Dansa Kourouma : « Le contrôle parlementaire n’est pas dirigé contre le gouvernement »
À l’occasion de la rentrée parlementaire, ce lundi 5 octobre, le président de l’Assemblée nationale, Dansa Kourouma, a rappelé les grandes lignes de la mission de la 10e législature, avec un accent particulier sur le contrôle de l’action gouvernementale.
Devant le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement, il a surtout voulu lever toute ambiguïté sur la nature de ce contrôle. Pas question, selon lui, d’en faire un instrument d’opposition systématique à l’Exécutif. « Le contrôle parlementaire n’est ni une opposition systématique, ni une complaisance de principe. Il n’est pas dirigé contre le gouvernement. Il est exercé au service de l’action publique », a-t-il déclaré.
Pour le président de l’Assemblée nationale, contrôler l’action publique doit d’abord permettre de la rendre plus efficace. « Contrôler, c’est aider l’État à mieux faire. C’est vérifier que les engagements sont tenus, que les ressources publiques sont bien employées et que les politiques produisent les résultats attendus pour les populations », a-t-il expliqué.
Cette mission prend, à ses yeux, une importance particulière dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance sont de plus en plus fortes, aussi bien du côté des citoyens que des autorités. « Le Président de la République fait preuve d’une exigence croissante quant à la qualité de la gouvernance publique, à la reddition des comptes et à l’obligation de résultats », a souligné Dansa Kourouma.
Il a salué, dans le même temps, cette exigence qui, selon lui, place « l’intérêt du peuple au-dessus de toute autre considération ».
Pour répondre à cette attente, l’Assemblée nationale entend pleinement utiliser les prérogatives que lui accordent la Constitution et son règlement intérieur. Questions écrites et orales, questions d’actualité, auditions des membres du gouvernement et des responsables d’établissements publics, missions d’information ou encore commissions d’enquête parlementaire : les députés disposent de plusieurs leviers pour suivre et évaluer l’action publique.
La loi de finances occupera également une place centrale dans ce dispositif. Le président de l’institution parlementaire y voit un moment décisif du contrôle exercé par les députés. « C’est dans le budget que se livrent les véritables choix des nations », a-t-il rappelé.
Mais la nouvelle législature veut aller plus loin que le simple contrôle de conformité. L’objectif affiché est désormais de mesurer concrètement les effets des politiques publiques. « Nous voulons passer progressivement d’un contrôle de conformité à un contrôle de la performance. Il ne suffit plus de savoir si une dépense a été régulièrement engagée. Il faut savoir ce qu’elle a produit », a-t-il affirmé.
Le programme Simandou 2040 devrait constituer l’un des principaux terrains d’application de cette nouvelle approche. Présenté comme un levier majeur de transformation économique, le programme est inscrit dans la loi-plan 2026-2040 et la loi-programme 2026-2030, qui doivent encadrer les grandes orientations du développement de la Guinée au cours des prochaines années.
L’ambition est notamment de transformer l’économie nationale, de faire des ressources naturelles un moteur d’un développement inclusif et durable et de créer davantage de perspectives pour la jeunesse. « La représentation nationale l’a validée ici même, dans cet hémicycle, par un vote massif. Nous en assumons aujourd’hui pleinement la continuité et l’efficacité », a indiqué Dansa Kourouma.
Mais, insiste-t-il, l’adoption d’une stratégie ne constitue que le point de départ. Le Parlement devra aussi veiller à sa mise en œuvre effective. « Accompagner, pour une Assemblée, signifie contrôler avec rigueur. Accompagner ne veut pas dire applaudir. Contrôler ne veut pas dire entraver », a-t-il martelé.
Dans cette logique, l’Assemblée nationale entend suivre de près l’exécution de Simandou 2040. Les députés devront notamment s’intéresser au respect des engagements et des calendriers, à la transparence dans la gestion des ressources, au contenu local, à la création d’emplois pour les jeunes, à la protection de l’environnement et à l’équité dans la répartition territoriale des retombées du programme.
Les responsables chargés de sa mise en œuvre pourraient être régulièrement auditionnés. Des missions de terrain sont également prévues afin de permettre aux députés de vérifier directement l’état d’avancement des projets et d’en rendre compte à la population.
Pour Dansa Kourouma, cette responsabilité dépasse toutefois le mandat du gouvernement actuel et celui de la présente législature. « Simandou 2040 n’appartient ni à un gouvernement, ni à une législature. Il appartient à la nation et aux générations à venir », a-t-il conclu.
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- 738 words · 4 min read
- Published
- October 5, 2026
- Byline
- Amadou Dioulde Diallo
- Source
- Guinee360