage que Joe Lesjongard pointe sans détour. Pour lui, l’épisode illustre une mécanique d’État grippée : un pouvoir qui n’a plus la maîtrise du système politique qu’il a lui-même mis en place, ni de l’administration censée l’exécuter. La fonction publique et l’exécutif politique, estime-t-il, ne fonctionnent plus de concert. Et il en tire une conclusion cinglante, en kreol : « Si zot mem pa pe kapav met enn serye ar enn desizion Konsey de minis, kouma zot panse bann zenn pou ena konfians dan zot ? » Sa formule tient en trois mots : « Ankor enn fwa, zot amater. »
Au-delà de la polémique partisane, le fond mérite d’être rappelé, car il est grave. Abaisser l’âge de la responsabilité pénale à 12 ans n’est pas une mesure technique : c’est un choix de société lourd, qui engage le rapport d’un pays à ses enfants. L’annoncer sous le coup de l’émotion, puis le retirer au profit d’une consultation, puis ne même pas inscrire cette consultation à l’ordre du jour, revient à traiter une question de cette portée au rythme des communiqués. Sur un tel sujet, l’improvisation n’est pas un détail de procédure : c’est le signal qu’une décision touchant des enfants a été maniée sans la rigueur qu’elle exige.
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- 450 words · 2 min read
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- October 17, 2026
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- IONNEWS