Luc Briard : « La Guinée est un pays souverain. Nous ne donnons pas de leçons, ni d’injonctions, nous dialoguons »

Interrogé sur la position de la France face aux violations des droits de l’Homme en Guinée, Luc Briard a défendu l’action de son pays, rappelé sa réaction lors de la découverte de fosses communes et insisté sur le dialogue avec les autorités guinéennes.
En marge du lancement de la campagne « Études en France » 2026-2027, une conférence de presse s’est tenue ce jeudi 8 octobre 2026 à Conakry.
À cette occasion, Luc Briard, ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, a été interrogé sur la position de Paris concernant les droits de l’Homme en Guinée, notamment les cas de disparitions forcées.
En réponse, le diplomate a rejeté l’idée d’un silence de la France sur ces dossiers. Il a notamment rappelé la réaction de son pays à la suite de la découverte de fosses communes.
« Quel est le pays qui, lors de la découverte des fosses communes, a pris la parole ? C’est la France, on est les seuls », a-t-il déclaré.
Luc Briard a également évoqué l’Examen périodique universel (EPU), au cours duquel les autorités guinéennes ont accepté une recommandation formulée par la France portant sur la transparence des enquêtes relatives aux disparitions forcées.
« Nous avons d’ailleurs, lors de l’Examen périodique universel, parce que nous croyons au multilatéralisme, les autorités guinéennes croient au multilatéralisme, et elles ont accepté la recommandation faite par la France d’une plus grande transparence sur le résultat des enquêtes en matière de disparitions forcées », a-t-il expliqué.
Tout en réaffirmant l’engagement de Paris en faveur des droits de l’Homme, l’ambassadeur a tenu à souligner le respect de la souveraineté guinéenne, privilégiant le dialogue aux injonctions.
« Maintenant, la Guinée est un pays souverain. Donc nous ne donnons pas des leçons, nous ne donnons pas des injonctions, nous dialoguons », a-t-il souligné.
Le diplomate a par ailleurs salué la décision des autorités guinéennes d’accorder une grâce à Aliou Bah, qu’il a rapprochée d’une demande insistante de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
« Nous pouvons nous féliciter et saluer la décision des autorités guinéennes d’accorder la grâce à Aliou Bah, puisque c’était une demande insistante de la Cour de justice de la CEDEAO et, en ce sens, les autorités guinéennes se sont conformées aux instances sous-régionales dont elles sont partie », a-t-il affirmé.
Au-delà des droits civils et politiques, Luc Briard a défendu une conception plus large des droits de l’Homme, englobant les droits économiques, sociaux et culturels, notamment l’accès aux soins de santé et la protection de l’intégrité physique des femmes.
À ce titre, il a cité un programme de 10 millions d’euros mis en œuvre à Boké pour lutter contre les mutilations génitales féminines. Selon lui, cette initiative a notamment contribué à la mise en place de mécanismes d’alerte communautaires.
« Donc il n’y a pas que les droits politiques et citoyens. La France ne fait pas une partition, elle ne saucissonne pas sa position en matière de droits de l’Homme, elle a une vision inclusive, totale et elle se bat sur l’ensemble des choses », a-t-il déclaré.
En conclusion, l’ambassadeur a réaffirmé que l’action de la France en matière de droits de l’Homme s’inscrivait dans le respect du cadre constitutionnel guinéen et dans une logique de coopération entre les deux pays.
« Mais elle le fait dans le cadre de la Constitution guinéenne et elle le fait dans le cadre d’un partenariat d’égal à égal, symétrique et réciproque avec des autorités légitimement établies », a conclu Luc Briard.
Mayi Cissé
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- October 9, 2026
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