Munawara Begum : une lettre au commissaire relance l’affaire
Cela fait plus de cinq mois que Munawara Begum, ressortissante bangladaise, a disparu. Employée comme aide-soignante, elle s’est volatilisée en avril. Cette semaine, une lettre marquée « Most Urgent », adressée au commissaire de police par l’avocat Rama Valayden, SC, a remis l’affaire sous les projecteurs, et posé, en creux, une question dérangeante : les autorités ont-elles traité cette disparition avec l’urgence qu’elle mérite ? Une lettre qui « craint le pire » Dans sa correspondance du 22 se
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Cela fait plus de cinq mois que Munawara Begum, ressortissante bangladaise, a disparu. Employée comme aide-soignante, elle s’est volatilisée en avril. Cette semaine, une lettre marquée « Most Urgent », adressée au commissaire de police par l’avocat Rama Valayden, SC, a remis l’affaire sous les projecteurs, et posé, en creux, une question dérangeante : les autorités ont-elles traité cette disparition avec l’urgence qu’elle mérite ?
Une lettre qui « craint le pire »
Dans sa correspondance du 22 septembre, Me Valayden dit avoir reçu des informations le conduisant à redouter « the worst possible scenario ». Il prend soin de ne pas présenter cette hypothèse comme un fait : il écrit refuser d’emprunter cette voie, tout en rappelant que Maurice a connu la « Kistnen saga ». Ses préoccupations visent notamment, selon sa lettre, les agences de recrutement de travailleurs bangladais, qu’il décrit comme sans scrupules. Il attire par ailleurs l’attention du commissaire sur d’éventuelles images de vidéosurveillance susceptibles d’aider à retracer les déplacements de la disparue, et demande la collaboration de la MBC et d’autres médias pour diffuser sa photo. Ces affirmations sont, à ce stade, celles de Me Valayden ; elles ne constituent pas des conclusions de l’enquête.
Ce que l’on sait du dossier
L’affaire avait émergé au Parlement en mai, lors d’un échange tendu. Le ministre du Travail, Reza Uteem, y avait détaillé les faits : la travailleuse était employée comme aide-soignante auprès de sa mère, âgée de 80 ans, épouse de l’ancien président de la République Cassam Uteem. Selon le ministre, elle avait quitté le domicile le 3 avril au soir et n’était pas revenue. Le ministre a par ailleurs affirmé n’avoir joué aucun rôle dans le renouvellement du permis, décision prise selon lui par son secrétaire permanent.
Les questions qui demeurent
Reste que plusieurs interrogations subsistent, cinq mois plus tard. Cette disparition a-t-elle fait l’objet d’une véritable enquête policière pour personne disparue, ou a-t-elle été traitée d’abord comme un dossier administratif de travailleur migrant, permis annulé, PIO informé, affaire classée ? Pourquoi, alors qu’une ressortissante étrangère est introuvable depuis avril, l’appel public, photos diffusées, récompense semble-t-il émaner surtout du Haut-Commissariat du Bangladesh, qui a offert Rs 100 000, et désormais d’un avocat, plutôt que des autorités elles-mêmes ? Enfin, une question de principe : une disparition liée au domicile familial d’un ministre en exercice a, dans un premier temps, été instruite par une unité relevant du ministère de ce même ministre. Un tel cas n’aurait-il pas justifié, dès l’origine, une enquête indépendante conduite par la police ?
Au-delà du dossier
Aucune conclusion ne peut, à ce stade, être tirée sur le sort de Munawara Begum, et aucune des personnes évoquées ne saurait être mise en cause sur la seule base de ces éléments. Mais une femme demeure introuvable depuis cinq mois. Qu’il s’agisse d’une Mauricienne ou d’une travailleuse étrangère, la même urgence, la même mobilisation et la même transparence devraient s’imposer. C’est peut-être là le vrai enseignement de la lettre de Me Valayden : pas une accusation, mais un rappel que le temps presse.
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- September 24, 2026
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- IONNEWS