Qui est Gadi Eisenkot, ce « Marocain » qui pourrait gouverner demain Israël ?
Le nom de Gadi Eisenkot retient désormais l’attention bien au-delà des frontières israéliennes. Cet ancien chef d’état-major, issu d’une famille juive marocaine, apparaît comme l’un des hommes susceptibles de bouleverser l’équilibre politique du pays et de mettre fin à l’ère Benyamin Netanyahou. Selon les premières estimations médiatiques publiées après la fermeture des bureaux de vote, …
Le nom de Gadi Eisenkot retient désormais l’attention bien au-delà des frontières israéliennes. Cet ancien chef d’état-major, issu d’une famille juive marocaine, apparaît comme l’un des hommes susceptibles de bouleverser l’équilibre politique du pays et de mettre fin à l’ère Benyamin Netanyahou. Selon les premières estimations médiatiques publiées après la fermeture des bureaux de vote, le camp de l’opposition qu’il conduit devancerait légèrement celui du Premier ministre sortant. Une avance qui reste à confirmer par les résultats définitifs et qui ne garantit pas, à elle seule, la formation d’une majorité parlementaire.
Des racines marocaines et une carrière militaire au sommet
Gadi Eisenkot, également transcrit Eizenkot, est né le 19 mai 1960 à Tibériade, en Israël. Il est issu d’une famille juive originaire du Maroc : il est le fils d’une mère native de Casablanca et d’un père originaire de Marrakech. Sa famille a émigré au départ de Safi. un héritage qui explique pourquoi certains médias le présentent comme un « Marocain », même si cette expression renvoie ici à ses origines familiales et non nécessairement à sa nationalité actuelle.
Sa carrière s’est construite au sein de l’armée israélienne, où il a progressivement gravi les échelons jusqu’à devenir chef d’état-major des Forces de défense d’Israël, fonction qu’il a occupée de 2015 à 2019. À ce poste stratégique, il a été confronté à plusieurs dossiers majeurs de sécurité régionale, notamment les tensions avec le Hezbollah, la situation en Syrie et les affrontements récurrents autour de la bande de Gaza.
Son parcours lui a permis de cultiver une image de responsable expérimenté, méthodique et attaché à la sécurité nationale. C’est précisément ce capital militaire qu’il cherche aujourd’hui à transformer en légitimité politique.
Le drame de Gaza, une blessure personnelle
La guerre déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023 a profondément marqué sa famille. En décembre de la même année, son plus jeune fils, Gal Eisenkot, réserviste engagé dans les opérations militaires à Gaza, ainsi que son neveu, ont été tués dans le conflit.
Cette tragédie a donné une dimension personnelle à son regard sur la conduite de la guerre. Eisenkot a rejoint le gouvernement d’urgence constitué après le 7 octobre, intégrant le cabinet de guerre aux côtés de Benyamin Netanyahou et d’autres responsables politiques.
Mais cette participation n’a pas duré. En juin 2024, il a quitté le gouvernement avec Benny Gantz, dénonçant notamment l’absence d’une stratégie politique et militaire suffisamment claire pour l’après-guerre à Gaza. Il a également contesté la manière dont les décisions étaient prises au sommet de l’exécutif.
Yashar, le pari d’une alternative à Netanyahou
En septembre 2025, Eisenkot a lancé son propre mouvement politique, Yashar, avec l’ambition de proposer une alternative au leadership de Netanyahou. Son discours met en avant la sécurité, la responsabilité gouvernementale, la restauration de la confiance publique et la nécessité de tirer les leçons des défaillances ayant précédé les attaques du 7 octobre.
Son positionnement est souvent décrit comme centriste ou de centre droit, avec une approche pragmatique de la gouvernance et une forte culture sécuritaire. Il serait toutefois erroné de le présenter comme un dirigeant favorable à toutes les concessions territoriales ou comme un partisan clairement établi de la solution à deux États.
Ses positions sur la question palestinienne, les colonies israéliennes en Cisjordanie et les conditions d’un éventuel règlement du conflit demeurent particulièrement importantes pour comprendre les limites de son projet politique. Son opposition à Netanyahou ne signifie pas, en elle-même, une rupture avec les grandes orientations sécuritaires et territoriales défendues par une partie de la droite israélienne..
Un héritage marocain, mais quelle politique pour le Proche-Orient ?
L’ascendance marocaine de Gadi Eisenkot constitue un élément biographique notable dans un pays où les origines des responsables politiques reflètent la diversité des communautés juives ayant contribué à la formation de la société israélienne.
Pour autant, ses racines ne permettent pas de présumer de sa politique à l’égard du Maroc, du monde arabe ou de la question palestinienne. Son parcours public est d’abord celui d’un militaire devenu responsable politique, dont les priorités sont la sécurité d’Israël, la conduite de la guerre et la réforme du leadership national.
Pour le Maroc, il serait donc prématuré de tirer des conclusions diplomatiques de ses origines familiales. Les relations entre Rabat et tout éventuel nouveau gouvernement israélien dépendraient avant tout de ses décisions concrètes, de l’évolution de la guerre à Gaza et de la dynamique régionale.
Abderrazzak Boussaid/Le7tv
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- 732 words · 4 min read
- Published
- October 27, 2026
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