
À quelques semaines des Jeux olympiques de la jeunesse «Dakar 2026 , prévus du 31 octobre au 13 novembre, la Corniche ouest de Dakar change de visage. La libération de certains espaces autrefois occupés par des activités commerciales redonne de la place aux marcheurs et aux sportifs, avec une question en filigrane : comment préserver durablement cet espace public au bord de l’océan ?
Entre les foulées des joggeurs, les pas des marcheurs et les mouvements des sportifs, la Corniche ouest de Dakar a retrouvé un peu de son souffle.
Le long de cet espace gagné sur le littoral dakarois, les habitants circulent avec davantage d’aisance. Certains viennent courir, d’autres s’entraînent sur les équipements sportifs ou simplement profiter de cette respiration offerte par le front de mer.
Mercredi 26 août, un peu après 18 heures. Après une journée de forte chaleur, les derniers rayons du soleil commencent à décliner. Une légère brise venue de l’océan accompagne les premiers sportifs. Joggeurs, marcheurs, jeunes en tenue de sport et familles se croisent sur l’axe reliant la Place du Souvenir africain au rond-point du Rectorat de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Amsatou Ndiaye fait partie de ceux qui ont adopté ce nouveau rythme. Enseignante établie à Fann Hock, elle vient de terminer sa journée de travail. Casquette noué, elle s’installe sur un équipement sportif et enchaîne les exercices. Les bras travaillent et les jambes suivent. Elle souffle, récupère quelques secondes et reprend.
« Nous avons retrouvé la beauté de notre Corniche. On respire de l’air pur et on s’entraîne dans un cadre sain », se réjouit la quinquagénaire.
À quelques mètres, Seynabou Sall accélère le pas. Cette trentenaire a fait de la marche son rendez-vous régulier. Elle s’arrête devant un équipement, travaille ses jambes, puis reprend son parcours.
Absa Gomis, elle, préfère une allure plus tranquille. À ses côtés, deux adolescents terminent leur course par des étirements. « Je viens régulièrement ici pour marcher. C’est agréable parce qu’on est dehors, avec la mer à côté », confie Mme Gomis, visage en sueur.
Ces scènes racontent une autre vie de la Corniche. Le front de mer n’est plus seulement un axe de circulation longeant l’océan. Il devient aussi un espace de mobilité douce, d’activité physique et de détente.
Dans une capitale dense, où les espaces publics ouverts sont précieux, la Corniche constitue une véritable zone de respiration.
La transformation se lit surtout dans les usages. Des habitants viennent courir avant de rentrer chez eux, marcher après le travail ou entretenir leur condition physique sans avoir à payer une salle de sport.
« On voit maintenant beaucoup de personnes venir pour faire du sport. L’espace paraît plus ouvert », constate Abdou Seck, jeune sportif habitué des lieux.
Thiaba Sambe appartient à cette nouvelle génération d’usagers. Écouteurs aux oreilles, elle profite des installations pour faire quelques exercices avant de rentrer.
« Je peux venir après le travail, faire quelques exercices et rentrer. C’est pratique et cela ne coûte rien», explique-t-elle.
Au-delà des équipements, c’est donc un espace public qui semble retrouver sa fonction. La Corniche offre aux Dakarois un lieu pour bouger, prendre l’air, se retrouver et profiter du littoral.
Une dynamique qui intervient dans le contexte particulier de la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026, mais dont les usagers souhaitent surtout qu’elle survive à la compétition.
Les explications du maire de Mermoz-Sacré-Cœur
Joint par téléphone, le maire de Mermoz-Sacré-Cœur, Alioune Tall, explique que les opérations de désencombrement résultent d’une réflexion et de concertations menées en amont.
« Après des réflexions et rencontres, nous avons estimé qu’il fallait libérer l’emprise », indique-t-il.
Pour l’édile, l’enjeu dépasse la seule préparation des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 . « C’est pratiquement le seul espace dont disposent les populations pour profiter de la mer et de l’air marin », souligne-t-il.
La municipalité a ainsi engagé des actions pour libérer certains secteurs occupés par des installations.
L’opération mobilise la mairie de Mermoz Sacré-Cœur, la mairie de Fann-Amitié-Point E, le ministère de l’Urbanisme et la Ville de Dakar, dans le cadre de l’intercommunalité, avec l’appui des Forces de l’ordre.
Si les Joj donnent une visibilité particulière à la transformation de cette partie du littoral dakarois, le maire la présente comme une action en faveur du cadre de vie et de l’environnement.
« L’objectif est d’améliorer notre cadre de vie et la préservation de notre environnement de façon durable », affirme-t-il.
** Babacar Gueye DIOP**
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