
Le suspense institutionnel autour de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô connaît un nouveau rebondissement. Alors que le gouvernement avait annoncé, via son site officiel, que le chef de l'exécutif se présenterait devant les députés le mardi 1er septembre, le Bureau de l'Assemblée nationale a douché ces espoirs ce vendredi 28 août, en clarifiant, dans un communiqué, une procédure qui rend cette date intenable pour la tenue effective de la DPG. Ce q
Le suspense institutionnel autour de la Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô connaît un nouveau rebondissement. Alors que le gouvernement avait annoncé, via son site officiel, que le chef de l'exécutif se présenterait devant les députés le mardi 1er septembre, le Bureau de l'Assemblée nationale a douché ces espoirs ce vendredi 28 août, en clarifiant, dans un communiqué, une procédure qui rend cette date intenable pour la tenue effective de la DPG.
Selon le texte publié ce vendredi, le Premier ministre avait fait savoir au Président de l'Assemblée nationale, par correspondance du 24 août, sa disponibilité pour prononcer sa DPG dès 9 heures le 1er septembre. Le lendemain, le Président Bassirou Diomaye Faye a pris le décret n° 2026-1530 convoquant l'Assemblée en session extraordinaire à compter du 1er septembre à 10 heures — mais sans fixer la date exacte de la DPG elle-même. Le Bureau a tenu à dissiper ce qu'il qualifie de « confusions » : conformément à l'article 63 de la Constitution et à l'article 7 du Règlement intérieur, la séance du 1er septembre à 10h sera exclusivement consacrée à l'ouverture de la session, au constat du quorum et à la levée de la séance. Rien de plus. La date de la plénière consacrée à la DPG sera fixée ultérieurement, par la Conférence des Présidents, qui devra également arrêter les modalités d'organisation des débats. Ce distinguo procédural revient dans les faits à un report de la DPG, puisque le rendez-vous tant attendu ne pourra pas se tenir à la date initialement évoquée par le gouvernement. Le Bureau de l'Assemblée reprend ainsi la main sur le calendrier, rappelant que la fixation de la date de la DPG relève de sa propre compétence — et non d'une simple annonce de la Primature ou d'un décret présidentiel.
À cette complexité s'ajoute un autre obstacle de taille : selon plusieurs sources parlementaires, le gouvernement doit notifier l'Assemblée nationale au moins huit jours avant la tenue de la DPG. Or, en l'état, ce délai ne semble pas avoir été respecté pour une séance qui aurait dû se tenir le 1er septembre. Une nouvelle session extraordinaire, si elle devait être convoquée en urgence pour permettre la DPG, imposerait elle-même une série de formalités — réunion du Bureau, convocation de la plénière, information des députés, puis Conférence des Présidents — un enchaînement qui, à lui seul, pourrait prendre plusieurs jours supplémentaires. Cette situation n'est pas sans écho avec le propre parcours d'Ousmane Sonko, aujourd'hui président de l'Assemblée : en 2024, alors Premier ministre, il n'avait pas pu prononcer sa DPG devant la 14e législature, dominée par l'ancienne majorité Benno Bokk Yaakaar, avant la dissolution du Parlement. Deux ans plus tard, c'est au tour d'Ahmadou Al Aminou Lô de se heurter aux mêmes contraintes constitutionnelles — l'article 55 lui imposant de s'exprimer devant les députés dans les trois mois suivant sa nomination, intervenue le 25 mai 2026, délai qui a déjà expiré le 25 août dernier. Le Président de l'Assemblée, Ousmane Sonko, a convoqué une réunion du
Bureau
ce vendredi à 10 heures, dans la foulée d'une saisine du Président Faye pour l'ouverture d'une seconde session extraordinaire en l'espace d'un mois. C'est cette Conférence des Présidents, une fois réunie après l'ouverture formelle de la session du 1er septembre, qui devra trancher : quand le Premier ministre pourra-t-il enfin dérouler sa feuille de route devant l'hémicycle ? Pour l'heure, aucune nouvelle date n'a été communiquée.