Déversement d’ordures à Conakry : deux femmes condamnées à nettoyer le pont de Coléah
Conakry-Quatre individus d’origine sierra-léonaise ont été jugés par le tribunal de première instance de Dixinn, ce mardi 29 septembre 2026. Il s’agit de deux hommes et de deux femmes. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de « dégradation des biens relevant du patrimoine public de l’État, déversement d’ordures et d’eaux usées dans les caniveaux […]

Conakry-Quatre individus d’origine sierra-léonaise ont été jugés par le tribunal de première instance de Dixinn, ce mardi 29 septembre 2026. Il s’agit de deux hommes et de deux femmes. Ils sont poursuivis pour des faits présumés de « dégradation des biens relevant du patrimoine public de l’État, déversement d’ordures et d’eaux usées dans les caniveaux ».
Des faits prévus et punis par les articles 07 et 112 de la loi 009/AN du 7 mai 2021 portant répression des fraudes et actes attentatoires, ainsi que par les articles 26 et 27 du Code de la route. Ils ont été placés sous mandat de dépôt le 28 septembre 2026 et ont comparu en flagrant délit.
Fatoumata Doumbouya reconnaît avoir déversé de l’eau sur la chaussée, mais nie avoir déversé des ordures. « J’ai été arrêtée avec ma marchandise sous le pont, au niveau du bloc des professeurs. Je revends du riz là-bas, mais je prépare à côté de l’hôpital », a-t-elle déclaré à la barre.
Selon elle, la femme qui préparait sous le pont a pris la fuite. Des arguments qui n’ont pas convaincu le procureur. Celui-ci a brandi une vidéo montrant la prévenue assise avec un fourneau et une marmite.
Fatoumata Doumbouya a finalement reconnu partiellement les ustensiles de cuisine visibles sur la vidéo. Elle a également affirmé que l’autre femme, qui aurait pris la fuite, travaillait avec elle.
Selon le procureur, des ordures sont régulièrement présentes à cet endroit. « On a trouvé les ordures là-bas quand nous sommes venus le matin. J’ai l’habitude de payer quelqu’un pour qu’il les ramasse et les envoie à la poubelle », s’est défendue la prévenue à la barre, tout en reconnaissant que le dessous du pont n’est pas un lieu approprié pour revendre des marchandises.
De son côté, M’mah Cissé a également nié avoir dégradé une infrastructure publique ou déversé des ordures sur la chaussée. « Ils m’ont arrêtée sous le pont, j’étais partie pour manger. Je suis au bloc, je ne travaille pas là-bas », a déclaré cette prévenue d’origine sierra-léonaise. « Le matin, je l’aide à préparer avant de prendre ma marchandise pour aller revendre », a-t-elle insisté.
Santigui Conté a, lui aussi, adopté une position de dénégation. « Je suis allé là-bas et, pendant que je mangeais, les policiers sont venus déverser mon repas et mon plat avant de me faire monter dans le pick-up. Je n’ai aucun lien avec ces femmes. Je suis étranger ici. Quand je finis de manger, je dépose le sachet d’eau dans l’assiette », s’est-il défendu.
Comme son prédécesseur, Fodé Camara a également nié les faits. « Depuis plusieurs années, je pars manger là-bas. Depuis deux ans, j’achète à manger chez Fatoumata Doumbouya. Elle prépare au bloc et part sous le pont pour revendre. On ne nous a pas avertis qu’on ne devait pas manger là-bas, c’est pourquoi nous y allons », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’il habite au bloc des professeurs.
Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par le substitut Mamadou Yaya Fatoumata Boiro, estime que les faits sont établis à l’encontre des prévenus. Il a ainsi requis que le tribunal les retienne tous dans les liens de la culpabilité et, pour la répression, les condamne à six mois d’emprisonnement, dont cinq mois assortis de sursis, ainsi qu’au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens chacun.
Dans sa décision, le tribunal a déclaré M’mah Cissé et Fatoumata Doumbouya coupables des faits qui leur sont reprochés. Pour la répression, elles ont été condamnées à sept jours de travaux d’intérêt général, notamment au nettoyage du pont de Coléah. Elles seront mises à la disposition de la brigade de salubrité.
En revanche, Santigui Conté et Fodé Camara ont été déclarés non coupables des faits qui leur étaient reprochés. En conséquence, ils ont été renvoyés des fins de la poursuite.
Bhoye Barry pour guinee7.com
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About this article
- Length
- 642 words · 3 min read
- Published
- September 29, 2026
- Byline
- ibrahima Sory Diallo
- Source
- Guinee7