
Le président de la FECAFOOT Samuel Eto'o accuse un ancien arbitre militaire d'avoir influencé les matches du Cameroun en Coupe d'Afrique, tandis qu'Alioum Sidi, visé, menace de poursuites judiciaires et réclame des preuves.
Samuel Eto'o accuse. Alioum Sidi se défend. La guerre est déclarée entre les deux figures majeures du football camerounais. Le président de la FECAFOOT a visé un « ancien arbitre, militaire de son état » qu'il soupçonne d'avoir influencé des matches des Lions Indomptables. Alioum Sidi, qui s'est reconnu dans ces propos, menace désormais de traîner l'ancien Ballon d'Or devant la justice.
Le 2 septembre 2026, Samuel Eto'o publie une vidéo qui va secouer tout le football camerounais. Le président de la FECAFOOT y accuse un « ancien arbitre, militaire de son état » d'avoir mené des actions en coulisses pour « nuire aux intérêts du Cameroun ».
Il évoque le 8ᵉ de finale de la dernière CAN masculine, ainsi que des matches de la CAN féminine. Des accusations gravissimes, qui visent à mettre en lumière ce qu'il présente comme une tentative d'influence contre les Lions Indomptables.
Même si Samuel Eto'o n'a pas cité nommément Alioum Sidi, ce dernier n'a eu aucun mal à se reconnaître dans les propos du patron du football camerounais.
Dans un communiqué publié le 3 septembre, le président de l'Association Camerounaise des Arbitres de Football (ACAF) a rejeté avec la plus grande fermeté ces accusations. Il parle d'« une atteinte à son honneur et à son patriotisme ». Fort de ses 20 années de carrière, 6 Coupes du monde et 9 CAN arbitrées, Alioum Sidi demande à Samuel Eto'o de produire les preuves de ses allégations.
L'ancien arbitre international ne s'arrête pas là. Dans un ton qui ne laisse planer aucun doute, il annonce envisager une action en justice pour diffamation. Un passage à l'acte qui transformerait ce conflit verbal en véritable bataille judiciaire.
« Je suis un patriote. J'ai servi mon pays avec honneur pendant deux décennies sur les terrains du monde entier. Je ne laisserai personne salir ma réputation sans réagir. » Une déclaration qui résonne comme un avertissement.
Ce conflit ne date pas d'hier. Depuis près de trois ans, les relations entre la FECAFOOT et l'ACAF sont tendues, notamment autour des arriérés de salaires des arbitres, estimés à 300 millions de FCFA. Un contentieux qui empoisonne les relations entre les deux institutions.
Les arbitres camerounais, qui s'estiment lésés, attendent toujours leur dû. Et cette question financière, jamais résolue, a créé un climat de défiance entre les deux camps.
Le bras de fer entre la FECAFOOT et l'ACAF ne se limite pas aux déclarations publiques. L'association des arbitres est actuellement en procédure contre la FECAFOOT devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
À l'origine de ce recours : la suspension de l'ACAF par la fédération. Une décision qui a été vécue comme une provocation par les arbitres, qui ont alors décidé de saisir la plus haute instance sportive pour défendre leurs droits.
L'accusation de Samuel Eto'o n'est pas banale. Le président de la FECAFOOT évoque des tentatives d'influence « contre les intérêts du Cameroun » lors des dernières CAN masculine et féminine.
Le 8ᵉ de finale Cameroun – Afrique du Sud est cité comme l'un des moments clés où cette influence aurait pu jouer. Une déclaration qui soulève la question : y a-t-il eu des pressions sur les arbitres pendant cette compétition ? Quelles seraient les preuves de ces allégations ?
Ce conflit éclabousse les deux protagonistes. Samuel Eto'o, figure emblématique du football africain, voit sa crédibilité en tant que dirigeant sportif mise en cause s'il ne parvient pas à apporter des preuves de ses accusations.
Alioum Sidi, arbitre respecté sur le continent et dans le monde, voit sa réputation de patriote et de professionnel attaquée. Sa menace de poursuites judiciaires montre à quel point il prend cette affaire à cœur.
Sur les réseaux sociaux, les Camerounais s'emparent du sujet. Les réactions sont partagées entre ceux qui soutiennent l'initiative de Samuel Eto'o et ceux qui dénoncent des accusations sans preuve.
La question des 300 millions de FCFA d'arriérés de salaires revient régulièrement dans les débats. Un sujet qui touche à la condition des arbitres, souvent considérés comme les oubliés du football camerounais.
L'avenir de ce bras de fer dépendra de plusieurs facteurs. Samuel Eto'o apportera-t-il les preuves de ses accusations ? Alioum Sidi ira-t-il jusqu'au procès pour diffamation ? Le TAS rendra-t-il une décision favorable aux arbitres ?
Le football camerounais, déjà fragilisé par des résultats en dents de scie, n'a pas besoin de ces polémiques. Mais le conflit entre les deux ténors semble parti pour durer. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si la raison l'emportera sur les passions.
Au-delà du duel personnel, c'est la crédibilité de la FECAFOOT qui est en jeu. Si Samuel Eto'o ne parvient pas à étayer ses accusations, sa position pourrait s'affaiblir.
À l'inverse, si les allégations se confirment, c'est l'intégrité de l'arbitrage camerounais qui serait ébranlée. Une issue qui ternirait l'image du football du pays sur la scène continentale et internationale.