ONU : Macky Sall se retrouve finalement dans une situation peu souhaitable

Bloqué à cinq soutiens après quatre votes indicatifs, l'ancien président sénégalais voit Rebeca Grynspan s'éloigner dans la course au secrétariat général des Nations unies. Entre opposants majoritaires, menace de veto et soutiens fragiles, chaque porte de sortie semble verrouillée. Le 29 septembre 2026, la candidature de Macky Sall a recueilli 5 bulletins « encourage », 9 « discourage » et 1 « no opinion », le même résultat qu'au tour précédent. L'été laissait pourtant espérer mieux, avec 6 voix favorables lors des deux premiers sondages. Or il faut au moins 9 voix au Conseil de sécurité, sans veto d'un membre permanent. Macky Sall doit donc convaincre au moins quatre États qui lui ont déjà dit non. Pendant ce temps, Rebeca Grynspan est passée de 9 à 10 voix favorables et réduit ses avis défavorables de 5 à 3. Derrière elle, Carolyn Rodrigues-Birkett et Rafael Grossi totalisent chacun huit soutiens. Macky Sall se retrouve au niveau de l'Ougandais Olara Otunnu.
Un veto invisible
Le camp Sall combat un adversaire sans visage. Les votes restent anonymes et seul un futur scrutin à bulletins de couleur révélera un éventuel veto, sans jamais désigner le pays concerné. Avec neuf avis défavorables, il est probable qu'une grande puissance figure parmi ses opposants. Washington, qui réclame un profil réformateur et dit ignorer le critère régional, affaiblit en outre l'argument d'un tour de l'Afrique. Sa candidature a été portée par le Burundi, et l'Union africaine ne l'a pas endossée, vingt États ayant rompu la procédure de soutien commun. Au Sénégal, le gouvernement affirmait encore en mars n'avoir jamais soutenu cette candidature. Le revirement n'est venu que le 20 juillet, avec le « plein soutien » annoncé par Bassirou Diomaye Faye, sur fond de rupture avec Ousmane Sonko et de polémique chez les familles de victimes des troubles de 2021 à 2024. Depuis ce ralliement, Macky Sall a perdu une voix favorable et en a vu deux défavorables s'ajouter. Un veto contre Grynspan rouvrirait la course, mais profiterait d'abord à Rodrigues-Birkett et Grossi. Un enlisement reste possible, comme en 2016 où six votes avaient été nécessaires, mais le futur secrétaire général doit entrer en fonction le 1er janvier 2027. Reste l'hypothèse d'un candidat de compromis imposé par les grandes puissances, qui écarterait tous les prétendants actuels. Aucun de ces scénarios ne repose sur
Macky Sall
lui-même, désormais plus dépendant des faux pas de ses rivaux que de ses propres forces.
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About this article
- Length
- 402 words · 2 min read
- Published
- October 5, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews