Casseurs
Après un second samedi de protestations en France, qui ont occasionné bien moins de violence et de dégâts que lors du 17 octobre, les dommages sont toutefois bien là et les commerçants, comme au temps des manifestations des «gilets jaunes» en 2019, demandent des réparations à l’État, qui une fois encore, n’a selon eux pas fourni les effectifs nécessaires pour empêcher les dérapages. Du côté d’une partie de la classe politique, l’on demande surtout à ce que les fomenteurs des violences soient tenus responsables pour les préjudices occasionnés. Le patron des députés Horizons, Laurent Marcangeli, a ainsi suggéré que La France Insoumise contribue financièrement au remboursement des dégâts causés par les manifestations auxquelles le mouvement de gauche radical participe et encourage, les jugeant «solidaires des casseurs», dans une interview à Radio J diffusée hier. Les violences et les pillages survenus le 17 octobre, en marge des manifestations contre la vie chère, ont alimenté les débats politiques ces derniers jours, à l’approche de l’examen au Sénat du projet de loi dit «casseurs-payeurs». Dans cet entretien enregistré vendredi, avant la nouvelle journée de mobilisation, Laurent Marcangeli a affirmé que LFI était la «vitrine légale de l’ultragauche», estimant que Jean-Luc Mélenchon participait à une situation «très insurrectionnelle», pouvant selon lui présenter des caractéristiques de «guerre civile». Il a également reproché à Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, de ne pas avoir condamné l’incendie de la mairie de Limoges lorsqu’elle avait été interrogée à ce sujet par le Premier ministre Sébastien Lecornu. Interrogé sur la possibilité de faire contribuer financièrement LFI lorsque des députés Insoumis participent à des manifestations qui dégénèrent, Laurent Marcangeli a estimé qu’il faudrait «peut-être se poser la question d’utiliser la dotation publique du mouvement pour rembourser les dégâts». «Si vous êtes solidaires des casseurs, puisque visiblement c’est le cas, vous n’avez qu’à participer aux réparations avec vos dotations publiques», a-t-il lancé, soulignant que LFI percevait plus de 4 millions d’euros par an, «de l’argent qui vient de nos impôts». Les partis politiques bénéficient chaque année d’une aide financière de l’État, calculée pour moitié en fonction de leurs résultats aux élections législatives et pour l’autre moitié en fonction du nombre de parlementaires qui leur sont rattachés. À la question de savoir si cette idée pourrait faire l’objet d’une proposition de loi, il a répondu : «Peut-être, pourquoi pas». Le 27 octobre, le Sénat examinera un projet de loi gouvernemental dit «casseurs-payeurs», inspiré du principe défendu par Gabriel Attal «tu casses, tu répares». Ce texte vise notamment à permettre d’engager la responsabilité civile de participants à des rassemblements violents, même lorsqu’ils n’ont pas personnellement commis les dégradations. Toutefois, il est très improbable que cette proposition soit prise au sérieux, surtout que le gouvernement de Macron s’est toujours montré incapable de mettre en place ce type de mesures proposées de longue date. Cela avait notamment été le cas lors des manifestations des «gilets jaunes» qui avaient duré près de dix-huit mois, se déroulant chaque samedi et causant des milliards d’euros de dommages, qui avaient été en partie couverts par l’État et en partie par les compagnies d’assurances. Quant à faire payer un parti pour sa participation dans un mouvement de protestation, cela a encore moins de chance d’aboutir, à moins de six mois des prochaines élections présidentielles où le candidat de LFI est en seconde position dans les intentions de vote (17 %), derrière Marine Le Pen (33,5 %). Mais la montée toujours plus haut dans les sondages de la candidate du Rassemblement National pourrait être plus onéreuse que n’importe quelle facture infligée aux Insoumis, qui en favorisant et encourageant le chaos, offrent une campagne publicitaire gratuite très efficace pour le vote RN.
F. M.
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- 614 words · 3 min read
- Published
- October 25, 2026
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- Source
- Le jour d'Algérie