À L’ONU, UNE VISION POUR L’AFRIQUE, UN APPEL À LA DIASPORA Par Jacob Chouaib Coulibaly

AI summary
À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a porté une parole qui dépasse le seul cadre national pour s’inscrire dans la réflexion plus large sur l’avenir de l’Afrique et sur la nécessaire transformation de la gouvernance mondiale.
Son plaidoyer en faveur d’un multilatéralisme renouvelé, d’une représentation plus équitable de l’Afrique dans les instances internationales, ainsi que d’une architecture financière mieux adaptée aux exigences du développement, traduit une conviction essentielle : l’Afrique ne saurait durablement demeurer à la périphérie des espaces où se définissent les règles qui déterminent son avenir.
Cette ambition internationale trouve un prolongement naturel dans la question de la diaspora.
Car la capacité d’un pays à affirmer sa souveraineté, à défendre ses intérêts et à accélérer son développement ne repose pas exclusivement sur les ressources disponibles sur son territoire. Elle dépend également de sa capacité à mobiliser l’ensemble de son capital humain, intellectuel, scientifique, entrepreneurial et financier, où qu’il se trouve.
À cet égard, la diaspora sénégalaise constitue une richesse stratégique considérable. Présente dans les principaux espaces économiques, scientifiques, universitaires et institutionnels du monde, elle dispose d’expertises, d’expériences, de réseaux et de capacités d’influence susceptibles de contribuer significativement à la transformation du Sénégal.
La question n’est donc plus seulement de savoir comment mobiliser les transferts financiers de la diaspora. Elle est désormais de réfléchir aux moyens de valoriser ses compétences, son expertise et son potentiel d’influence au service de l’intérêt national.
C’est précisément ici que le discours présidentiel prend une résonance particulière pour la diaspora.
Lorsque le Sénégal revendique une représentation plus substantielle de l’Afrique dans les espaces internationaux de décision, cette exigence doit également nous conduire à interroger notre propre capacité à intégrer les compétences sénégalaises de l’extérieur dans les processus de réflexion, d’élaboration des politiques publiques et de prise de décision.
La diaspora ne saurait être uniquement un partenaire du développement ; elle doit pouvoir en devenir un acteur pleinement reconnu.
Elle peut contribuer à la diplomatie économique, à l’attractivité des investissements, à l’innovation, à la recherche, au transfert de compétences, à la coopération internationale et au développement des territoires. Elle peut également constituer un puissant vecteur de rayonnement du Sénégal et de projection de ses intérêts dans le monde.
Cette approche rejoint d’ailleurs l’ambition affichée par les pouvoirs publics de mieux mobiliser les compétences et les investissements de la diaspora.
Il convient désormais de franchir une étape supplémentaire : passer d’une logique de mobilisation ponctuelle à une véritable politique stratégique de valorisation de la diaspora.
Une telle politique devrait notamment favoriser les passerelles institutionnelles entre le Sénégal et ses compétences établies à l’étranger, renforcer leur participation aux réflexions stratégiques nationales et créer les conditions d’une contribution plus structurée à la transformation économique, sociale et territoriale du pays.
Ainsi, le message porté par le Président de la République à New York ne doit pas seulement être entendu comme une affirmation de la place du Sénégal et de l’Afrique dans le monde. Il peut également être appréhendé comme une invitation à repenser notre propre conception de la participation citoyenne et de la mobilisation des compétences.
Le Sénégal qui aspire à mieux peser dans les affaires du monde doit également savoir mobiliser pleinement les Sénégalaises et les Sénégalais qui, partout dans le monde, contribuent déjà à son rayonnement.
C’est dans cette perspective que la Commission Stratégie et Études Prospectives – Diaspora entend apporter sa contribution à la réflexion nationale : faire de la diaspora non pas une périphérie du projet national, mais une composante stratégique de la Nation, un réservoir de compétences et un levier d’influence, d’innovation et de développement.
Car l’ambition internationale du Sénégal ne prendra toute sa portée que lorsqu’elle saura s’appuyer sur toutes ses forces vives.
Le Sénégal qui veut compter davantage dans le monde doit aussi savoir compter pleinement sur ses talents à travers le monde.
**Chouaib Coulibaly « Jacob « **
** Président Commission Stratégie et Études Prospectives – KIIRAYE Diaspora**
Follow the story
About this article
- Length
- 660 words · 3 min read
- Published
- September 27, 2026
- Byline
- Xalima
- Source
- Xalima