Ils occupent une place croissante dans les transformations de l’économie mondiale / Minerais critiques : Le défi minier africain ne se joue plus uniquement dans les mines
Emergence La troisième édition du Morocco Mining Conference & Exhibition (IMC Morocco 2026) a eu lieu à Rabat, du 6 au 8 octobre 2026, sous le thème «Vers une nouvelle ère industrielle : l’Afrique, hub intégré de la transformation des minerais critiques et stratégiques». C’est la première fois que cet événement est organisé dans la […]
Emergence
La troisième édition du Morocco Mining Conference & Exhibition (IMC Morocco 2026) a eu lieu à Rabat, du 6 au 8 octobre 2026, sous le thème «Vers une nouvelle ère industrielle : l’Afrique, hub intégré de la transformation des minerais critiques et stratégiques». C’est la première fois que cet événement est organisé dans la capitale, réunissant les principaux acteurs de l’industrie minière autour des enjeux liés aux minerais critiques et stratégiques et à la transformation du secteur.
C’est la Fédération de l’industrie minière du Maroc (FDIM) qui est derrière l’organisation de cette édition, bénéficiant du soutien du ministère de la transition énergétique et du développement durable, du ministère de l’industrie et du commerce ainsi que de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE). À cette occasion, le président de la FDIM, Mohamed Cherrat, a mis en avant le rôle croissant des minerais critiques et stratégiques dans les transformations de l’économie mondiale. La transition énergétique, les nouvelles mobilités, le développement du numérique et les évolutions technologiques renforcent leur importance pour les économies et les industries. En outre, une tendance se confirme. C’est que le monde aura besoin de davantage de ressources minérales. Et l’Afrique dispose d’un patrimoine minéral considérable.
L’enjeu ne réside désormais plus uniquement dans l’identification des ressources du continent, mais dans sa capacité à mieux les valoriser, à développer ses capacités industrielles et à accroître la création de valeur localement. En d’autres termes, le défi minier africain ne se joue plus uniquement dans les mines, mais dans la capacité du continent à transformer ses ressources et à en conserver davantage de valeur. Ainsi, l’avenir de l’industrie minérale africaine ne peut plus être envisagé sous le seul angle de l’extraction. Il englobe également l’exploration, la transformation, le raffinage, l’énergie, les infrastructures, les technologies, les compétences, le financement, la sous-traitance et l’innovation. L’objectif est de faire émerger des écosystèmes industriels plus complets, capables de transformer davantage de ressources sur le continent et de générer des investissements, des emplois qualifiés, des savoir-faire et des entreprises intégrées durablement aux chaînes de valeur mondiales. Dans cette perspective, le Maroc dispose de plusieurs atouts, estime le président de la FDIM. Le Royaume bénéficie d’une longue tradition minière, d’une expertise reconnue, d’opérateurs de référence, d’infrastructures développées et d’une base industrielle diversifiée.
Sa position géographique constitue également un atout pour renforcer les échanges entre l’Afrique, l’Europe et les marchés internationaux. M. Cherrat a également cité le classement du Maroc dans l’édition 2025 de l’Indice d’attractivité des investissements miniers de l’Institut Fraser, où le Royaume s’est classé au 15 ème rang mondial. Un résultat qui, selon lui, confirme l’intérêt de poursuivre les efforts visant à renforcer l’attractivité du secteur, stimuler l’investissement et développer la transformation locale. Le Maroc peut ainsi jouer un rôle d’interface entre les ressources africaines et les capacités industrielles, les technologies, les capitaux et les marchés, dans une logique de complémentarité avec les autres économies du continent. C’est dans cette perspective que l’IMC Morocco a été lancé en 2024. L’ambition était alors de créer au Maroc un rendez-vous international capable de réunir l’écosystème minier, de rapprocher les décideurs publics et privés et de favoriser les échanges autour des projets et des opportunités du secteur. La précédente édition avait notamment été marquée par l’adoption de la Déclaration de Marrakech, consacrée à des principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) appliqués au secteur minier.
L’Afrique devrait capter une part plus importante et plus stratégique des chaînes de valeur liées à ses ressources
Au ministère de tutelle on considère le « courage » comme une condition nécessaire à la transformation du potentiel minier africain en valeur industrielle. C’est-à-dire pour que l’Afrique devienne un hub intégré de transformation des minerais critiques et stratégiques, dans un ordre mondial totalement nouveau, il lui faut du courage. On estime que l’Afrique ne pourra pleinement tirer profit de ses ressources que si elle parvient à dépasser le modèle fondé essentiellement sur l’extraction. Par conséquent, les responsables politiques, les autorités locales, les fonctionnaires et les partenaires d’investissement devraient prendre des initiatives et assumer les risques nécessaires à la transformation des territoires miniers. L’enjeu, explique-t-on, n’est toutefois pas de transformer chaque minerai dans le pays où il est extrait, mais de permettre à l’Afrique, collectivement, de capter une part plus importante et plus stratégique des chaînes de valeur liées à ses ressources. L’Afrique dispose en effet de capacités complémentaires : certains pays possèdent des ressources et des réserves, d’autres des capacités de transformation, tandis que d’autres encore disposent d’une énergie compétitive, d’infrastructures, de technologies, de compétences, de capacités financières ou d’un accès privilégié aux marchés.
La mise en relation de ces différentes capacités est une force. Un hub africain intégré doit ainsi reposer sur un écosystème industriel durable et interconnecté, capable de transformer les complémentarités entre économies africaines en avantage compétitif. Il faut évoquer dans ce sens la Déclaration de Marrakech qui a consacré l’adoption d’un cadre ESG africain pour le secteur minier. En fait, ce référentiel vise à établir un cadre commun adapté aux réalités et aux ambitions du continent. Élaboré avec la participation de 40 ministres africains en charge des mines, il doit notamment contribuer à renforcer l’exploitation minière responsable, améliorer la traçabilité, faciliter l’accès aux financements durables et accroître la création de valeur en Afrique. Il convient également de rappeler les réformes engagées par le Maroc pour moderniser son secteur minier, notamment la mise en place d’un cadre réglementaire renouvelé, d’un cadastre minier numérique et l’intégration des énergies renouvelables dans les permis miniers. Cela sans parler de l’ouverture de 2,7 millions d’hectares dans le cadre d’un appel d’offres compétitif, présenté comme la plus vaste zone contiguë à potentiel minier jamais ouverte par le Maroc aux investisseurs internationaux à travers une procédure unique et transparente régie par le cadre ESG africain.
Au-delà des investissements et de la transformation industrielle, il y a lieu également d’insister sur la nécessité d’intégrer la dimension sociale et territoriale dans les politiques minières. Elle a notamment évoqué le cas de Jerada. C’est dire que les partenariats miniers doivent désormais aller au-delà de la durée de vie d’une mine et contribuer au développement des compétences, à la diversification économique et au renforcement des territoires afin de préparer l’après-extraction. La véritable question est de savoir si l’Afrique, collectivement parlant, peut capter une part plus importante et plus stratégique des chaînes de valeur construites autour de ses ressources et identifier ce que les pays africains sont prêts à construire ensemble, où, avec qui et dans quelles conditions. Cette problématique prend une nouvelle dimension avec la montée en puissance des minerais critiques et stratégiques. Cuivre, cobalt, lithium ou nickel sont devenus des matières premières centrales pour plusieurs industries liées à la transition énergétique et aux nouvelles technologies.
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- Published
- October 30, 2026
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