Cancer : le gouvernement actualise son plan national avant le 31 décembre
Derrière chaque diagnostic de cancer, il y a une bataille qui ne se limite pas au traitement médical. Il faut pouvoir accéder à un spécialiste, réaliser les examens nécessaires, trouver les médicaments prescrits et financer un parcours de soins parfois long. Pour de nombreuses familles, ces contraintes peuvent s’ajouter à l’épreuve de la maladie.
C’est dans ce contexte que le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed LO a annoncé, lors du Conseil des ministres du 13 octobre, l’actualisation du Plan national de lutte contre le cancer 2025-2029, au plus tard le 31 décembre 2026. Le Gouvernement prévoit également de sécuriser la disponibilité des médicaments anticancéreux et de faciliter l’enrôlement des malades démunis dans les dispositifs de prise en charge de l’Agence de la Couverture sanitaire universelle.
14 358 cas en 2024 : l’ampleur du défi
Les chiffres disponibles donnent la mesure du défi. Selon les estimations de GLOBOCAN 2024, publiées par le Centre international de recherche sur le cancer, une agence de l’Organisation mondiale de la santé, le Sénégal a enregistré environ 14 358 nouveaux cas de cancer et 9 659 décès cette année-là. Les femmes représentaient 8 670 des nouveaux cas estimés. Les cancers du col de l’utérus et du sein étaient les plus fréquents chez elles, avec respectivement 2 280 et 2 220 cas estimés.
Ces données sont des estimations modélisées et non un décompte exhaustif de chaque diagnostic. Elles montrent néanmoins le poids de la maladie et l’importance d’une stratégie qui ne se limite pas aux soins hospitaliers. Pour les cancers du col de l’utérus et du sein, l’information, le dépistage et l’orientation rapide vers des services adaptés sont des maillons essentiels. Plus une maladie est repérée tôt, plus les équipes médicales disposent de possibilités pour organiser la prise en charge.
L’actualisation du plan national doit donc permettre de préciser les priorités, les responsabilités et les moyens. Elle gagnerait à s’appuyer sur des objectifs mesurables : améliorer l’accès au dépistage, réduire les délais avant le diagnostic, renforcer la disponibilité des traitements et suivre les patients tout au long de leur parcours. La coordination entre les structures sanitaires, les professionnels, les associations et les collectivités est tout aussi importante pour atteindre les personnes qui consultent tardivement ou vivent loin des services spécialisés.
Médicaments, couverture sanitaire : de l’annonce à l’accès
La question des médicaments est tout aussi déterminante. Une prescription ne suffit pas si le produit n’est pas disponible ou reste financièrement inaccessible. Le communiqué ne précise ni la liste des médicaments concernés ni les moyens prévus pour en sécuriser l’approvisionnement. Ces éléments devront être clarifiés pour apprécier la portée concrète de la mesure annoncée.
Le soutien aux patients les plus démunis constitue un autre enjeu. L’enrôlement dans les dispositifs de couverture sanitaire peut alléger une partie des dépenses, mais son efficacité dépendra des critères d’éligibilité, de la simplicité des démarches et de la couverture réelle des prestations. Il faudra notamment préciser les examens, les traitements et les frais pris en charge, ainsi que les modalités d’accès aux structures spécialisées.
La date du 31 décembre 2026 fixe une échéance pour l’actualisation du plan. Le défi commencera ensuite : transformer les orientations en services accessibles, avec des ressources identifiées et un suivi public des résultats. Pour les malades, l’efficacité de la politique se mesurera moins au nombre de documents adoptés qu’à la possibilité d’être diagnostiqué à temps, de recevoir le traitement prescrit et de poursuivre les soins sans basculer dans la précarité.
Cheikh Gora DIOP
Follow the story
About this article
- Length
- 575 words · 3 min read
- Published
- October 14, 2026
- Byline
- Cheikh Gora DIOP
- Source
- Soleil